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Ma fille de 5 ans a des comportements agressifs

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Question:
 
Bonjour,
 
Ma fille aura 5 ans dans 2 semaines et présente de plus en plus de comportements agressifs qui nous inquiètent. Lorsqu’elle a un obstacle ou qu’elle a une idée en tête (par exemple devoir mettre un pantalon au lieu d’une jupe), elle fait une crise monstre. Elle devient violente. Elle crie, lance des objets, dit des insultes, nous dit qu’elle va nous tuer. Nous la mettons alors en retrait et elle réagit en se faisant mal à elle-même.
 
Nous avons aussi remarqué qu’elle prend plaisir à faire mal et peur aux chats de la maison. Lorsque nous l’avertissons, elle nit le comportement. Nous l’avons déjà vue faire mal volontairement à des amis à la garderie. Par exemple, elle va faire exprès pour marcher sur les pieds d’un ami ou de le frapper avec sa doudou. Encore là elle nit le tout et fait comme si c’était un accident.
 
Pourtant, elle est également capable d’être gentille, généreuse et affectueuse. Elle va donner des soins aux chats d’elle-même, nous aider dans la maison, nous faire des dessins pour nous aider à guérir lorsque nous sommes malades.
 
Svp aidez-nous à trouver des pistes de solutions car nous avons l’impression d’avoir tout essayer et commençons à nous sentir dépassés par ces écarts de comportements.
 
Réponse: 
 
Bonjour,
 
Je vous remercie pour votre courriel. Il sera sûrement utile pour plusieurs parents. Pour vous répondre, j’ai fait appel à Nancy Doyon, éducatrice spécialisée et coach familial de renom. Son expertise au niveau clinique viendra sûrement vous rassurer et normaliser la situation. 
 
Bonne lecture !
 
Hélène Fagnan, coach familial et fondatrice de Nanny secours
 
 
Bonjour,
 
Les comportements de votre fille semblent, à juste titre, vous causer des soucis et des inquiétudes. Sachez d’abord que l’agressivité est courante et normale chez les jeunes enfants. La partie de leur cerveau responsable de la gestion des émotions, de l’autocontrôle, de l’empathie et du jugement est en pleine construction et ne sera totalement fonctionnelle qu’au début de l’âge adulte.
 
Ils ont aussi encore bien du mal à reconnaître leurs états émotifs et à les exprimer avec des mots. Ainsi, s’ils vivent du stress ou une situation qui leur fait vivre des émotions désagréables, le seul moyen qu’ils ont de l’exprimer c’est à travers leur comportement. Il vous faudra donc vous demander: « Est-ce que ma fille vit une situation difficile ou des émotions qu’elle n’arrive pas à exprimer? » Si vous croyez que c’est le cas, je vous encourage à lui ouvrir la porte afin qu’elle en parle, aussi souvent qu’elle en aura besoin. Elle peut aussi s’exprimer à travers le dessin ou à l’aide de poupées et figurines. L’important est qu’elle sente votre ouverture et votre empathie face à ses sentiments. Un autre bon moyen est aussi de lui refléter les émotions que vous pensez voir chez-elle: « Hum, est-ce possible que, dernièrement, tu sois stressée à cause de…? » Continuez de rester fermes et d’être conséquents face aux comportements répréhensibles, mais ouvrez la porte à l’expression des émotions.
 
Aussi, bien que certains enfants fassent preuve d’une plus grande sensibilité que les autres, ce n’est généralement que vers « l’âge de raison » soit vers huit ou neuf ans que la plupart des enfants seront réellement empathiques et voudront éviter de déplaire ou de blesser les autres. D’ici là, les enfants réagissent plutôt par recherche de plaisir ou tentent d’éviter les désagréments. Parfois, il peut être efficace de sensibiliser l’enfant à l’impact positif et négatif de ses comportements sur ses relations avec les autres: « Tu vois, si tu fais mal au chat, il aura peur de toi et ne voudra plus que tu le caresses… » « Tu as prêté ta poupée à Juliette? Regarde comme elle sourit, je crois que ça va lui donner envie de te prêter des choses elle aussi. »
 
Par ailleurs, vers l’âge de quatre ou cinq ans, les enfants traversent une phase pendant laquelle ils sont en grande recherche de pouvoir. Pendant cette étape, les enfants adorent constater le pouvoir qu’ils ont sur ce qui les entoure, les objets comme les personnes. Certains enfants multiplieront alors les demandes et les caprices pour voir dans quelle mesure les adultes leur obéiront, certains aimeront confronter l’adulte afin de vérifier s’il finira par céder, d’autres s’amuseront à provoquer leurs parents afin de constater qu’ils ont le pouvoir de les mettre en colère. Ce n’est pas de la méchanceté, mais plutôt de la curiosité. L’enfant se demande: « Quelles sont mes zones de pouvoir? Jusqu’où puis-je aller?  Quand est-ce que c’est moi qui décide et à quel moment suis-je obligé d’obéir à l’adulte? » Il est donc possible que les comportements de votre fille ne soient en fait qu’une quête de pouvoir et son besoin de comprendre les liens de cause à effet: «  Que se produit-il quand je fais X-Y-Z? »
 
Pour l’aider à traverser cette période, je vous suggère de camper de façon très claire les situations où elle peut décider et celles où elle n’a pas droit de véto. Par exemple: « Désolée ma grande, ce sont les parents qui décident du repas. Toi, tu peux décider ce que tu manges en premier toutefois. » Mais rappelez-vous que les enfants de cet âge ont besoin d’exercer un certain pouvoir sur leur vie. La technique du choix est alors une belle façon de les laisser décider de certaine choses : « Bon! Faudra ranger tes jouets. Préfères-tu le faire avant ou après le souper? » Évitez aussi d’être constamment derrière elle pour lui dicter quoi faire et diminuez la quantité de reproches et de réprimandes, puisqu’il est fréquent que les enfants trop contrôlés cherchent à contrôler eux aussi.
 
Finalement, ne vous en faites pas trop. Ces comportements ne sont pas le signe que vous avez mal fait votre boulot ou que votre fille a un problème, mais simplement le signe qu’elle a des apprentissages à faire. Et ça tombe bien puisque vous avez encore bien des années devant vous pour tout lui enseigner.
 
Bon succès,