PUBLICITÉ

Parents de sportifs : 10 erreurs à éviter

Sports 10-12 ANS image article
Je n’ai pas la science infuse, surtout en matière de sport. Mais à force de discuter avec un tas de gens de tous horizons – des spécialistes comme des amateurs, des coachs du dimanche comme des psychologues sportifs aguerris – et à force de traîner moi-même dans les arénas et les terrains de soccer depuis des années, j’ai pu observer un truc ou deux.
 
La triste réalité, c’est que nous, les parents, faisons parfois beaucoup plus de mal que de bien dans l’univers sportif de nos enfants.
 
On a chacun notre vision de ce que devrait être le sport organisé. Certains inscrivent leurs enfants pour leur faire plaisir, pour les faire bouger, pour meubler ses week-ends (!) ou par intérêt personnel.  
 
Mais de grâce, dans notre emportement, essayons d’éviter les bêtises suivantes :

 

1. Écraser l’enfant sous la pression

 
La pression, c’est relatif. Certains humains carburent à la pression, d’autres s’effondrent devant elle. 
 
Un enfant ne réagira jamais comme un adulte, devant la pression. On peut les inciter à faire de grands efforts. On peut insister sur le dépassement de soi. Sur la volonté de s’améliorer.
 
Mais il est ridicule de fixer un seuil de réussite en fonction d'un résultat précis. Surtout dans un sport d’équipe, où tout est si aléatoire.
 
 

2. Payer un enfant quand il compte un but

 
Vous croyez que je blague, hein? J’avoue, moi aussi je croyais que c’était une légende urbaine, jusqu’à ce que j’en sois témoin. 
 
Mais qu’est-ce qu’il y a de mal à récompenser un enfant qui compte un but? Voici ce j’ai vu comme résultat :
 
À la fin d’une victoire serrée et importante d’une équipe novice, tous les joueurs jubilent en se précipitant sur leur gardien. Sauf un. Un petit bonhomme qui tape rageusement sur la glace avec son bâton et pleure de déception parce qu’il n’a pas compté. Ça, mon ami, c’est la ristourne sur tes paiements.
 
Si tu veux récompenser ton enfant sur SES performances, inscris-le au patin de vitesse.
 
 

3. Semer la pagaille dans une équipe

 
Si seulement le hockey se jouait seulement sur une patinoire!... Mais non. Ça se joue aussi beaucoup trop dans les estrades, dans les corridors, dans l’auto et à la maison. 
 
Il y a des parents qui semblent avoir la mission de chercher le trouble. Toujours victimes du système, des coachs, de l’horaire, de l’univers tout entier. Ils critiquent, se plaignent par en dessous, attisent les rivalités internes et patinent toujours à contre-courant. 
 
J’ai connu des parents qui maîtrisent à merveille l’art de se plaindre, mais qui n’ont jamais appris à régler un conflit, dans toute leur vie. Je les appelle « Les socialement inaptes ». Peu importe le sport, ils finiront toujours par se mettre tout le monde à dos, depuis les vestiaires jusqu’à l’association régionale. 
 
Et il n’y a qu’un seul perdant dans tout ça: leur enfant. Infiniment triste.
 
 

4. Saper l’autorité des entraîneurs

 
Les coachs ne sont pas tous bons. Voilà, on s’entend là-dessus. Parfois ils disent n’importe quoi, manquent de compétence, font de mauvais changements, créent des injustices… Ben oui, ça arrive.
 
Mais ils représentent l’autorité, dans une équipe. Et l’autorité, ça se respecte, point. Comme à l’école, comme dans la vie, comme au poste de police. 
 
Pour le reste, il est toujours possible de discuter avec les entraîneurs. S’ils sont bornés, tant pis pour eux. Mais au moins, vous aurez montré les bonnes valeurs à vos enfants. Et ça, ça vaut beaucoup plus qu’un tour de glace supplémentaire.
 

 

5. Inciter à la violence (plus communément appellée "l’agressivité"!)

 
Aucun parent n’incite à la violence, voyons. Personne ne dit à son enfant de fesser sur un autre! Sauf si… c’est vraiment nécessaire. Pour se défendre, hein?
 
Dès que ça devient une question de jugement, ça se complique. Surtout sur un terrain de sport. 
 
Contrairement à ce qu’on dit souvent, l’agressivité n’est pas primordiale dans le sport. L’intensité, oui. L’esprit de compétition, oui. Mais l’agressivité, elle peut aller se rhabiller.
 
 

6. Ne pas contrôler ses propres émotions

 
Juste comme ça : c’est votre enfant qui est sur la glace. Pas vous. Vous, vous avez un travail, une hypothèque, des rénovations qui ne finissent plus, des vacances à planifier et un changement d’huile à faire sur l’auto. Ça, ce sont vos problèmes à vous. Ce qui se passe sur la patinoire, ce n’est pas vous le vivez. 
 
Alors voulez-vous bien vous calmer avec vos hurlements de sauvages envers l’arbitre, le coach, le joueur adverse ou le conducteur de Zamboni! 
 
Même chose quand c’est terminé. Étrangement, c’est beaucoup plus facile de faire digérer une défaite crève-cœur à un enfant qu’à ses parents. 
 
Contrôlez-vous et agissez comme des adultes.
 
 

7. Véhiculer des valeurs douteuses

 
On trouve parfois que les films de sport poussent un peu loin dans la caricature quand ils montrent un parent dans le rôle de « mauvais esprit sportif ». Mais la réalité peut parfois rejoindre la fiction, je vous jure. Le documentaire Parents inc. l’a démontré.
 
Certains parents perdent de vue que les valeurs importantes dans la vie sont aussi valables dans le sport. 
 
 

8. Démolir l’estime de soi d’un enfant

 
Faire du sport n’est PAS une activité de survie humaine. Personne n’est obligé de jouer au hockey, dans la vie. C’est un loisir. Donc, ce doit être amusant
 
Si vous massacrez l’ego de votre enfant en pensant le « piquer pour le faire rebondir », si son activité préférée le rend plus malheureux et moins confiant dans la vie, quelque chose me dit que vous faites peut-être fausse route.
 
 

9. N’accorder aucune importance à ce qu’il fait

 
La chose la plus importante pour un enfant restera TOUJOURS le regard de ses parents. Même si vous détestez vous lever tôt, même si vous avez aussi 82 autres choses plus intéressantes à faire, même si vous n’y comprenez absolument rien, votre simple présence (ou votre intérêt) représente la plus grande motivation d’un enfant.
 
Pas besoin de crier dans les estrades ni de se peinturer le visage. Juste être là, écouter, compatir, encourager, remonter le moral et acheter une slush de temps en temps, c’est la meilleure chose que vous aurez faite pour votre petit sportif.
 
 

10. Utiliser un horrible langage

 
Ok, le dernier point est un détail, mais ça me chicote toujours. 
 
Chez vous, vous faites ce que vous voulez. Parlez comme un charretier si ça vous plaît. Injuriez qui vous voulez. Soyez vulgaire, sexiste ou raciste dans votre salon, si ça vous chante. 
 
Mais quand vous êtes en public, devant des enfants de surcroît, auriez-vous la décence d’utiliser des mots convenables? 
 
À moins que vous ne souhaitiez démontrer à l’Univers entier votre manque total de classe et de jugement? Je vous rassure, nous avions déjà remarqué, merci.
 
 
Sur ce, essayons d’éviter ces pièges. Et bonne fin de saison, les parents!