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Comportements d'opposition à 3 ans

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Question:

 
Bonjour,
 
Je suis la maman d'une petite fille de 3 ans et 2 mois qui a des comportements très difficiles à la maison. Elle s'oppose aux consignes, crie au lieu de parler et nous répond en faisant des « hum » ou des « pff » au lieu de répondre avec des mots. 
 
Ce qui me préoccupe le plus, ce sont ses comportements de toujours dire le contraire de ce qu'elle souhaite pour nous faire réagir ou pour nous contredire.
 
Par exemple, je lui demande si elle a terminé son repas, elle me dit oui, je retire son bol et elle me crie qu'elle n'a pas fini. Je lui remets son bol devant elle, elle ne mange pas, je lui demande si c'est terminé de nouveau et que je vais enlever son bol elle me dit oui, aussitôt que je m'exécute elle recommence en criant qu'elle veut manger.
 
Ce n'est qu'un exemple parmi plusieurs situations quotidiennes ex: la border le soir dans son lit (veux-tu que je te borde? oui / non, si je sors de sa chambre elle hurle le contraire de ce qu'elle m'a dit et le manège recommence, boire de l'eau au couché aussi. Si je tiens mon bout, elle va crier, pleurer, se rouler par terre.
 
Elle va inévitablement se faire mal et crier « bobo » pendant 15-20 minutes, on la met dans sa chambre elle donne des coups de pieds dans la porte, fait semblant de nous cracher dessus. Les crises sont de plus en plus violentes et mon conjoint doit la maintenir physiquement pour qu'elle se calme. Une crise peut durer environ 40 minutes et il peut en avoir 3 à 4 par jour. 
 
Nous avons tenté plusieurs approches pour tenter de nous faire écouter par notre fille. Nous avons mis en place un système de renforcement positif, lorsqu'elle écoute une consigne, demande de l'aide, s'habille seule comme à la garderie, joue bien seule; elle reçoit 1 diamant, au bout de 5 diamants elle peut écouter 10 minutes de iPad. Elle est très motivée par le système mais lorsqu'elle s'oppose elle ne pense plus à rien sauf provoquer des réactions.
 
De plus, on fait preuve de beaucoup de patience avec elle et de flexibilité, mais les crises se suivent et nous sommes à bout de souffle puisque nous avons toujours l'impression qu'elle ne s'améliore pas, que ses comportements sont les mêmes que la veille, qu'elle ne fait pas de prise de conscience. Ma fille s'exprime bien, elle parle mieux que la moyenne des enfants de son âge. Nous savons qu'elle nous comprend bien lorsqu'on lui fait des demandes puisqu'on utilise un langage simple et des phrases courtes. Ce n'est pas un problème au niveau expressif-réceptif qui la fait se désorganiser. 
 
Elle fréquente un CPE et elle passe toujours de belles journées, elle écoute les consignes et elle socialise avec les autres enfants. Ses éducatrices sont surprises de ses comportements à la maison et elles tentent de nous aider en nous apportant du soutien lorsqu'elle s'oppose au vestiaire. Elles nous ont aussi mentionné que notre fille disait qu'elle n'avait pas écouté les consignes à la maison, qu'elle avait fait une crise et fait fâcher papa et maman.
 
Donc elle le sait qu'elle n'a pas bien fait. J'ai l'impression que notre fille a un grand besoin de contrôle et c'est sa façon de nous le faire savoir. Pourtant, on lui offre des choix très très souvent, mais on dirait que ce n'est pas suffisant. On lui met aussi une minuterie lorsqu'elle joue pour rendre prévisible la fin d'une activé qu'elle aime afin d'éviter les confrontations, cela fonctionne je dirais 80% du temps.
 
Fait important à ajouter, la famille s'est agrandit il y a 1 mois, nous avons une autre petite fille à la maison. Notre plus grande a été impliquée lors de la grossesse et sensibilisée à la venue du bébé depuis plusieurs mois, ses comportements sont devenus plus violents depuis la naissance de sa sœur, mais elle a toujours eu des comportements d'opposition et de confrontation depuis ses 18 mois, on croyait que le « terrible two » arrivait à l'avance, mais là on dirait qu'il ne veut pas finir.
 
Nous nous assurons de passer du temps seule avec elle afin de lui faire comprendre qu'elle a toujours sa place et on la valorise dans ce qu'elle peut faire puisqu'elle est une grande fille contrairement à sa sœur qui est un bébé. 
 
Finalement, notre fille est très très active et elle a un grand besoin de bouger, on a débuté des rencontres avec une ergothérapeute pour qu'elle nous outille avec les trop-pleins de notre fille. Mais puisque nous en sommes encore à l'évaluation, nous n'avons rien de concret pour l'instant à instaurer à la maison. 
 
J'aimerais grandement savoir ce que nous devrions faire de différent avec elle puisque nous sommes à bout de ressources et découragés par le manque de progrès qu'elle fait malgré nos efforts. 
 
Merci infiniment de m'avoir lue.
 

Réponse:

 
Bonjour à vous!
 
Premièrement, je tiens à vous féliciter pour toutes les belles observations et interventions que vous avez faites auprès de votre fille. Votre initiative de faire une demande de service auprès d’un ergothérapeute est tout à fait appropriée.  Je lis aussi dans votre question que vous faites beaucoup de renforcement positif et je vous en félicite. 
 
Cause probable des comportements
Selon ce que je lis, votre fille semble chercher l’attention négative. Au départ, cela arrive très souvent par hasard. Comme vous l’écrivez, cela aurait débuté autour de ses 18 mois, donc au début du fameux « terrible two ».  Votre fille s’est exprimée par des comportements et selon votre degré de fatigue ou d’émotivité, elle a obtenu des réactions de votre part, ce qui est tout à fait humain!  Comme vous le mentionnez, elle veut vous faire réagir. Il serait intéressant que vous observiez à quel moment de la journée cela arrive le plus souvent. 
 
Vous parlez de 3-4 crises par jour.  Est-ce que ces crises arrivent plus souvent le matin quand vous êtes pressés, le soir quand elle est fatiguée donc plus irritable ou lorsqu’elle a besoin de bouger mais que vous êtes fatigués?  Si vous êtes capable de trouver le moment ou les crises arrivent le plus souvent, cela vous aidera grandement à vous ajuster. 
 
Apprendre à faire un choix et en assumer les conséquences
Ce qui vous préoccupe le plus c’est lorsqu’elle a comme comportement de se contredire.  Votre fille doit apprendre à faire des choix et assumer les conséquences de ceux-ci.  Vous avez nommé les exemples du repas et de l’eau au dodo. L’intervention à préconiser est de lui laisser une chance de s’être trompée dans son choix UNE fois!  « Je ne veux plus manger…Oups, je veux manger...Oups, je ne veux plus »; Vous lui redonnez son assiette et lui enlevez UNE fois. 
 
Après c’est terminé et elle doit assumer son choix.  Lors du prochain repas, elle va essayer de nouveau pour voir si vous maintenez ce que vous dites.  Quand elle va voir que vous êtes constants, ce comportement va diminuer.  Alors, si elle cherche à vous faire réagir, son manège ne fonctionnera plus.  Il faut persévérer!
 
Ne pas avoir peur des crises
Bien entendu, quand les parents deviennent plus constants et cohérents dans leurs interventions, c’est là que la crise arrive!  Vous devez continuer et ne pas avoir peur que celle-ci survienne.  Votre fille a des comportements et vous jugez qu’elle doit être retirée?  Et bien retirez-là dans sa chambre ou bien sur un divan ou un fauteuil. 
 
Lorsque je travaille, et même avec mes enfants, je préfère utiliser un fauteuil ou un pouf pour faire un retrait à proximité de moi.  Ma seule et unique demande à l’enfant est de se calmer.  Je veux un retour au calme.  Si elle crie : « bobo », se fait-elle vraiment mal ou cherche-t-elle votre attention? Si elle crache, elle aura la conséquence logique de ramasser son dégât lorsque la crise sera terminée. Le but du retour au calme est de donner de l’attention à votre enfant pour un comportement positif seulement.  Ce comportement positif est le retour au calme.
 
Maintenir physiquement son enfant
Il arrive que certains enfants aient plus besoin d’encadrement.  Maintenir votre fille physiquement doit être fait dans le but d’éviter qu’elle se blesse ou qu’elle vous blesse.  Si cela arrive c’est qu’elle est en perte de contrôle.  
 
En d’autres temps, faites seulement la rasseoir ou la rapporter à l’endroit du retrait.  Cela peut prendre du temps les premières fois.  Il ne faut pas se décourager, ne pas montrer nos émotions, ne pas discuter avec elle et répéter la même consigne occasionnellement lors de la crise, soit demander qu’elle se calme.  Il se peut qu’elle trouve ça drôle au début.  Mais lorsqu’elle va voir combien vous êtes sérieux, constants et cohérents, son sourire va disparaître. Elle va crier puis pleurer.  L’important c’est qu’elle pourra revenir à l’activité en cours uniquement lorsqu’elle se sera calmée. 
 
Réconciliation
Dès le retour au calme, il est important de se réconcilier avec un câlin et de dire à votre enfant que vous êtes fiers d’elle car elle s’est calmée.  Il faut lui expliquer clairement, que lorsqu’elle fera tel ou tel comportement, papa et maman vont maintenant intervenir de cette façon. 

L’arrivée d’un nouveau membre de la famille
L’arrivée d’un nouveau bébé entraîne des réactions très variées selon les enfants. Il est donc tout à fait normal que votre fille réagisse à l’arrivée de sa petite sœur et cela malgré vos efforts.  L’augmentation des crises est sa façon à elle de s’exprimer face à ce changement.  Toutefois, à moyen terme cela devrait porter fruits car vous êtes en train de lui enseigner qu’elle a toujours sa place et de la valeur pour vous peu importe ce qui arrive! 
 
Pour terminer, je tiens de nouveau à vous féliciter pour vos efforts, pour tout le temps de qualité que vous passez avec votre fille, pour tout le renforcement positif que vous faites pour elle.  Persévérez dans les techniques d’interventions que j’ai expliquées plus haut.  Si vous croyez avoir besoin de coaching pour vous supporter, n’hésitez pas à communiquer avec des professionnels.
 
Réponse rédigée par Nancy Germain, éducatrice spécialisée et membre du Réseau Nanny secours