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La beauté (et la fragilité) d’une bulle d’enfant

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Les enfants adorent jouer avec des amis. Ils adorent jouer avec leurs parents. Ils adorent (des fois) jouer avec leur frère ou leur sœur. Mais à travers tout ça, il y a une personne avec laquelle ils ont besoin de bien s’entendre et de jouer souvent : eux-mêmes.
 
On a pu le voir à la relâche. C’est agréable, une semaine en famille, à s’amuser, à inviter des amis, à passer du bon temps. Mais il y a des moments où les enfants, par eux-mêmes, allaient s’isoler et jouer dans leur coin.
 
Ils ont besoin de rester seuls. De jouer seuls. De s’endurer eux-mêmes. C’est si important d’apprendre à le faire quand on est enfant. Il y a des adultes qui n’ont jamais appris à le faire et qui maintenant trouvent que le rattrapage est compliqué.
 
Par « jouer tout seul », je ne parle pas des jeux vidéo. Ça, c’est si passif que ça ne compte pas.
 
Non, je parle des jeux qui les placent dans un univers parallèle. Qui les plongent dans leur bulle d’enfants à l’imagination infinie.
Jouer aux légos. Placer et organiser sa maison de poupées. Faire des mises en scènes avec ses figurines. Faire parler ses toutous. Combattre des monstres imaginaires. Inventer des scénarios de repas, de batailles, de tournois ou d’histoires d’amour. Et tant d’autres.
 
J’adore quand les enfants sont complètement dans leur bulle, submergés par leur monde imaginaire. Vous avez surement déjà surpris vos enfants en train de se parler seuls, ou de faire parler leurs personnages, ou d’expliquer quelque chose à un ami imaginaire. C’est si beau de les entendre jouer. Ça vaut de l’or.
 
Avec les années, il faut être plus attentif pour saisir ces moments, parce que les enfants deviennent de plus discrets. Ils sont gênés qu’on découvre leur réalité virtuelle. C’est dommage, mais je les comprends. Je me rappelle clairement comment j’aimais jouer au hockey imaginaire (oui oui, imaginaire) dans le salon, étant jeune. Et je me rappelle très bien à quel point je détestais que quelqu’un entre dans la pièce à ce moment.
 
Ils sont si beaux quand ils sont totalement imprégnés par leur monde d’enfants. Et en plus, c’est bien rare qu’ils se chicanent avec eux-mêmes, quand ils jouent seuls. Ah vraiment, le jeu en solitaire est magique.
 
Je me demande s’il y a un équivalent chez l’adulte. Bon, on ne crée plus vraiment de scénarios avec nos bonshommes et on fait rarement parler nos bibelots. Mais on a encore VRAIMENT besoin de nos moments seuls. Oh que oui.
 
Notre équivalent serait peut-être de lire le journal tranquille le matin. Ou de jouer sur notre cellulaire. Ou de faire une sieste. En tout cas, on est pas moins cutes que les enfants.
 
Les enfants ont besoin de moments seuls. Ne serait-ce que pour contrôler totalement leur vie, pour une fois. Pour régner enfin sur leur Royaume intemporel du moment présent. Ils ont une vie effrénée, ils ont des horaires stricts, et doivent partager leur temps, leur espace et même leurs parents. Alors quand ils entrent dans leur univers ludique, ce doit être comme un oasis rassurant.
 
Une chose est sûre, plus le temps passe, plus ça deviendra rare de les surprendre en train de jouer dans leur imaginaire. Savourons chaque instant… mais à distance.
 
Une bulle, c’est si fragile.