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Pression pour une alimentation parfaite

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Question:

Ma fille et son conjoint ont trois enfants (5 ans, 3 ans et 2 ans). On ne s'entend pas sur le fait que nous, les grands parents qui avons eu quatre enfants, ils m'imposent une alimentation discutable
(germe de blé, fruits bio et frais dont ils retirent la pelure (et les fibres?). Je leur donne par exemple des fruits et légumes frais à volonté avec une tartinade de fromage Philadelphia pour les tremper, des soupes maison faites de bouillon frais et des biscuits d'avoine. 
 
Le problème c'est qu'ils me reprochent ce que je donne à manger à leurs enfants. Et surtout j'ai de la difficulté de voir mes petits enfants toujours malades: rhume, toux qui dure des semaines. Les parents s'entêtent à ne donner aucun médicament. Je comprends qu'à leur âge on ne les «drogue» pas comme ils disent, mais je crois qu'il devrait y avoir un équilibre entre les deux, surtout lorsque ces médicaments sont recommandés par un pharmacien que je connais depuis plus de 25 ans et qui a vu l'enfant, je ne comprend pas qu'on me fasse un drame comme si je l'avais empoisonné.  
 
Que devrais-je leur suggérer pour que nous soyons d'accord? Nul doute que venant de vous ils seront plus réceptifs pour le grand bien de mes petits bouts.
 

Réponse:

Bonjour,
 
Je comprends que vous ressentiez une pression de la part des parents à offrir une alimentation « parfaite ». Avec toutes les informations qui circulent sur le web et dans les médias par rapport à la nutrition, il demeure certain que de plus en plus de parents développent une obsession en lien avec la qualité des aliments offerts à leurs enfants. On veut tous le mieux pour eux !
 
Cela dit, vous avez raison de croire qu’il faut relativiser, et tout de même permettre à vos petits-enfants quelques aliments moins nutritifs de temps à autre. Voici quelques trucs qui vous permettront de vous sentir plus à l’aise dans votre approche alimentaire, tant envers les parents que vos petits-enfants.
 
1. Expliquez votre point de vue
 
Vous faites certainement de votre mieux pour que les enfants se nourrissent d’aliments sains. Peut-être que les parents croient que vous êtes la grand-maman gâteau par excellence ! Et si vous leur proposiez de s’entendre avec vous sur des recettes « santé » ? Par exemple, si vous prévoyez garder vos petits-enfants pendant quelques jours, écrivez-leur les plats que vous pensez cuisiner durant leur séjour. Mentionnez-leur que vous offrez des légumes et des fruits frais à volonté, et que les friandises ne seront pas offertes à tous les jours.
 
2. Valorisez-les, sans vous oublier
 
Il peut être très difficile de comprendre pourquoi les parents de vos petits-enfants s’obsèdent autant par rapport à la nourriture. Personne dans ce monde ne peut manger PARFAITEMENT ! En réalité, la quête vers l’alimentation « parfaite » risque d’affecter la santé mentale de quiconque tente de se priver d’aliments peu nutritifs (chocolat, biscuits…) Même les tout-petits peuvent ressentir une pression à cet égard, et, plus tard, développer un trouble de comportement alimentaire.
 
Cela dit, vous pouvez souligner les bons coups des parents, tout en exprimant votre point de vue. Par exemple :
« Je suis enchantée de voir à quel point vous vous souciez de l’alimentation de vos trois enfants. Ces derniers ont toutefois besoins de matières grasses, car ils possèdent des besoins élevés pour grandir. Je pense que c’est l’équilibre qui compte ! »
 
Vous pouvez leur proposer de vous donner quelques-unes de leurs recettes, afin de montrer votre ouverture envers leur vision. Mais rien ne vous oblige de céder à tout coup ! Oui, vous pourrez cuisiner leur cari de lentilles, s’ils le désirent… Toutefois, imposez-vous aussi vos limites. Vous n’avez peut-être pas envie de vous déplacer dans une épicerie spécialisée afin de dénicher une huile de coco extra-vierge biologique ou une farine sans gluten de quinoa à 9,99 $ le 100 g !
 
3. Une discussion, dans le respect
 
Je pense que vous avez besoin de vous asseoir avec les parents de vos petits-enfants pour avoir une discussion ouverte, qui respecte l’opinion de chacun. Expliquez aux parents que vous avez à cœur la santé de vos tout-petits, tout comme eux, mais que vous n’avez pas la même vision de la saine alimentation. Vous préférez axer sur la variété et l’équilibre, ce qui, à mon avis, est tout à votre honneur ! Dégraisser les bouillons maison et offrir des légumes à volonté, c’est excellent !
 
4. L’avis de professionnels
 
Je ne connais pas toutes les contraintes qu’imposent les parents de vos petits-enfants. À mon humble avis, l’un des deux parents pourrait souffrir de troubles de comportements alimentaires, dont l’un est communément appelé « orthorexie ». Il s’agit d’un trouble lors duquel les gens s’obsèdent par rapport à la qualité des aliments qu’ils ingèrent.
 
Une consultation avec un diététiste nutritionniste pourrait être utile.  
 
Par ailleurs, vous pourriez demander l’avis d’un pharmacien à l’égard des médicaments : peut-être pourrait-il vous offrir des conseils afin de vous aider à faire comprendre aux parents que la médication peut aider les jeunes à combattre la maladie ? Celui-ci pourrait également vous remettre des informations papiers à distribuer aux parents.
 
Enfin, la nutritionniste en moi ne peut que vous supporter dans votre discours, car en effet, notre société devient de plus en plus obsédée face au contenu de son assiette… Une réalité qui aura un grand impact sur la santé physique et mentale future de nos enfants !
 
Bonne chance !