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Tel père, tel petit

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Un papa, ça nous apprend à garder les yeux sur la balle, à bien faire cuire un steak, à pêcher un poisson et à le nettoyer,  à donner une poignée de main correctement. Nous voyons nos papas comme des chefs, des amis, des confidents et des modèles dans le développement moral de leurs enfants.

Mais au-delà de tout ça, les scientifiques constatent de plus en plus, dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler la «paternologie», les nombreuses  façons dont les actions et attitudes des papas influencent la santé et le  développement de leurs enfants.

Un important facteur de risque

«Les pères  passent de plus en plus de temps avec leurs enfants», affirme la Dre Mariana Brussoni, une chercheuse subventionnée par les Instituts de  recherche en santé du Canada à l’Université de Colombie-Britannique à  Vancouver.

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Les pères sont des modèles, même lorsqu’ils l’ignorent. Lorsqu’un papa porte un casque pour aller en vélo, qu’il porte des genouillères pour aller en patins à roues alignées, qu’il attache sa ceinture de sécurité en voiture, qu’il ne fume pas, qu’il boit de façon modérée et qu’il ne se comporte pas comme un goujat, il donne l’exemple à ses enfants, il leur apprend sa vision du monde. «Les recherches sur le port du casque de sécurité en vélo ont clairement démontré que l’impact des modèles est considérable», explique la Dre Mariana Brussoni. «Les enfants qui voient leurs parents porter le casque considéreront automatiquement que c’est un geste important.»

Ce qui intéresse particulièrement la Dre Brussoni, c’est de  mieux comprendre le rôle des pères dans la prévention des blessures, qui sont le plus important facteur de risque pour la santé des enfants.En effet, les blessures accidentelles résultant par exemple d’accidents de la route ou de chutes sont la première cause de mortalité et la quatrième plus  importante cause d’hospitalisation chez les enfants canadiens, précise-t-elle.

«Nous savons déjà que les parents ont une influence majeure sur  l’incidence des blessures chez leurs enfants grâce à leurs attitudes et à  leurs décisions en ce qui concerne les activités potentiellement  dangereuses, et aussi à travers leur supervision », explique la Dre  Brussoni.

La majorité d’entre nous diraient d’emblée que les mères ont  traditionnellement eu le rôle de puéricultrices, tandis que les pères avaient plutôt une approche plus crue et directe envers leurs enfants. Ça relève du cliché, mais les clichés ont souvent des racines dans la réalité, ce qui  n’empêche pas pour autant les papas de s’attacher aussi intensément à  leurs bébés que les mamans.

«Selon moi, les pères ont un rôle crucial en ce qui a trait à l’exposition de  leurs enfants au vrai monde, à de nouveaux points de vue et, surtout, à  des expériences potentiellement dangereuses afin d’élargir leurs horizons», ajoute-t-elle.

«C’est très bien lorsque les papas mettent leurs enfants en contact avec le vrai monde et les risques qu’il peut comporter.  Il est important que nous comprenions comment les pères appréhendent et  gèrent leur rôle lorsque vient le temps d’exposer leurs enfants à un niveau accru de risque.» Une étude japonaise a d’ailleurs démontré que les  enfants dont les pères participaient plus à leur éducation subissaient moins de blessures que les enfants dont les pères étaient moins présents.

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