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Deux autres bouchées!

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En commençant, je dois vous mettre en garde que ce billet ne s’adresse pas aux parents dont l’enfant a des troubles alimentaires de quelque nature que ce soit. Je vais parler des enfants génériques qui sont “normaux”  selon la définition encyclopédique du terme. Merci!
 
En tant qu’adulte, nous sommes vraiment bons à décider quand notre enfant devrait avoir faim. C’est l’heure du souper, tu devrais avoir faim durant le dix minutes qu’on va être à la table avant d’aller à tes cours de violon-natation-soccer-escrime-planche à voile-équitation. On est très bons à dire à nos enfants «Enwèye, deux autres bouchées! Ça te prend des protéines!»
 
Cette phrase, malsaine quand on y pense, peut avoir plusieurs autres variantes telles que «T’as 4 ans, alors 4 autres bouchées» ou «si tu ne prends pas deux autres bouchées, t’auras pas de dessert! (ou autre conséquence loufoque)» J’entends souvent ces phrases et je me pose la question : Est-ce possible que l’enfant n’ait juste pas faim? Est-ce possible de concevoir que peut-être, après 2 brocolis et une bouchée de poulet, son estomac d’enfant de 4 ans est assez plein pour son bonheur?
 
Imaginez si on faisait vivre cette situation à un adulte, dans un restaurant par exemple :
  • J’ai tellement trop mangé là!
  • Enwèye, fini ton assiette!
  • Je suis vraiment pu capable!
  • T’as 32 ans, go! 32 bouchées, sinon, je ne commande pas de dessert!
 
On fait quoi en tant qu’adulte? On met les restants dans une boite et on les rapporte à la maison… bon souvent on oublie la boite au restaurant ou dans l’auto et on finit par la jeter quand même mais au moins notre intention était bonne. On devrait faire la même chose pour nos enfants. Il a juste mangé deux bouchées, parfait, je garde le reste au cas où il aurait faim plus tard. Et quand il décide qu’il a faim, uniquement pour retarder son heure de dodo, bien il sait exactement ce qu’il peut manger… souvent il décide de se coucher au lieu.
 
Loin de moi l’idée de me prétendre nutritionniste mais de ce que j’ai lus récemment, 159% de la population nord-américaine aurait de la difficulté à comprendre le concept de «portion». C’est donc normal que l’enfant laisse le ⅔ de son assiette, si dans l’assiette qu’on lui donne, il y a l’équivalent de trois portions.
 
Le fameux dessert
 
À la base, si un dessert est prévu, il faut modifier ses attentes. Le dessert est automatiquement la partie du repas préférée des enfants. Je ne pense pas qu’un enfant va se gaver volontairement de pad thai au tofu afin d’obtenir le privilège de manger du dessert. L’enfant va avoir faim pour du dessert peu importe ce qu’il arrive. Il pourrait être en train de mourir d’une hémorragie interne parce que son estomac a explosé qu’il voudrait tout de même un morceau de gâteau au chocolat. Pourquoi en arriver là? Il faut simplement prévoir une petite portion du repas principal et une petite portion de dessert. Pas «encore 3 bouchées sinon t’auras pas de dessert!» L’enfant comprend : «Mange ce qui est pas bon jusqu'à ce que t’aies plus faim et après tu pourras manger ce que tu aimes!»
 
Non seulement le dessert devient l’ultime récompense pour l’enfant, comme le sexe pour le mâle adulte mais ça donne une mauvaise réputation à tous les autres aliments qui se trouvent dans son assiette.

N’oubliez pas que plusieurs facteurs entre dans le calcul de la faim d’un enfant : Le montant de barres granola qu’il a mangé en cachette, ce qu’il a volé dans la boite à lunch de son ami à la récréation, l’activité qu’il a fait juste avant de manger, celle qu’il prévoit faire juste après, combien de slapshots il a reçu dans le ventre en jouant au hockey balle, quelle fille ou garçon il a rencontré au parc… des fois, la vie est bien plus intéressante que le pain de viande à maman!