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L'art de la menace efficace

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Quand vient le temps de motiver un enfant à faire quelque chose, les parents peuvent compter sur divers leviers de négociations. Mais encore faut-il trouver le bon.
 
On aime penser aux privilèges, aux récompenses, au renforcement positif… Mais entre vous et moi, on sait fort bien que dans le feu de l’action,  c’est souvent la menace qui se pointe le bout du nez.
 
Ah, la fameuse menace. « Si tu ne ranges pas ta chambre, je vais… (et ajoutez ici quelque chose de terrible pour l’enfant, mais pas trop compromettant pour vous). »
 
Tous les bons manuels nous disent que la menace parentale n’est pas très bonne au niveau pédagogique. Qu’il vaudrait mieux préparer l’enfant à assumer ses actions ou à tout le moins, de faire un choix éclairé. « Regarde mon ange, si tu choisis de mettre le trouble, tu choisis aussi d’aller réfléchir dans le coin. »
 
Mais au milieu d’une crise ou quand la situation est sur le point d’être hors de contrôle, il est bien rare qu’on prenne le temps de s’agenouiller devant notre petit monstre pour lui lire ses droits.
 
En gros, la phrase :
 
« Je comprends que ton exaltation actuelle t’empêche de comprendre que tu déranges les gens autour, mais mon rôle de parent me dicte de te ramener au calme. En cas contraire, nous allons devoir nous retirer de ce lieu afin que tu comprennes l’importance de respecter les consignes. »
 
…devient :
 
« Arrête de crier sinon on s’en va! »
 
Notez bien que nous, les parents, appelons ça un avertissement ou à la limite, de la négociation (Je te donne ceci comme privilège si tu t’engages à respecter cela comme comportement).
 
Mais si nos enfants ont le malheur d’utiliser la même technique sur nous, ça change de nom. Ça devient : du chantage. Question de perspective, j’imagine.
 
Il nous arrive aussi de reculer sur nos menaces. De ne pas tenir nos promesses méchantes. Ça, c’est pas bien. On s’auto-enlève du pouvoir pour la prochaine négociation. Voilà pourquoi il faut faire attention à ce qu’on annonce. Vaut mieux une petite conséquence tenue qu’une grosse menace bidon.
 
Et à l’extrême, quand on sent que la situation dérape et que les circonstances ne sont pas à notre avantage, il existe la méthode ultime : acheter la paix. C’est le moment où les enfants détiennent le gros bout du bâton et où on espère fortement qu’ils ne le découvrent pas. On achète la paix pour éviter le pire.
 
Le problème, c’est qu’en achetant la paix, on lui donne un prix. Et si ça arrive trop souvent, les enfants vont vite comprendre le sens des affaires. La paix ne sera plus jamais gratuite.
 
Dans un monde idéal, on n’aurait jamais à faire tout ça. Mais dans la froide réalité parentale, plus les enfants vieillissent, plus la petite lutte de pouvoir s’accentue. Un passage obligatoire sur le chemin de l’autonomie.
 
Bonnes négociations.