PUBLICITÉ

Le camping c’est presque l’fun

Vacances et voyages image article
J’ai récemment eu la brillante idée de faire 9 heures de route pour aller faire 2 jours de camping. Je me suis rendu au camping Falaise-sur-mer à St-Siméon. Le camping, c’est l’art de déménager le plus d’affaires possible pour jouir du confort de la maison, mais avec des moustiques et de la boucane. Je suis de ces téméraires qui utilisent encore une tente et des matelas gonflables pour aller vivre dans le bois… avec 200 roulottes.
 
Heureusement, notre site de camping était juste à côté d’un parc pour enfants, alors nous avons pu nous débarrasser d’eux le temps de l’installation. Nous n’étions pas trop inquiets de les perdre puisqu’au simple bruit d’un iPad qui s’allume, les voici qui reviennent en courant.
 
L’installation, c’est la meilleure partie. Le bonheur est encore présent : il fait beau et on ne s’est pas encore rendu compte qu’on a oublié la pompe pour les matelas gonflables. On sort les 1001 choses de la minivan en se disant qu’on a apporté beaucoup trop de choses qu’on ne sera probablement pas capable de remettre comme il faut lors du départ.
 
Les enfants reviennent du parc en disant : « On a rien à faire. ». Et ça commence. J’ai beau leur lancer de beaux projets comme  « Allez chercher du bois, trouvez des belles roches, attrapez des écureuils, retournez chercher votre linge au parc! » Rien à faire, ils veulent désespérément être dans nos jambes.
 
Surgit alors de nulle part une famille semblable à la nôtre avec des parents visiblement excédés par leur séjour et des enfants qui sont clairement excités de voir enfin des gens de leur âge. Les 6 enfants nous quittent pour le parc pendant que j’essaye de ne pas faire de contact visuel avec les parents pour ne pas être obligé de développer une autre amitié temporaire et potentiellement décevante.
 
La première nuit, c’est toujours la pire. Les enfants ne veulent pas dormir, tout dans la tente sent la boucane, les moustiques fusent de toutes parts parce que des enfants, c’est absolument incapables de fermer une porte de tente comme il faut, la rosée s’est faufilée dans nos sacs de couchage, la salle de toilette est tellement loin qu’on se met à envier notre plus jeune parce qu’elle porte encore une couche pour dormir, bref, le paradis!
 
À 4 heures du matin, les oiseaux décident que c’est un excellent temps pour être joyeux. On se réveille par terre sur nos matelas pas gonflés avec un mal de dos terrible… les enfants commencent à se chicaner et à crier dans leur tente, nous on est obligés de leur crier d’arrêter de crier pour ne pas réveiller tout le camping… se faisant, on réveille tout le camping. Ma femme me regarde avec les yeux dans le même trou et me dit tout doucement : « CRI*** que c’est l’fun le camping! »
 
Il est 6 h 30 et tout le monde est habillé, tout le monde a déjeuné, et on est prêt à affronter notre première journée complète au camping… et la piscine ouvre seulement à 10 h….
Les activités à faire en camping sont multiples : manger le plus possible, vouloir aller prendre une douche, mais revenir encore sale en voyant l’état de la douche en se disant : « Je ne serai pas plus propre en sortant de là! », trouver la pompe pour les matelas, se chicaner avec sa conjointe, critiquer la propreté de nos enfants et rencontrer des gens de partout que jamais on ne voudrait revoir.
 
En préparant le souper, j’entends mon fils crier  « TABA***** » en direct du parc. Il me dit tout fier que c’est un nouveau mot que lui a appris un ami de Thetford Mines. Je suis tellement fier.
 
Un orage s’abat sur le camping faisant en sorte que tout ce qui était sec, est maintenant trempe et tout ce qui était plaisant, ne l’est plus.
 
La deuxième nuit est toujours meilleure parce que dans notre cas, c’était la dernière. On a veillé autour d’un feu de boucane parce qu’il avait plu sur notre bois. On a mangé des guimauves brûlées à s’en rendre malades et on s’est endormis en rêvant à notre voyage du lendemain avec ses 8 heures de route et nos 3 enfants.
 
Le jour du départ est arrivé. On commence le démontage à 6 heures du matin parce que les oiseaux ont encore décidé qu’on était prêts. On envoie les enfants réveiller tout le camping, après tout, on peut se faire haïr, on s’en va! Tout ce qu’on a méticuleusement installé il y a 36 heures doit être démonté! Y’a rien comme le sentiment de recommencer trois fois à rouler une tente pour qu’elle rentre dans son maudit sac quand t’as vraiment le goût de partir.
 
J’ai tellement aimé ça le camping… j’y retourne demain!