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Au royaume de la surveillance des diners, l’inégalité est reine

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Avec 4 enfants et plusieurs déménagements, j’ai payé des frais dans bon nombre d’écoles primaires et secondaires. Toutes à Montréal ou dans les Laurentides. Cette semaine, je me suis rendu compte que sans le savoir, j’avais été chanceuse à la loterie de la surveillance des diners.

Naïvement, je pensais que les tarifs étaient sensiblement pareils d’un endroit à l’autre, puisque je débourse le même montant depuis des lustres et partout.

J’étais dans le champ. Royalement.

Cette semaine, ma fille, qui habite pour le moment chez son père, m’a mentionné avoir envie de diner à son école, mais s’inquiétait du coût additionnel que cela demanderait. Je lui ai alors proposé de payer les frais de surveillance.

Chez nous, ces frais s’élèvent depuis toujours à 75$ par année, qu’on pait avec les autres frais d’inscription lorsque notre enfant ne fréquente pas le service de garde de façon régulière.

À son école actuelle, la facture s’élèvera à 500$ !

Légère différence…

Je me suis alors tournée vers mes amis Facebook pour demander à ceux qui ont besoin de la surveillance du midi seulement, à combien leur facture s’élevait.

Une personne paye comme moi 75$. Les autres, ça va de 155$ à presque 600$ ! Dans certaines familles, où les enfants ne fréquentent pas le même établissement, ça peut coûter 245$ annuellement pour un, 500$ pour l’autre…

À l’amie qui doit débourser presque 600$ ( x 2, puisqu’elle a deux enfants), j’ai demandé s’il y avait quelque chose de spécial, le midi à leur école. De l’animation, je ne sais pas ?
Rien ! Même chose qu’à mon école de quartier à 75$... Et non, elle ne vit pas dans un quartier de riches, au contraire…

Je veux bien croire que chaque commission scolaire fixe les tarifs, mais sérieusement, personne n’a songé à imposer un prix plafond ?

Comprenez que je ne me plains pas pour moi. Je suis très heureuse de payer mon petit 75$. Mais je me demande comment j’aurais fait à 2, 3 enfants à l’école en même temps si ça m’avait coûté 600$ la tête. C’est bien beau les crédits d’impôt, mais ça ne met pas de beurre sur le pain dans l’immédiat. Dans certains coins, des organismes aideraient les familles à faibles revenus. Heureusement ! Mais si les frais de diners étaient raisonnables, ces organismes pourraient aider à d’autres niveaux…

Certains me diront que diner à l’école n’est pas essentiel.

Premièrement, tout le monde ne vit pas à distance de marche de l’école et de nos jours, les services de bus scolaires le midi ne sont pas légion.

Ensuite, il faut qu’il y ait un adulte à la maison, si l’enfant vient y manger. Ne me ressortez pas le débat de maman qui a juste à rester à la maison, pitié !

D’autres diront qu’à partir d’un certain âge, les enfants doivent apprendre à se débrouiller avec une clef dans le cou et un micro-ondes, comme « nous dans le temps ».

Moi je dis que peu importe son âge, si un enfant trouve triste de manger seul, on ne devrait pas le faire manger seul. De plus, quand mon ainée a commencé l’école et que j’ai abordé la question du midi, on m’a suggéré fortement de la faire diner à l’école même si je travaillais de la maison. Pour une question de socialisation. Quand tous les amis restent à l’école, partir seul, ce n’est pas joyeux…

Et j’avoue que je pense à certains enfants, qui ne sont pas en âge de venir diner seuls, qui le feront probablement, les parents ne trouvant (ou ne cherchant) pas d’autres solutions.

Est-ce que je suis la seule surprise de ces grands écarts de coûts pour un service similaire ?
Combien ça vous coûte, vous ?

Avec toutes les coupures qui se font un peu partout, est-ce que les commissions scolaires élèveront encore cette facture ? Je touche du bois pour que mon 75$ ne se multiplie pas par 10…