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La guerre des cadeaux

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Noël et cie

Il arrive souvent qu'à Noël, la chicane éclate entre nos enfants. L'enjeu: les cadeaux. Ils font le décompte, envient ceux de l'autre et, en moins de deux, on doit consoler ou arbitrer. Comment faire pour que cette jalousie n'empoisonne pas notre réveillon?

Les bras nous tombent lorsque notre grand ado de 15 ans lance à son frère de 4 ans cette petite phrase assassine: «Maudit chouchou!» Il a beau avoir quelques poils au menton et le tout nouveau iPod, il jalouse le nombre de joujoux du petit dernier. Bien sûr, on peut avoir envie de l'engueuler vertement, de lui rappeler tout ce qu'il a et de lui dresser les grandes lignes de l'ingratitude. Cependant, au-delà de notre colère ou de notre tristesse, il ne faut pas passer à côté du message que nous envoie notre enfant. Car il y en a un!

Tout d'abord, une chose est primordiale à comprendre: la jalousie qui semble faire son apparition au sein de la fratrie à Noël n'est que le reflet de celle qui est entretenue jour après jour dans notre famille et qui est inhérente au développement de tout individu. «Le problème ne réside pas dans le nombre de présents ou dans le montant du cadeau qu'on donne à chacun de nos enfants, mais plutôt dans la difficulté qu'on a à déchiffrer ce que nos enfants tentent de nous exprimer», avance Alexandre Letzelter, psychologue.

Voyons de plus près comment fonctionne cette mécanique fort bien huilée de la jalousie qui tourmente nos petits chéris!

Les trois âges de la jalousie

Comment naît la jalousie et qu'exprime-t-elle? Pour trouver un début de réponse, on doit se tourner vers ce bon vieux Freud.

Entre 3 et 7 ans

«La jalousie démarre à l'oedipe, c'est-à-dire entre trois et sept ans, âge où une rivalité s'installe entre l'enfant et le parent du même sexe: ainsi, la fille aura comme rivale sa mère, et le garçon, son père. Plus concrètement, l'enfant tend à ressembler à son modèle sexuel afin d'attirer l'amour du parent. Par exemple, la petite fille fera les mêmes activités que sa mère afin de plaire à son père», explique M. Letzelter.

C'est à cet âge que la différence entre les sexes se fait dans l'esprit de l'enfant, et c'est aussi pendant cette période qu'on assiste à la naissance de la jalousie, quand l'enfant projette ses propres sentiments sur son parent. La petite fille qui voit sa mère embrasser son père pourra donner des coups à sa maman: «Lors de telles manifestations, les parents doivent absolument montrer au petit qu'ils n'entrent pas dans son jeu. On doit doucement écarter l'enfant, lui faire comprendre que papa est amoureux de maman, et non de sa petite fille. Que l'amour qu'on ressent pour nos enfants n'est pas le même que pour notre amoureux», précise-t-il.

En gros, il faut s'abstenir de nourrir son jeu, éviter les «pauvre petite choupette, papa va te donner un bisou à toi aussi», car cela n'aiderait aucunement l'enfant. Au contraire.

Entre 8 et 12 ans

À cette période, le sentiment de rivalité s'apaise. Comme c'est l'âge des réalisations intellectuelles, la jalousie s'estompe pour faire place à l'intellect. Au moment d'une fête comme celle de Noël, les enfants de cette tranche d'âge – l'âge de raison – sont moins jaloux.

«Ils sont mieux disposés intellectuellement pour y faire face parce que leur monde ne se résume plus à papa et à maman. Ils gèrent et verbalisent mieux leurs émotions, et n'ont plus besoin de faire de caprices ou de crises pour les exprimer», note le psychologue.

Entre 13 et 18 ans

Après avoir connu une trêve de quelques années, voilà qu'à l'adolescence réapparaissent tous les enjeux oedipiens. À cette période, l'ado entre en rébellion contre ses parents pour s'en dissocier, pour s'affranchir et devenir autonome. «Les adolescents ont un grand besoin d'autonomie mais, en même temps, ils doivent composer avec ce retour en force de l'oedipe. Et ils expriment tout ça sans aucune retenue.»

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