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Qui a peur des crises d’enfants?

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La Fondation Lucie et André Chagnon vient de lancer la campagne de publicité sociale « Gérer ses émotions, ça s’apprend ». Avec entre autres, la vidéo d’un petit garçon qui fait des crises et d’une fillette qui fait de même.
 
Et aussi, ces merveilleuses anecdotes de parents, qui racontent leurs expériences de colères et de crises enfantines. Levez la main si vous ne vous y reconnaissez nulle part. Et si c’est le cas, on en reparler dans quelque temps ;)
 
J’avoue, les crises me font plutôt sourire. Un mécanisme de défense?
 
Il  est vrai que lorsque mon aînée a fait ses premières crises, je ne savais pas trop comment réagir. J’avais une tendance à trop verbaliser et à trop vouloir faire verbaliser … Alors que ma fille elle, ce qui lui convenait sur le moment, c’était de l’ignorer. Bon. C’était plus facile à faire sur le tapis de notre salon, même si j’étais tellement folle que j’avais peur de la traumatiser à vie en ne lui donnant pas d’attention… (Je me suis soignée avec le temps, promis!)
 
J’ai souvenir d’une méga crise dans une pharmacie aussi. J’avais laissé en plan mes achats, pris ma fille sous le bras, tenu la main de son petit frère et on était sortis en quatrième vitesse. Une fois debout sur le trottoir, elle avait cessé.
 
Après 5 enfants, les crises ne m’impressionnent pas vraiment. Je sais qui de ma marmaille, partira en marchant trop fort quand je ne serai pas une mère « cool ». Je peux prévoir le nombre de secondes que ça prendra pour qu’ensuite, la porte de chambre claque. Je sais qui viendra me reparler après une colère,  qui fera comme si de rien n’était. Qui boudera, qui pleurera, qui aura envie de casser un truc.
 
Remarquez, il me reste un poupon, qui me fera peut-être changer d’idée plus tard, qui sait?
 
En tout cas, je trouve ça normal, les crises. À la maison, dans l’auto, au magasin, chez le médecin, sur le trottoir… On ne sait jamais quand ça peut surgir.
 
Et on n’est toujours bien pas pour s’encabaner au cas où ça arrive!
 
Pourtant, j’ai l’impression que depuis quelques années, la tolérance aux crises s’est amoindrie dans notre société. Au lieu de les voir comme une étape de la vie, on veut les effacer, ou du moins, les polir.
 
Alors, quand elles surviennent, on y porte plus attention, on juge plus les parents et les enfants. On s’irrite, on critique, on oublie de sourire ou de simplement, passer notre chemin.
 
Peut-être que si, comme adultes, on se permettait de faire des crises de temps en temps, on serait plus tolérants?
 
Dans le fond, je gage que ceux qui acceptent le moins les crises sont ceux qui sont le plus jaloux des enfants qui s’en permettent!
 
Essayez ça chez vous! (Parce que c’est moins gênant qu’au centre commercial!)
 
Un jour où vous en aurez votre claque de ceci ou cela. Que la peine, la colère, le découragement seront trop forts…
 
Roulez-vous par terre, criez un bon coup, faites des grimaces au mur en imaginant y voir ceux qui vous font…
 
Déchirez du papier ou du vieux linge, lancez des oreillers (ou de vieilles assiettes si ça ne vous dérange pas de ramasser). Donnez des coups de pieds à des objets, sautez, défoulez-vous!
 
Je pense vraiment que les crises ne sont pas nocives, si on apprend à bien les canaliser. Si comme adultes, on se permettait et on permettait à nos enfants d’exprimer des trop-pleins de façon « non dangereuse » pour ensuite, nommer les véritables émotions sous-adjacentes, le monde ne s’en porterait pas mal.
 
Car le danger avec les émotions, ce n’est pas de les exprimer.
 
C’est de les refouler…
 
Un enfant qui apprend à exprimer ce qu’il ressent, peu importe ce que c’est, de façon de plus en plus adéquate avec le temps, a pour moi une bonne longueur d’avance sur bon nombre d’adultes qui ne savent même pas ressentir vraiment ce qui est en eux…
 
Ce que je retiens de la campagne citée plus haut, c’est que :
  • Les crises sont normales
  • Apprendre à exprimer nos émotions, c’est important
  • Même si c’est dur à croire, parents d’enfants « criseux », vous n’êtes pas seuls!!!