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Un père et sa patinoire

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Quand je m’imaginais père, il y a de ça bien longtemps, je visualisais avec entrain quelques points essentiels de la vie d’un patriarche. Entre autres : apprendre à faire des blagues ridicules, maîtriser le « hey! » incontournable de père et… construire une patinoire dans la cour.
 
Cette année, j’en étais rendu à l’étape de la patinoire. La vraie. L’hiver passé, j’avais essayé d’arroser simplement la neige et de faire un petit coin glacé. Un travail d’amateur. Mais là, je rêvais d’une petite patinoire avec des bandes et tout. Je me suis lancé.
 
Si je résume vite, en premier lieu, il faut trouver le coin de terrain qui servira à la patinoire. On n’insistera jamais assez sur la nécessité de trouver une surface la plus au niveau possible. Sinon, ce sera beaucoup plus long.
 
Ensuite, il faut prévoir le matériel. Les bandes ne sont pas indispensables, mais ça donne un look plus vrai. Pour ma part, j’ai pris des panneaux de contreplaqués 5/8 (les moins chers possible) que j’ai coupés en sections de 16 pouces.  
 
Bah, au lieu de vous ensevelir de données techniques et de mode d’emploi, je vous réfère tout de suite au site qui m’a tout appris. Un site québécois, monté par un passionné qui connaît son affaire. Vous trouverez donc tout là-dessus.
 
L’ajout d’une toile est une double bonne idée. Ça facilite grandement l’arrosage initial et ça protège la pelouse. Un « polythène » assez résistant, en vente à votre quincaillerie, fera amplement l’affaire.
 
Une fois les bandes et la toile en place, on attend le froid. Cette année, il a fallu attendre après Noël! Puis, lorsqu’on sait qu’il fera au moins -15 degrés pendant quelques nuits consécutives, on arrose.
 
Tout n’est pas magique en une fois, mais au bout de quelques joyeuses sessions d’arrosage, la glace devient assez épaisse et solide pour s’y aventurer et se transformer en PK Subban ou Joannie Rochette.
 
***
 
Je suis resté plusieurs soirs dehors à gérer l’arrosage, à vérifier la solidité de la glace, à la chouchouter, mais au final, quel plaisir de voir les enfants s’amuser là-dessus. De les entendre descendre de l’autobus en criant « on s’en va patiner! », ça valait bien tous les efforts (et les litres d’eau!).
 
Une patinoire dans la cour apporte son lot de gestion. Celle des patins à attacher (pour les plus petits), de l’espace pour se changer, la gestion des bâtons, tuques, mitaines et autres accessoires dans le garage… Ah, et la gestion des chicanes parce qu’il n’y a pas assez de place sur la patinoire. Mais ça, même sur une glace olympique, ils trouveraient le moyen de se piler sur les patins.
 
Il faut aussi entretenir le tout. Le resurfaçage quasi quotidien, bien sûr, mais aussi le déneigement. Chaque bordée de neige est un nouveau défi sur notre Centre Bell maison.
 
Et y’a pas que les enfants qui s’amusent. Moi aussi. Le fait d’être dehors, le soir, sur une patinoire, ça fait remonter plein de souvenirs d’enfance. Les sensations, l’odeur, le froid, les pieds qui gèlent… ah, que de souvenirs.
 
Et comme la précision n’est pas encore tout à fait acquise, je prévois une autre belle activité au printemps : la chasse aux rondelles perdues.
 
Voilà la courte aventure d’un père et sa patinoire. Elle est minuscule, mais elle est chaleureuse. Et dans les yeux de mes enfants, c’est la plus belle du monde.
 
C’est assez pour me réchauffer le cœur (jusqu’aux pieds).