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On les laisse gagner… ou non?

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Avez-vous joué avec vos enfants, pendant les fêtes? Ah que c’est amusant, jouer en famille. Voici la question qu’on ne se pose jamais : Qui a gagné?
 
Sérieusement, nous les parents, on s’en balance de gagner ou perdre. Enfin, la plupart du temps. Mais pour les enfants, il y a des fois où ça semble prendre une importance surprenante. Et plus ils vieillissent, plus ça nous emmène à nous poser la question :
 
Quand on joue avec eux, est-ce qu’on les laisse gagner ou non?
 
En jouant au hockey dans la cour, en jouant aux pichenottes, en sortant le jeu de monopoly ou à Mario Kart, partout où il y a une petite compétition, il y a possibilité de perdre ou gagner. Est-ce qu’on laisse le talent décider du vainqueur ou si on aide un peu le hasard en égalisant les chances? Chacun son choix.
 
Bon, quand ils sont bébés ou tout-petits, la question ne se pose même pas. Ils gagnent, point. Dès qu’ils lèvent le petit doigt, on est prêt à applaudir. On laisse passer la balle dans le but, on les laisse nous trouver à la cachette, on se laisse attraper quand ils nous courent après. C’est presque une règle non-écrite : un bébé recevoir des bravos chaque fois qu’il respire.
 
Mais tranquillement, les enfants vieillissent et forgent deux facettes qui viennent bouleverser l’ordre établi : le talent et l’orgueil.
 
C’est le moment où les enfants doivent apprendre à perdre. Apprendre que parfois, malgré les efforts, ça ne tourne pas toujours comme on veut. Et que perdre en jouant est quand même plus amusant que de ne pas jouer du tout. Mais ça prend des années pour le comprendre véritablement.
 
Pour la gestion des gagnants, tout dépend de l’activité. Dans les sports, il faut être logique. Nos capacités physiques ne sont pas comparables, ni notre expérience, ni la longueur de notre bâton. En jouant au hockey, au soccer, au tennis ou en faisant une course, on n’a pas le choix de leur laisser quelques chances. Avec le temps, on devient des spécialistes pour :
  • Lancer à côté du but
  • Aller lentement en faisant semblant de se dépêcher
  • Laisser un ballon passer, sans en avoir l’air
  • Se faire déjouer par une feinte ridicule
  • Trébucher juste avant la ligne d’arrivée
 
Tout ça pour ménager un peu leur confiance. De toute façon, gagner 32-0 au mini-hockey contre son enfant, c’est même pas satisfaisant. Contre sa blonde, par contre, c’est extraordinaire. ;-)
 
Avec le temps, on a moins besoin de le faire, parce qu’il se produit quelque chose de fascinant : ils s’améliorent. Et plus ils deviennent bons, moins on est gentil. S’ils finissent par nous battre pour vrai, sans qu’on leur ait laissé de chances, alors là on est divisés entre la honte et la fierté. Et on s’empresse de changer de sujet.
 
Pour les jeux de société, c’est plus subtil. Il y a une dose de chance, oui, mais quand la stratégie entre en jeu, on sent le besoin de leur donner des conseils (achète les chemins de fer, c’est payant!), qu’ils écoutent rarement. Ou encore d’être indulgents avec eux, de fermer les yeux sur leurs erreurs stratégiques et de s’acharner sur un autre adversaire.
 
Mais pendant des années, on a l’impression de « tricher positivement ». De les laisser au moins avoir une chance de croire qu’ils peuvent gagner.
 
Et finalement, il y a les jeux vidéo. Je me souviens d’une époque où je laissais des chances à mon garçon. C’est terminé depuis longtemps. Maintenant, je sonne exactement comme un vieux bougon dépassé par les événements, qui finit toujours par blâmer la manette en disant que « NHL 1994 était bien plus facile à comprendre ».
 
Bref, dans la vie comme dans le jeu, il faut de l’équilibre.
 
Les enfants doivent gagner. Les enfants doivent perdre. Et un jour, les enfants doivent décider de vouloir gagner, tout en acceptant de pouvoir perdre.
 
Quand ils auront appris ça, ils seront toujours gagnants, peu importe l’issue du jeu.