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Comment fêter Noël sans polluer

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Noël et cie

Pourrons-nous un jour réussir à nous fabriquer un Noël heureux en famille sans contribuer chaque fois à engraisser outrageusement nos dépotoirs?

Je me pose la question chaque année, chaque fois que j'entre dans les centres commerciaux et que j'entends les hautparleurs qui crachent dans l'air leurs notes de Jingle Bells et de Petit papa Noël.

Je sais alors que Noël n'est pas loin, et que pour de nombreuses familles et individus, il faudra nécessairement acheter beaucoup pour avoir l'air d'être bon et généreux. Il faudra faire de jolis paquets bien emballés pour garnir le pied de l'arbre de plaisirs éphémères. Je dis éphémères car les jouets finiront par se briser ou perdre de leur intérêt et les vêtements, bijoux, accessoires et bébelles électroniques de toutes sortes se démoderont avant même d'avoir été usés.

Et ils atterriront où ces bonheurs passagers? Dans la poubelle, inévitablement, celle qui depuis des siècles absorbe tout notre trop-plein de besoins superficiels sans rien dire.

La poubelle nous donne bonne conscience. Elle efface rapidement les traces de notre boulimie collective, mais la Terre, elle, étouffe sous le poids de notre inconscience, de notre refus de voir les choses en face, simplement parce que nous voulons vivre ici maintenant et ne pas nous soucier de demain.Les experts en environnement nous prédisent les pires catastrophes environnementales, mais cela ne nous concerne pas, ou si peu. Noël n'est certainement pas le moment de penser à ça. Tous les clignotants sont au rouge, disent les Nations Unies, mais nous continuons de faire la sourde oreille. Ça ne nous touche pas. Pas à Noël, pas cette année. L'an prochain, peut-être?

Pourtant, le temps presse, claironnent les scientifiques de ce monde. Si nous continuons d'ignorer les cris de détresse de notre belle planète, «elle sera visitée un jour par des habitants d'autres planètes qui découvriront qu'elle a déjà abrité des êtres humains, mais que ceux-ci n'ont pas su composer avec leur mode de vie et qu'ils sont morts dans leurs déchets», prédit Rodolphe De Koninck, professeur au département de géographie de l'Université de Montréal et titulaire de la chaire de recherche senior du Canada en études asiatiques. Ce scénario ressemble drôlement à celui du film Wall-E de Pixar, vous ne trouvez pas?

Que faire alors? Dans une entrevue qu'il accordait récemment au journal Le Forum de l'Université de Montréal, M. De Koninck soutient qu'on pourra toujours tenter de réduire la croissance de la population, utiliser nos ressources de façon plus respectueuse et se concerter sur la meilleure façon de les économiser, mais il faudra aussi cesser de croire que la croissance économique est le seul moyen d'enrayer la pauvreté. Ce modèle, dit-il, «est autodestructeur pour la biosphère».

Si, en plus, les pays d'Asie comme la Chine, l'Inde, le Bangladesh et le Pakistan où vit environ 40% de la population de la planète, se mettent à nous imiter, c'est la catastrophe assurée, prédit-il.

Heureusement, tout espoir n'est pas encore perdu. M. De Koninck rappelle qu'il existe de petites solutions citoyennes, qui passent à la fois par un changement des habitudes et des solutions politiques.

Prenons Noël par exemple, période de surconsommation par excellence. Que faire pour réduire nos déchets présents et à venir? Si ne pas offrir de cadeau heurte profondément vos valeurs, optez pour un cadeau recyclé, recyclable et pourquoi pas mangeable ou buvable.

Quelques idées:

• Des confitures maison ou des pots de sauce à spaghetti pour le jeune étudiant qui vient de s'installer en appartement.

• Pour l'amoureux de la bonne chère: des produits fins préparés par des artisans de chez nous (vinaigre et huiles aromatisées, pâtés de foie gras, vins, etc.).

• Pour l'amoureux des sens: des savons maison, des pots pourris, un certificat-cadeau pour un massage, une visite au spa, etc.

• Des bijoux fabriqués à partir de matières recyclées. Je connais une artiste qui fabrique de véritables oeuvres d'art en recyclant les perles, pierres et breloques de vieux bijoux récupérés à gauche et à droite. (www.misslouk.com)

• Pour les jeunes enfants, pourquoi ne pas faire du troc avec vos voisins ou amis qui ont des enfants plus âgés? Ils ont certainement des jouets en très bon état qui n'intéressent plus leurs enfants à vous refiler. Les jeunes enfants aiment d'abord déballer et être surpris. Inutile d'acheter des jouets neufs qui ne serviront que quelques heures.

• Pour les jeux de société, allez faire un tour aux Lutins verts. J'ai écrit une chronique récemment sur cette boutique qui répare, nettoie et vend à bas prix des jouets recyclés (www.leslutinsverts.ca).

• Un coffre rempli de robes de soirée anciennes, de vieux bijoux, de chapeaux et de talons hauts, achetés à l'Armée du Salut ou ailleurs. Petite, j'aurais été ravie de recevoir un tel cadeau.

• Pour l'emballage, utilisez les sacs-cadeaux de l'année dernière. Si vous avez une âme d'artiste, utilisez du papier brun recyclable que vous agrémenterez de jolis motifs de couleur peints à la main.

• Pour les échanges de cadeaux, nous avons proposé l'an dernier de faire un échange de livres usagés. L'idée a été très bien reçue, mais le moment venu, personne n'a osé offrir un livre usagé, sauf moi... Si vous adoptez cette merveilleuse idée, assurez-vous que tout le monde embarque.

• Cette année, nous achetons ou trouvons nous-mêmes notre cadeau d'échange. Quelque chose dont nous avons besoin. Quelque chose qui ne contribuera pas à polluer davantage l'environnement dans mon cas. Peut-être que je m'offrirai une citation encourageante. Le jeu consistera à piger un cadeau pour ensuite deviner qui a bien pu avoir besoin de ce cadeau dans sa vie.