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Discipline: les méthodes d'intervention à éviter

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Le retrait de privilège

 Lorsqu’il n’est pas possible d’associer une punition directement au geste commis, nous pouvons utiliser le retrait de privilège, pour autant que cette privation soit limitée dans le temps. Donc, il faut éviter de retirer le droit de regarder la télé pour deux jours ou de rouler en vélo pendant une semaine: ce n’est pas plus efficace que la perte du privilège pour une soirée ou même pour une heure seulement!

Autre point important: les retraits de privilège ne devraient jamais être des punitions affectives, c’est-à-dire priver l’enfant de moments affectifs bénéfiques. Ainsi, ne privez pas votre enfant du conte au lit, de la visite chez grand-maman, du privilège de jouer au hockey avec papa ou de jouer au jeu de société avec le reste de la famille. Bref, ne lui retirez pas ces moments qui vous permettent normalement de nourrir une belle relation avec lui, de renforcer votre lien d’attachement et votre complicité.

La réparation

 La réparation est une conséquence directement liée au geste commis: ramasser son dégât, ranger les livres à la traîne, s’excuser auprès d’un ami après l’avoir bousculé, faire un câlin à sa petite sœur après un manque de gentillesse… Lorsque la réparation est complétée, la punition est terminée et on passe à autre chose.

Cette méthode permet à l’enfant de corriger le tir de façon positive tout en préservant son estime de soi. Le message qu’on lui envoie alors est le suivant: «Tu as fait une erreur (ce qui est normal puisqu’il est en apprentissage) et maintenant, tu la corriges et essaies de ne plus la refaire!»

Un dernier point, il ne faut pas utiliser abusivement des conséquences, sans quoi elles perdront leur effet: les enfants deviendront «immunisés». Un excès risque aussi d’atteindre leur estime de soi. Nous devons donc leur donner une certaine marge de manœuvre adaptée à leur groupe d’âge et à leur niveau d’autonomie.

Quelles sont les méthodes d’intervention à éviter

Si certaines conséquences sont à privilégier, d’autres peuvent nous sembler efficaces sur le moment, mais sont totalement déconseillées pour le bien-être de notre enfant.

Le dénigrement (violence verbale)

Des règles imposées dans un climat constamment négatif peuvent sérieusement hypothéquer l’estime de soi d’un enfant. Il faut absolument éviter les insultes ou les commentaires dégradants; même lorsqu’ils sont dits sans agressivité ni méchanceté volontaire, ils finissent par donner l’impression à l’enfant qu’il est une mauvaise personne (alors que ce n’est que son comportement qui est inadéquat).

On a parfois l’impression, en tant que parent, que cette méthode a plus d’effet (la provocation le poussera à vouloir changer). IL N’EN EST RIEN! Au contraire, cela peut même accentuer le comportement non désiré.

Dans toutes nos interventions, nous devons faire sentir à notre enfant que ce n’est pas lui en tant que personne que nous remettons en cause, mais son comportement.

Nous devons aussi faire attention de ne pas intervenir devant les autres puisque c’est très humiliant pour notre enfant et que cela ne fera qu’amplifier son désir de s’opposer.

Les répétitions incessantes

Il faut éviter de répéter sans cesse la même consigne. Nos enfants connaissent nos limites et le nombre de fois qu’ils peuvent nous faire répéter une demande avant que nous intervenions. Répéter sans cesse, c’est encourager son enfant à prolonger son opposition et, surtout, à ne pas écouter dès la première demande.

Les menaces

Après les multiples répétitions arrivent souvent les menaces:

«Je t’avertis, si tu ne viens pas ranger tes souliers,
je les mets à la poubelle!»

«Je te préviens, si tu ne vas pas faire ton lit,
tu n’auras plus le droit de jouer à l’ordinateur pour un mois!»

Ces menaces sont bien souvent des conséquences excessives ou rarement appliquées. Informer un enfant de la conséquence qui l’attend ne constitue pas une menace en soi, mais elle le devient si celle-ci est rarement appliquée ou si elle est farfelue, et cela, l’enfant le perçoit assez rapidement.

Encore une fois, c’est votre crédibilité en tant que parent qui est en jeu lorsque vous appliquez des punitions exagérées.

La fessée

Bien que la fessée soit de plus en plus considérée comme une pratique archaïque, bien des parents se laissent emporter par cette claque «qui est partie toute seule» ou ont parfois le goût d’utiliser ce moyen dans une situation hors de contrôle. Devant un comportement inadmissible ou dérangeant de l’enfant, certains parents deviennent exaspérés, ne savent plus comment réagir ou intervenir; ils se sentent impuissants et finissent par céder à la colère et à la fessée. Bien que la situation soit compréhensible, le geste, lui, demeure injustifié.

La fessée représente une perte de contrôle du parent ou une intervention ultime devant son manque de moyens d’intervention. Elle constitue également un «moyen» de communiquer (inefficacement) à l’enfant son désaccord (les parents ont parfois l’impression que c’est la seule façon de se faire comprendre). Bref, la fessée ou la claque devient un moyen de régler ou de pallier un problème de communication ou d’intervention du parent.

Cette technique de punition peut parfois sembler donner des résultats immédiats, mais ce n’est qu’à très court terme. Parce que l’enfant a désormais peur de son parent, il va soudainement (et souvent momentanément) lui obéir et exécuter ce qu’il lui demande, mais les conséquences affectives peuvent être importantes.

La fessée représente un geste très humiliant pour l’enfant, un geste qui porte directement atteinte à son estime de soi, tout en brisant le lien de respect et de confiance entre lui et son parent. Face à une intervention physique soutenue, l’enfant aura peur de faire une bêtise, sera méfiant envers les adultes, hésitera avant d’entreprendre quoi que ce soit et risque de se refermer sur lui-même, ce qui n’est certainement pas bénéfique pour son développement.

Les explications excessives

Il faut également éviter de tomber dans des explications excessives. Expliquez concrètement à votre enfant ce que vous attendez de lui, sans entrer dans des discussions interminables et sans lui faire la morale. Les enfants aiment savoir clairement ce que l’on attend d’eux.

L’indifférence et la banalisation

Il est tout à fait contre-indiqué d’ignorer ou de banaliser les gestes ou les comportements indésirables de son enfant (afin d’éviter d’intervenir). Certains parents ont tendance à avoir cette réaction, entre autres, devant un public. Se sentant mal à l’aise, ils tenteront d’atténuer l’effet en riant nerveusement et en s’abstenant d’intervenir. Bien qu’il soit effectivement conseillé de ne pas réprimander son enfant devant un public, il est fortement souhaitable de se retirer avec lui pour intervenir.

Nous ne devons pas non plus démissionner ni laisser tomber notre demande ou notre consigne par manque d’énergie (de temps) ou simplement dans le but d’éviter les conflits.

La discipline représente probablement, pour nous, parents, le plus grand défi à relever et elle exige de nous beaucoup de persévérance. Cependant, les efforts que nous y mettons lorsque notre enfant est en bas âge en valent la peine: à l’adolescence, il sera plus facile de la faire respecter. Nous sommes aussi tous conscients que cette discipline, si elle est bien appliquée et respectée, amènera nos enfants à se comporter adéquatement dans notre famille, mais aussi en société.

À lire:

Les Psy-trucs, pour les enfants de 6 à 9 ans, éditions de L’Homme, auteur: Suzanne Vallières, 240 pages, 2009