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Pour le plaisir avant tout (suite)

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Pas seulement au hockey

«Des jeunes de 11 ans font de la planche à neige de façon professionnelle… reprend M. Farrey. Des jeunes de 9 ans embauchent des entraîneurs professionnels. Des jeunes de sept ans sont en compétition pour décrocher des médailles de dynamophilie, une  variante de l'haltérophilie. Des jeunes de six ans ont des entraîneurs personnels. À cinq ans, certains s'entraînent au soccer à longueur d'année...»

« Les parents ont avalé cette histoire que c'est là la voie aux équipes professionnelles, ajoute-t-il. Or, pour la plupart de ces jeunes, cela ne va pas se concrétiser. »

«Vrai, le fait de travailler fort, cela compte beaucoup, de même que l'encadrement d'un bon entraîneur. Mais en fin de compte, toutefois, ce qui distingue les amateurs des champions, ce sont les aptitudes génétiques. Les joueurs des équipes professionnelles sont des aberrations génétiques. Wayne Gretzky avait des yeux tout autour de la tête.»

L'ex-entraîneur olympique Barry Shepley intronisé au Temple de la renommée et président de Personal Best, est d'accord. «Pour tous les Tiger Woods ou Sidney Crosby, il y a 10 000 enfants qui ne feront pas de sport d'élite… Je viens de terminer l'autobiographie de Andre Agassi. Il raconte à quel point il détestait le tennis et se sentait comme un prisonnier dans sa propre maison. Son père était son entraîneur.»

En misant exclusivement sur la victoire et en poussant les enfants trop tôt et trop jeunes, ceux-ci vont s'épuiser, reprend M. Shepley. Les risques de blessures sont plus élevés et les enfants finissent par abandonner.

«Il faut s'attarder davantage à l'aspect récréatif des sports et non se concentrer sur le seul but de gagner», enchaîne-t-il. «Il vaut mieux apprendre des activités qui seront utiles le restant de la vie, souligne M. Shepley. Le golf, le tennis, la course à pied, le yoga, la natation et le vélo sont des activités individuelles que l'on peut faire pour un conditionnement à long terme.»

Selon M. Farrey, il faut complètement revoir ce système qui permet de créer des athlètes de haut niveau, mais qui en élimine beaucoup très tôt. Jadis, les enfants avaient l'habitude de jouer pendant des heures sans aucune intervention des adultes, rappelle M. Shepley.

«Aujourd'hui, par contre, les enfants ne jouent pas. Ils sont soit complètement inactifs ou prennent part à des programmes coûteux encadrés par un entraîneur. Ils n'ont ni le temps ni l'occasion de jouer et d'expérimenter. De nombreux joueurs de la LNH des années 50, 60 et 70 jouaient au hockey pendant des heures sur un étang, rappelle M. Shepley. Ce qu'on voit maintenant, c'est un peu d'occasions de jouer sans règlements et sans avoir à répondre aux attentes des parents.»

Bref, il n'y a pas de juste milieu fait valoir M. Shepley.

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