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Sieste difficile

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Question:
 
Bonjour,
 
Mon fils de 2 ans hurle dès qu'il voit son lit à la sieste. Jusqu'à présent il dormait 1h30 à 2h chaque sieste. Il y a un mois, il a commencé à ne dormir que 30 à 45 minutes et maintenant, il refuse même de s'allonger, il reste debout à crier. Le rituel n'a pourtant pas changé (musique et bisou).
 
Nous avons tenter de le rassurer mais il reste agrippé à nous en criant. Nous l'avons laissé pendant une heure, il ne s'est pas calmé du tout. Il est pourtant épuisé, il suffit qu'on fasse des courses pour qu'il s'endorme directement dans la voiture. Il a donc besoin de cette sieste et manque de sommeil.
 
Il s'endort seul le soir sans souci dans ce même lit.
 
Merci d'avance pour vos conseils,
 
La maman de Ethan.
 
Réponse:
 
Bonjour,
 
Ce n’est pas toujours facile de comprendre ce qui se passe dans la tête de nos tout-petits. Ce serait très pratique s’ils pouvaient à l’occasion nous informer clairement : « Maman, je ne dors pas bien parce que je traverse une période où j’ai peur d’être seul dans ma chambre. Pourrais-tu rester avec moi s’il-vous-plait ? » Hélas, à deux ans, c’est au-dessus de leurs capacités. Cependant, nous pouvons explorer différentes pistes et, possiblement, trouver des moyens d’aider votre petit trésor à retrouver le sommeil plus calmement.
 
Des changements ?
 
Vous mentionnez que la situation perdure depuis environ un mois, et ce, même si le rituel n’a pas changé. Toutefois, y aurait-il eu un événement à l’origine de ce changement ? Une situation angoissante, une peur qui aurait pu provoquer cette réaction ? Ou encore un moment où les microbes auraient été présents et qui auraient pu provoquer un inconfort? Parfois, il suffit de peu pour déstabiliser la routine d’un enfant et créer une association négative.
 
Vous pourriez questionner son éducatrice (s’il fréquente une garderie/CPE) afin de vérifier comment la routine de la sieste se déroule de son côté.
 
Peur d’être seul ?
 
Le jour, votre fils arrive-t-il à s’occuper un peu par lui-même ? Est-il capable de jouer calmement pendant que vous préparez le repas ou, au contraire, a-t-il besoin d’être près de vous, voire même dans vos bras ? En général, fait-il preuve de patience ?
 
Si ce n’est pas le cas, je vous inviterais à tranquillement apprendre à votre garçon à patienter. Il est normal de répondre rapidement aux besoins de bébé. Par contre, en vieillissant, il doit apprendre à patienter et à accepter que l’adulte soit présent, même s’il ne répond pas immédiatement à son besoin. Et être seul dans sa chambre pendant la sieste, c’est long !
 
Alors vous pourriez faire des petites pratiques le jour. Par exemple, lorsqu’il réclame vos bras, posez un regard bienveillant sur lui en nommant ce que vous percevez de son besoin, sur un ton calme et rassurant : « Tu aimerais que maman te prenne ? Attends un peu que je termine… » Puis, terminez votre tâche (quelques minutes) sans vous précipiter et sans chercher à le distraire. Votre présence se fera rassurante, mais il devra tout de même pratiquer la patience et tolérer le fait que vous ne lui répondiez pas dans la minute. Progressivement, vous augmentez le temps d’attente. En général, la nuit, il faut attendre longtemps avant de revoir maman et papa. Alors, on se pratique d’abord dans la journée.
 
Une peur devenue habitude ?
 
Il se pourrait que votre garçon n’arrive plus à se coucher calmement, simplement parce qu’il ne sait plus comment faire. Qu’est-ce qui est à l’origine de ce changement (la toute première fois qu’il s’est mis à ne plus vouloir se séparer de vous) ? Comment aviez-vous réagi ? Que s’était-il passé ? Comment avez-vous agi la deuxième, puis la troisième fois ?
 
Nous apprenons beaucoup de choses par habitude. La première fois, peut-être était-il malade. Peut-être avait-il simplement envie de rester avec vous. Puisque ce comportement était inhabituel, peut-être êtes-vous restée avec lui pour le rassurer. Et si la même chose s’est reproduite une deuxième fois, puis une troisième... Désormais, pour votre coco, la manière de s’endormir doit passer par les pleurs. Si tel est le cas, vous pourriez privilégier une méthode de séparation progressive : la première semaine, vous restez près de lui, mais il demeure dans son lit. Vous lui répétez doucement « dodo » en restant près de lui. Ignorez ses efforts à essayer de se coller sur vous. À l’occasion, regardez-le en lui disant « dodo ».
 
Votre présence le rassurera, mais votre attitude de « maman-robot » ne nourrira pas son gain d’attention. Puis, la deuxième semaine, vous pouvez faire la même chose, en plaçant une chaise un peu plus loin de son lit. Vous adoptez toujours la même attitude. Finalement, la dernière semaine, vous pouvez placer votre chaise à l’extérieur de sa chambre, mais visible afin qu’il puisse vous voir. Cette méthode est parfois moins anxiogène que de le laisser pleurer tout en étant absente. Il apprend à s’endormir avec votre présence rassurante puis, graduellement, à s’en détacher et à s’endormir seul.
 
Apprivoiser la chambre
 
Il ne semble pas y avoir de problème avec sa chambre, puisque le soir, tout se passe bien. Toutefois, il pourrait être intéressant d’apprivoiser sa chambre afin de renforcer un sentiment de bien-être dans ce lieu. Dans la journée, soit le matin ou même après la sieste, prenez le temps de faire de petites activités agréables dans sa chambre : lire un livre, faire des chatouilles, jouer avec des blocs… Le but est d’associer un sentiment de bien-être à cet endroit.
 
Revoir le petit train du sommeil
 
Nous avons tous un cycle de sommeil et il est différent pour chacun. Je comprends que votre fils semble encore avoir besoin de ses siestes (selon vos observations) et c’est généralement le cas pour un enfant de cet âge. Toutefois, se pourrait-il que son moment de fatigue, le moment où son « petit train du sommeil » passe ait changé ? Observez davantage les signes qui vous indiquent qu’il est fatigué. Fiez-vous moins à l’heure affichée au cadran. Les enfants s’endorment généralement mieux lorsque nous les « attrapons » au bon moment.
 
Conclusion
 
Prenez le temps de réfléchir aux différentes approches et solutions proposées ci-haut. Observez bien votre enfant et votre propre attitude avant et au moment de la sieste. Les réponses aux questions ci-haut vous donneront des informations qui vous guideront vers les solutions à privilégier. Acceptez de consacrer plus de temps et d’énergie dans les prochaines semaines à leur mise en pratique. Concentrez-vous sur cette étape et soyez plus indulgente ailleurs. Pour le moment, misez sur la constance afin de réintroduire progressivement la sieste dans votre routine familiale. Au besoin, n’hésitez pas à faire appel à un coach familial de votre région.
 
 
Mélanie Dugas, coach familial
Fondatrice de GranDire