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Apprendre à perdre

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Quand on inscrit notre enfant dans un sport, inconsciemment, c’est sans doute pour espérer le voir gagner. Mais c’est surtout l’inverse qui arrive le plus souvent, et c’est tant mieux ainsi.  
 
Les jeunes sportifs apprennent beaucoup, tant dans les sports individuels que dans les sports d’équipe. Mais on n’apprend jamais autant qu’en perdant.
 
Soyons honnête, dans la vie comme sur le terrain, la plupart de nos apprentissages surviennent dans l’adversité. Ça prend la morsure de l’échec pour savourer plus vivement la réussite. Et même que ca lui donne une profondeur.
 
Gagner sans avoir appris à perdre, ça rend arrogant. Ça ne donne pas un vrai sens de la compétition, ni même un goût réel de l’accomplissement. Apprendre à perdre, c’est la seule façon d’apprendre ensuite à gagner. Parce que même dans la défaite, on gagne toujours quelque chose.
 
Parfois, l’échec est personnel. Dans les sports individuels, par exemple. Pas moyen de blâmer quelqu’un d’autre, il n’y a que nous sur la sellette.
 
Il y a des tas de raisons différentes pour expliquer pourquoi on a raté notre coup. Il faut juste avoir l’honnêteté de chercher la bonne et d’en tirer une leçon.
 
Un manque de préparation? On apprend à mieux s’entraîner. Un manque d’énergie, on apprend à mieux respecter ses limites. Un manque de talent, on apprend à redoubler d’effort, à compenser par une autre force ou alors à accepter son rang.
 
Si c’est le stress qui explique l’échec, on apprend alors une donnée intéressante sur notre capacité à gérer la pression. Ce sera sans doute très utile ailleurs.
 
Si on perd parce qu’on est désorganisé, la solution est simple. Si c’est le mental qui flanche, on sait alors quoi travailler.
La technique inadéquate, la paresse, le trop plein de confiance, tout peut servir de leçon, de tremplin, d’apprentissage.
 
Des fois, c’est juste la malchance. Ça aussi, ça existe. Perdre à cause du hasard, c’est douloureux en surface, mais au moins la confiance de base reste solide. On apprend dans ce cas à accepter le (mauvais) sort et se compter heureux qu’il ne soit pas aussi cruel dans les autres sphères de notre vie. Lâcher prise sur ce qu’on ne peut pas contrôler, c’est un immense apprentissage.
 
Parfois notre échec vient d’une injustice. Ça, ça nous apprend à trouver une valeur cachée à notre effort. Valoriser l’effort plutôt que le résultat (résultat faussé, dans ce cas), c'est toujours un pas dans la bonne direction.
 
Dans les sports d’équipe, il y a plein d’autres façons de perdre, qui ne nous impliquent pas directement mais qui ne sont pas plus faciles à accepter. Perdre parce que quelqu’un d’autre a fait une bourde, c’est cruel. Mais ça nous apprend à relativiser nos erreurs. Et même à pardonner.
 
Perdre par manque de chimie, par manque de communication, par manque de synchronisme, par excès de confiance collectif, par arrogance, par découragement… Tant de possibilités.
 
Mille façons de perdre, mille occasions d’apprendre quelque chose. Et je pourrais parler longtemps aussi de la façon de perdre. Ça aussi, ça en dit long sur une personnalité.
 
Oui, ça fait mal, de perdre. Rater son coup, c’est un sentiment horrible. L’échec, c’est cruel. Mais même si c’est drôle à dire, une défaite, ce n’est jamais perdu. Il reste juste à décider ce qu’on souhaite en faire.
 
Peu importe votre sport, bonne saison, les amis. Je vous souhaite de belles défaites constructives (et quelques victoires pour colorer le tout).