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Ô nuit de paix!

Fêtes et occasions spéciales image article
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Sous le Régime français

 L'année liturgique commençait avec l'Avent, qui durait quatre semaines, temps de pénitence et de prières qui préparait à Noël, essentiellement une fête religieuse, qui se prolongeait quelquefois pendant un mois: réveillons, sucreries, visites, veillées jusqu'aux Rois, voire la Chandeleur.  Le 24 décembre au soir, à pied ou dans la carriole, on attachait des grelots aux harnais des chevaux, on partait pour la messe de Minuit, à laquelle assistait (presque) toute la famille, que le prêtre célébrait tout de blanc vêtu, invitant ses paroissiens à admirer la crèche, nichée au cœur de la chapelle. La coutume voulait qu’une fois la dernière messe entendue, on se rende en famille faire une visite à la crèche pour y voir l’Enfant Jésus. C'est à Greccio, en Italie , que François d'Assise célébra Noël dans une grotte en plaçant dans une mangeoire un enfant vivant entouré d'un boeuf et d'un âne, des moutons avec leurs bergers et tous les humbles habitants de la campagne. C'est à partir de cette nuit-là que la coutume de la crèche de Noël fut adoptée. 

Les tout-petits qui n’avaient pu assister à la messe de Minuit, c’était le jour de Noël qu’on les amenait voir le «petit Jésus» et y déposer dans le «bel ange» leur aumône pour la quête de l’Enfant Jésus.  Les gens allaient ensuite célébrer autour de véritables festins et danser, parés de leurs plus beaux atours.
Les colons aimaient fêter, bien que l’Église condamne les mœurs légères et l’abus d’alcool qu’occasionnait la fête sacrée, bien que ce soit une des rares périodes de loisirs et de divertissements que pouvaient s’offrir les habitants.

Le jour de l’An

Dans le Québec d’autrefois, la bénédiction paternelle constituait l’un des moments forts de la Nouvelle année, réaffirmant l’autorité du père et précédant la messe où toute la famille se rendait, avant d’aller partager un repas chez les grands-parents. Le fils aîné demandait à son père de bénir les membres de la maisonnée, agenouillés devant le chef de famille. Après cet instant grave avait lieu la distribution des étrennes : bonbons, fruits, vêtements et parfois un jouet de fabrication artisanale. Les cadeaux étaient échangés le Premier de l'an plutôt qu'à Noël, alors considérée fête liturgique. La famille faisait ensuite bombance : tourtière, ragoût de pattes de cochon, betteraves, beignes et gâteau aux fruits étaient traditionnellement au menu. Au Canada français, le Nouvel An représentait l'apogée du temps des fêtes, parce que c’était la période où les familles et le voisinage se visitaient, s'offraient des étrennes et dansaient gigues, cotillons et quadrilles au son du violon.

Guignolée, guignoloche…

La première guignolée aurait été organisée par la Société Saint-Vincent en 1861 ou 1862. Les villageois passaient de porte en porte, chantant des cantiques de Noël et amassant des denrées non périssables. La veille du jour de l'An, un cortège de jeunes gens se rendait dans les familles du même rang afin de recevoir des dons pour les paroissiens les plus pauvres : c’était la guignolée. Des produits de la ferme étaient offerts, et pour encourager les bénévoles à poursuivre leur quête dans le froid intense, la maîtresse de maison leur offrait un petit verre de rhum pour qu'ils se réchauffent. Ils portaient un foulard arc-en-ciel, une tuque rouge avec un pompon, sonnant une cloche au moment d’arriver chez les gens en disant : "La guignolée, la guignoloche, mettez des sous dans notre poche." 

Dans les campagnes, il était d'usage que le curé, accompagné de ses marguilliers, visite ses paroissiens entre Noël et le jour de l'An. Cet événement, aussi appelé la « Quête de l'Enfant Jésus », déclenchait la ronde des visites (qui se prolongeait jusqu'au Mardi gras – soit juste avant le mercredi des Cendres qui débute le Carême) au profit de la fabrique de la paroisse.
Le jour de l’An, les hommes se promenaient d'une maison à l'autre pour transmettre leurs vœux de bonne et heureuse année au nom de leur famille, tandis que les femmes recevaient les visiteurs et leur offraient une collation et un « petit remontant ». 

La tradition des cartes de vœux

La tradition d'envoyer ses souhaits est née en Angleterre en 1840 avec l'apparition du premier timbre-poste et se répandit dans toute l’Europe. Les cartes de Noël que l'on envoyait durant la période de l'Avent avaient pour fonction de souhaiter un Joyeux Noël à son entourage, mais pouvaient, à l'occasion, servir également à envoyer ses vœux pour la nouvelle année.
En France, la coutume voulait qu’on rende visite à son entourage proche, famille et amis et même à des familles pauvres ou des malades en marquant le coup avec des dons et des marques d'amitié dans les quinze jours qui suivaient le 1er janvier. Ces visites pouvant être très contraignantes, l'usage apparut de les remplacer par un passage éclair au domicile de la personne et la remise au concierge d'une carte de visite agrémentée de vœux.