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En quarantaine

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Elle est arrivée un lundi matin, en plein hiver, sans que je ne lui ouvre la porte. Elle m'avait envoyé quelques signes d'avance, mais j'avais presque oublié qu'elle devait obligatoirement passer me voir.

Maintenant, ça fait une bonne semaine qu'elle s'est installée chez nous. Je sens qu'elle va s'incruster. En fait, elle ne décollera pas avant une bonne dizaine d'années, certain. Alors je n'ai pas le choix : je devrai apprendre à vivre avec elle. Vous aussi, vous l'avez connue? Sinon, elle va bien arriver un de ces jours. Elle s'appelle: la quarantaine.
 
***
 
Entre vous et moi, elle ne me fait pas trop peur, la quarantaine. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ma tête s’était déjà faite à l’idée depuis un petit bout de temps. D’ailleurs, mes cheveux ont été les premiers à recevoir le mémo, en grisonnant de bonne heure.
 
À une époque, on considérait « 40 ans » comme le milieu de la vie. Maintenant, on est plus optimistes (et naïfs!) et on aime voir le verre plus qu’à moitié plein. Il reste juste à savoir si c’est un verre de champagne ou de jus de pruneaux. Non mais 40 ans, c’est vraiment jeune! Parlez-en aux arbres.
 
Plein de choses prennent plus d’importance, à 40 ans. La famille, le moment présent, la prostate… C’est juste étrange parce qu’on est comme dans un entre-deux. On est trop vieux pour les jeunes, mais pas encore assez vieux pour émouvoir les gens. Personne n’a jamais dit : « Ouais, j’ai aidé un quadragénaire à traverser la rue, aujourd’hui… ». Non, quand on tombe sur la glace ou qu’on trébuche, nous, c’est encore drôle. C’est un signe de jeunesse.
 
La quarantaine, c’est l’âge où notre tête trouve sa place. On sait enfin ce qu’on veut dans la vie, on sélectionne nos petits bonheurs avec soin et on tente d’en profiter… le plus possible. On commence enfin à connaître la bonne bouffe et le bon vin, mais malheureusement, c’est à ce moment que notre système digestif décide de faire sa crise d’adolescence. L’estomac décide de bouder nos plaisirs et les repas épicés sont plutôt devenus espacés.
 
Il y a d’autres parties du corps qui commencent aussi à en faire à leur tête (Noooon, pas là où vous pensez; ça, c’est encore sur la garantie). L’indice de gras est en mode acquisition et le tour de taille a des idées de grandeur. D’ailleurs, comment écrit-on « 40 » en chiffres romains? Vous avez deviné : XL. Ça en dit long…
 
J’accueillerai donc la quarantaine avec sérénité, optimisme et pepto-bismol. Et je réalise que, comme pour chaque crise de la vie, être bien entouré par sa famille, ses amis, ses proches, ça fait toute la différence.
 
Approche, quarantaine! Je suis prêt à t’affronter! Et sois assurée que malgré ton nom, je ne passerai pas la prochaine décennie en… quarantaine.