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Bonsoir, il est parti!!!!

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L’an passé, j’ai eu l’idée géniale d’inscrire mon fils de 4 ans dans une ligue de soccer (voir le résultat ici.) Cette année, je me suis dit que s’il a eu de la difficulté à gérer un ballon et ses deux pieds l’an passé, il sera sûrement capable de gérer une balle, un bâton, des buts, un gant, un casque, du gravier et des Anglais, je l’ai donc inscrit au T-ball!
 
Après 2 « parties », mon fils a appris à swinguer dans le beurre et frapper un ami distrait, à lancer de la garnotte à l’équipe en bleu et à utiliser son gant pour lancer plus de garnotte à l’équipe en bleu.
 
Mais l’entraîneur travaille très fort. C’est vrai que c’est pas évident à expliquer à un enfant. C’est pas comme 95 % des sports où il y a un objet et un endroit qui donne des points et il faut rentrer l’objet dans l’endroit qui donne des points. Le T-Ball, c’est plein de concepts abstraits, de règlements et beaucoup de moments où il ne se passe rien.
 
La partie commence par des réchauffements où les 8 enfants de l’équipe se lancent la balle et les 8 parents attrapent les balles parce qu’elles vont tout croche. C’est le point fort de mon fils. Il peut soit lancer la balle vraiment loin et vraiment croche ou vraiment droit et 2 pieds devant lui. Comme on dit, deux options, c’est mieux qu’une seule!
 
Mon fils est jumelé à la petite anglophone du groupe. Mon fils ne comprend ni ne parle l’anglais… s’en suit cette conversation succulente :
 
La fille : Throw the ball!
Mon fils : Quoi?
La fille : Throw the ball!
Moi : Lance la balle mon grand...
(il lance, la fille l’échappe)
Mon fils : Twau de bowel!
La fille : What?
Mon fils : TWAU DE BOWEL!
Moi : (soupir)
 
Pour attraper, c’est différent. Sa main n’est pas assez forte pour fermer et ouvrir le gant. Ajoutez à ça ses réflexes de panda qui dort et nous avons un futur joueur des Blue Jays! Sa capacité à attraper la balle est étroitement liée à ma capacité de lancer la balle directement dans son gant. L'entraîneur a eu ces mots de sagesse : « Lancez la balle dans les airs, ils apprennent plus vite à attraper la balle si elle leur tombe dans la face quand ils ne l’attrapent pas ». Une belle idée sur papier… mais mon fils n’est pas intelligent comme ça. Une chance que la balle est aussi molle que sa tête.
 
Arrive ensuite la pratique au bâton. Moment excitant où les huit enfants mettent leur casque beaucoup trop grand qui cachent leurs yeux et armés d’un bâton mou s’en vont frapper sur le poteau qui tient la balle parce que frapper la balle directement, c’est trop compliqué. C’est le festival de la félicitation vide et de l’encouragement exagéré.
 
Tout le monde est réchauffé, c’est l’heure de la mini partie. Il y a plus d’adultes que d’enfants sur le terrain, car on doit leur dire où et quand courir, où et quand lancer, où et quand mettre leur gant. On place tous les enfants à une position, on leur explique une seule chose « Si t’as la balle tu la lances au premier but ». Ce qui dans le fond ne sert à rien car personne ne sait où est le premier but et pour donner une chance égale à tous, personne n’est jamais retiré.
 
Les enfants ne frappent jamais passé la position du lanceur (position essentielle au T-Ball…) ce qui fait que les autres dansent sur place ou jouent dans le gravier. Les meilleurs font les deux à la fois. On dirait quasiment un cours de yoga mais avec plein d’adultes qui crient « Lance!!! Lance!!! Lance!!! » Le match fini et tout le monde a gagné car c’est le temps de la collation. Tous les enfants sont heureux sauf le petit garçon qui a perdu son casque et qui pleure.

On quitte tous pour la maison, sauf le petit garçon qui pleure toujours en cherchant son casque la bouche pleine de melon d’eau. Rendu à la maison, mon fils me dit « Papa, pourquoi y’a deux casques dans mon sac? » J’ai quasiment hâte à la semaine prochaine.