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De la politesse, s'il vous plaît!

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Les notions de politesse, de savoir-vivre et de respect sont-elles complètement dépassées? Loin de là. Il est plus que jamais temps d'agir et de redonner à la politesse ses lettres de noblesse.

Selon Frédéric Metz, directeur du programme de design graphique de l'UQAM, la politesse n'a jamais été dépassée et elle est encore d'actualité. «Il s'agit toujours de dire bonjour, merci, de donner la main, d'arriver à l'heure... tout comme il fait partie du design de savoir se tenir et agir dans toutes sortes de situations.» C'est pourquoi à l'automne 2007, ses collègues et lui ont pris sans hésiter la décision d'inclure la lecture d'un ouvrage sur l'étiquette et sur la politesse dans l'évaluation d'un cours obligatoire. Il est question ici d'étudiants universitaires âgés de 20 ans!

Pour M. Metz, l'ouvrage retenu, Sacrée politesse!, de Louise Masson, aborde plusieurs aspects de l'étiquette, tous plus ou moins en rapport avec le design, la vie d'étudiant ou le marché du travail.

«On en avait marre du problème d'impolitesse des étudiants qui accumulaient les retards, les départs prématurés du cours, qui se permettaient des allées et venues continuelles ou encore qui envoyaient des messages faisant fi des règles les plus élémentaires de la politesse. De plus, on savait que si on leur suggérait seulement de lire le livre, un grand nombre d'entre eux ne le ferait pas On devait donc leur accordes une note pour les forcer à s'y mettre. Ainsi, l'examen à choix multiples comptait pour 25% de la note finale du cours de design et culture, auquel 70 des 72 élèves en design étaient inscrits.»

En 1998, l'enseignante Édith Bouchard a eu l'idée de présenter un projet «politesse» à la direction de son école primaire au Lac-Saint-Jean avec son livre S.O.S. politesse. Tout comme M. Metz, elle remarque que les gens utilisent de moins en moins les règles de politesse. «Certains les ridiculisent ou en font fi, tandis que d'autres les méconnaissent. Nous observons un grand laisser-aller en ce domaine ainsi que des comportements de plus en plus égocentriques. Il devient donc difficile pour les gens de se respecter, ce qui cause bien des malaises dans notre société», dit-elle.

L'éducation: l'élément clé

Comment expliquer qu'on ait délaissé peu à peu les règles de politesse? Selon les experts consultés, l'éclatement de la famille traditionnelle dans les années 1960 a largement contribué à ce phénomène.«C'est au sein de la famille que les jeunes enregistrent leurs premières impressions sur la vie et qu'ils acquièrent l'essentiel de leur éducation», explique Mme Masson. Elle ajoute: «Les personnes polies évoluent dans une atmosphère familiale, sociale et professionnelle plus aimable et plus plaisante que les autres.»

«La discipline autoritaire de la famille traditionnelle s'est transformée pour devenir celle du laisser-aller, jusqu'à donner naissance à l'enfant roi. Par conséquent, de génération en génération, les règles de politesse se sont perdues», explique Mme Bouchard.

M. Metz ne lance pas pour autant la pierre aux parents: «Ces derniers ne peuvent inculquer la politesse à leurs enfants s'ils n'ont pas eux-mêmes appris quelles en sont les règles. D'où l'importance de commencer à inculquer des notions de politesse dès le jardin d'enfants.»

Mme Masson explique que certains parents d'aujourd'hui se rendent compte que pour obtenir de leurs enfants des résultats, ils sont tenus d'appliquer le processus fastidieux et répétitif de l'éducation au savoir-vivre, qui réclame une obstination et une patience remarquables: «Qu'est-ce qu'on dit?», serinent-ils chaque fois que l'enfant reçoit quelque chose ou fait une demande.

«Tu as dit merci ou s'il vous plaît à la dame?» est une phrase qui a tout son sens et qui doit être répétée comme un refrain usé. «C'est à ces parents-là que je dis qu'ils verront leur investissement rentabilisé lorsqu'ils entendront un voisin, un instituteur ou une vieille tante leur dire comme leur enfant est bien élevé, car il est rare de voir des enfants bien éduqués devenir des adultes grossiers.»

Est-il trop tard? >