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Les traditions de Noël font des petits heureux

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Noël et cie

«Le bonheur est une trajectoire et non pas une destination.» J'ai toujours aimé cette maxime. Elle me rappelle tout le plaisir qu'on peut ressentir à gravir une montagne lorsqu'on cesse enfin de croire qu'il faut absolument atteindre le sommet pour goûter au bonheur ultime.

Et si la période des Fêtes était l'une de ces trajectoires? Un de mes plus grands bonheurs, depuis que je suis devenue mère, n'est pas tant d'arriver à la nuit de Noël au plus vite, mais bien d'avoir maintenant trois bonnes raisons de profiter pleinement des jours qui précèdent la fête pour initier les enfants aux plaisirs des préparatifs entourant cette grande nuit magique.

Je ne parle pas ici de courir les allées bondées des centres commerciaux à la recherche du cadeau parfait.

Cet aspect de la fête est l'obstacle désagréable sur le chemin, que je tente par tous les moyens d'éviter. Je préfère consacrer plus de temps aux autres préparatifs, ceux qui, égrainés doucement au fil du temps, alimentent l'imaginaire des enfants et font grimper leur excitation d'un cran chaque fois. Avec les années, ils sont devenus d'incontournables rituels.

D'abord les lumières de Noël qu'on installe et allume début décembre. Pas question de déjouer l'arrivée de la neige en installant tout cela en octobre par temps doux. Ce serait trop tôt.

Je n'oublie jamais non plus le calendrier de l'avent. À 15 ans, Mlle Rêve me gratifie encore de son plus beau sourire lorsque je lui offre ces petits plaisirs chocolatés. Je sais qu'elle les dégustera un jour à la fois, jusqu'au 25 décembre si, bien sûr, son Picasso de frère, qui aura assurément tout mangé en une seule jour-née, n'a pas réussi à lui en piquer un ou deux entre-temps.

Les fameux biscuits

Puis vient le temps des biscuits de Noël, deux ou trois semaines avant l'arrivée du Père Noël. Mère Nature nous a gâtés puisqu'elle a déjà étendu son manteau blanc sur nos gazons. Cette fin de semaine-là est mon plus beau moment, celui où l'excitation des enfants commence sérieusement à leur sortir par les oreilles et où on a l'impression que des ressorts ont poussé sous leurs pieds.

Je sors avec empressement la farine, les emporte-pièce et les bonbons multicolores. Mon chum et moi plongeons nos mains dans la pâte à biscuits, moi dans la préparation au beurre, lui dans sa traditionnelle pâte à la mélasse, et nous nous emplissons les oreilles de chants de Noël en nous léchant les doigts.

Les enfants découpent la pâte à biscuit, décorent les sapins, les cloches, les étoiles et les bonshommes de pain d'épice (on a même eu droit à un mini Nick Jonas cette année), puis la cuisine se charge peu à peu d'une délicieuse odeur de biscuits au beurre et à la mélasse. Si ce n'est pas ça l'ultime bonheur de Noël, je me demande bien c'est quoi.

Peut-être le moment tant attendu où nous sortons le traîneau pour aller chercher le sapin au centre commercial du coin avec les enfants. Il nous est arrivé d'aller le couper nous-mêmes en forêt ou dans une pépinière. La magie est alors à son comble, mais bon. Le temps ne per-met pas toujours ce genre de fantaisies.

Ce soir-là, la maison se fait belle pour accueillir Sa Majesté, le roi de la forêt. Nous ouvrons les boîtes de décorations comme s'il s'agissait de coffres aux trésors puis accrochons les guirlandes de fausses branches de sapins aux cadres des portes du salon.

Je me souviens encore de cette époque où les enfants s'émerveillaient devant une simple guirlande de billes argentées. Ils se dandinaient sur leurs petites jambes maladroites en traînant derrière eux la guirlande magique.

J'ai toujours ce collier de perles dans ma boîte. Je le garderai toujours, comme tout le reste des ornements de notre sapin; les coquillages peints à la main, les anges macaroni dorés et les étoiles argentées. Toutes ces babioles fabriquées au fil des ans par les enfants ont une âme, une histoire à raconter. Elles sont autant de souvenirs qu'il faut garder précieusement. Elles font partie d'une longue écharpe de vie que l'on tricote amoureusement pour nos enfants, une maille à la fois.

Souvenirs

Plus tard, ces souvenirs, traditions et rituels seront leur ancrage. Un port où il fera bon se réfugier si la tempête se lève au large et que tout se met à tanguer au-tour d'eux. Peut-être auront-ils envie de répéter ces rituels avec leurs propres enfants, peut-être pas, et ce sera très bien ainsi. Après tout, personne ne m'a empêchée de réinventer mes propres traditions familiales.

Certains, je sais, ont entamé leur long voyage sur le chemin de la vie en emportant sur leurs épaules un baluchon rempli de mauvais souvenirs ou d'obligations. À quoi bon garder tout ça? Si nos parents n'ont pas su nous fabriquer des souvenirs heureux, qu'est-ce qui nous empêche de tout jeter pour commencer à nous en inventer de nouveaux maintenant, pour nous-mêmes et pour ceux qui nous suivront?