Louis-Simon Ferland Blogueur

Réussir son Terrible Two - Guide à l’usage des enfants de deux ans

Réussir son Terrible Two  - Guide à l’usage des enfants de deux ans
Libellés : Vie de famille Publié le 08-02-2011 à 02:26

Note : J’ai rédigé l’essentiel de ce texte il y a 4 ans, grâce à l’aide précieuse de mon fils. Cette année, sa petite sœur me prouve qu’il est encore d’actualité. Je le ramène ici pour vous aider à sourire dans ces moments parfois terrifiants et pour répondre à ma collègue Geneviève qui se demandait ce qu’il y a de si terrible dans un Terrible Two…

                                                                 * * *

Une maison a beau être hermétique et solidement construite, un ouragan peut tout de même la frapper de l’intérieur. En fait, ça se produit dans toutes les maisons où vit un enfant de deux ans. On se demande parfois comment font nos gentils démons pour nous faire grimper dans les rideaux si souvent. Voici en grande primeur LEUR guide de référence en matière de crises : 

La crise du Non :

Il s’agit du niveau de départ de cette belle aventure. On commence par dire non, puis on ajoute les variantes. Non au bain, non au souper, non au lavage des mains, non au dodo… Avec l’expérience, on peut se permettre des extras : coups de pieds, coups de poings, culbutes et pirouettes diverses pour échapper au contrôle des parents. Cette crise permet aussi de faire perdre un temps précieux aux parents pressés et de transformer une corvée de 30 secondes en épopée d’une demi-heure.

La crise hollywoodienne :

On se jette par terre, on s’effondre, on joue la totale. Il est important de démontrer une immense détresse, de paraître abattus par la douleur insoutenable de se faire refuser un biscuit au chocolat avant le souper. Un bon contact de tout le corps avec le plancher est essentiel durant ce spasme physico-émotionnel.

La crise molle :

Une méthode simple et efficace surtout quand les parents semblent pressés ou essaient de nous mettre des vêtements. On s’efforce alors de devenir aussi consistants que de la purée de pomme : impossible de tenir sur nos pattes. Variante intéressante : devenir complètement rigide lorsqu’on tente de nous asseoir dans le siège d’auto.

La crise de l’idée fixe :

L’idée fixe en question peut-être une activité, une phrase ou une question anodine dont on ne peut se départir. À la base, l’idée n’a rien de bien méchant, mais répétée 412 fois en quelques minutes, elle produit son effet sur un parent exaspéré. Celui-ci use parfois de subterfuges afin de nous changer les idées, mais c’est peine perdue. Se termine habituellement par une autre crise, pigée au hasard.

La crise du Moi-Maintenant :

En tant que membres du « Terrible Two », nous sommes en droit d’exiger que TOUT nous soit dû, au moment où on le souhaite. Il est inutile de partager quoi que ce soit, pas même la télé avec les parents. Il n’est pas question non plus de nous faire patienter pour aucune raison lorsque l’on souhaite quelque chose. Toute infraction à cette règle nous permettra de hurler haut et fort notre indignation.

La petite révolte :

Une méthode éprouvée qui consiste à faire volontairement tout ce qui n’est pas permis, juste pour voir la réaction des parents. Les règles « on ne tape pas, on ne mord pas, on ne dessine pas sur les murs, on ne vide pas la baignoire sur le plancher de la salle de bain, etc» sont vraiment agréable à outrepasser. Le mieux est encore de transgresser les consignes en regardant les parents droit dans les yeux, tout en arborant un magnifique sourire. Effet garanti.

La statue hurlante :

Une crise simple et efficace. Consiste à rester immobile, les mains contre le corps, les yeux fermés, et à pleurer en hurlant le plus fort possible jusqu'à ce que quelque chose arrive. La concentration est essentielle : on doit donner l’impression aux parents que notre vie est en jeu.

La honte publique :

Le truc est vieux comme le monde : profiter de la présence d’autres personnes pour décupler la portée de notre crise. Le centre commercial est un bon endroit pour s’y entraîner. On peut aussi agir en véritable diable devant la visite ou attirer l’attention sur nos mauvaises manières dans une réunion familiale. Le but étant de faire passer les parents pour des gens irresponsables.

La grève de la faim :

À l’heure des repas, les moyens de pression sont simples et directs. Refuser de manger et/ou exiger autre chose (préférablement sucré ou introuvable). Variante divertissante : Il est particulièrement drôle de voir le visage des parents lorsqu’on refuse de manger ce qu’ils considèrent être notre mets préféré.

Pour plus de succès, variez les plaisirs et parsemez vos journées de quelques bons moments. La confusion de vos parents n’en sera que plus grande. 

* * * 

Ah ! Les magnifiques moments…  Il paraît que l’étape du « Terrible Two » est nécessaire aussi pour les parents. Il n’y a pas de grand secret, il faut simplement essayer de vivre cette première adolescence avec sérénité... Et pendant ce temps, en regardant aller ses parents, l’enfant est convaincu que le « Terrible Two », ce sont ces deux-là…

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