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Ce que racontent les joues rouges

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C’est l’hiver et on n’a pas vraiment le choix de l’accepter.*
 
*Bon, oui on peut essayer de faire autrement, vivre dans le déni, déménager ailleurs ou se sauver dans le sud juste le temps d’oublier ce qu’est la sensation de porter des bas. Mais en général, l’hiver est un mal nécessaire.
 
Alors OK, je l’accepte. Pour être honnête, je suis de ceux qui aiment l’hiver. Mais je ne le dis pas trop fort, là. Je garde ça secret. C’est tellement mal vu de ne pas se plaindre, quand il fait frette. C’est fatiguant, croiser un fan de l’hiver. Pour être dans la gang, il faut grogner.
 
Alors quand les gens autour pestent contre la neige, contre le -20 degrés, contre le facteur vent, contre la déneigeuse et contre le pelletage, je compatis. Je dis « Ouin, hein! » avec un petit soupir complice.
 
Mais au fond, je m’en balance, de la rigueur de l’hiver. D’ailleurs, c’est à peu près une des seules choses où on trouve encore de la rigueur, au Québec.
 
Mais attention, je ne suis vraiment pas un exalté qui embrasse la neige à chaque matin, ou qui profite de chaque seconde de l’hiver pour jouer dans la neige. Confidence : je ne fais même pas de ski. De la raquette? Une fois par année, genre. J’ai une minuscule patinoire derrière la maison, mais c’est surtout pour les enfants.
 
Donc, je ne suis pas un apôtre de l’hiver. Mais puisqu’il est là, puisqu’il a du charme, et puisque la seule façon de le faire passer plus vite c’est de se mettre à l’apprécier (c’est connu, tout ce qui est plaisant passe vite, tout ce qui est désagréable dure une éternité)  alors je me force à l’aimer. Et j’aime que mes enfants l’aiment aussi.
 
J’aime quand les enfants jouent dehors (pas seulement parce que c’est plus calme dans la maison) et qu’ils rentrent avec de belles joues rouges.
 
Des belles joues rouges d’enfants, ça raconte une histoire. Ça parle. Ça dit que le froid n’a pas gagné. Ça raconte des bons moments. Ça affirme haut et fort que le chocolat chaud sera bon. Jouer dehors, même dix minutes, c’est donner une leçon à l’hiver. C’est lui montrer c’est qui est le boss.
 
Il y a deux hivers. Le premier, c’est celui qui se fait un plaisir de nous geler les nerfs, le matin en déneigeant l’auto. Ou de nous tomber dessus quand on s’attarde sur la route. Ou de nous enneiger la petite vie tranquille.  
 
Et l’autre hiver, c’est celui que voient les enfants. Celui qui nécessite du temps (et une tuque, des bottes et un habit de neige). C’est à peu près ce que ça prend pour arrêter de subir l’hiver.
 
La relâche arrive, et en plus, le temps s’annonce plus humain. Ce sera l’occasion d’y aller, plonger dans l’hiver. Juste dix minutes, s’il le faut. Et oui, il le faut.