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Toi qui intimides, je voudrais te parler…

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J’ai régulièrement écrit sur ceux et celles qui subissent de l’intimidation. Entre autres dans Ignore-les et dans Lettre à toi, qui iras à l’école à reculon
 
En cette rentrée 2017 qui s’approche (trop) rapidement, j’ai envie d’écrire à ceux et celles qui intimident d’autres jeunes… (Remarquez que les adultes intimidateurs existent aussi; si le chapeau vous va, vous savez quoi faire…)
 
 
Salut toi,
 
Dans l’imaginaire collectif, tu es probablement un petit bum en manque d’amour ou une belle fille tout de même insécure et jalouse comme dans la plupart des films d’ados…
 
Dans la réalité, tu es notre petit voisin au regard d’ange, la jeune gardienne au sourire rassurant.  L’enfant de notre collègue, l’élève modèle qui collectionne les mentions.  Évidemment que tu peux aussi être le petit bum ou la frustrée. Tu peux être autant l’enfant comblé d’amour et d’attention par des parents désireux de bien faire que le jeune livré à lui-même à minuit dans un parc de quartier mal famé. Tu es riche, tu es pauvre, tu as du succès ou tu n’en as pas. Tu affiches ton mépris en plein jour ou en trollant sur les réseaux sociaux…
 
Peu importe l’étiquette que tu portes.  Si tu colportes des propos haineux ou rabaissants. Si tu poses des gestes violents de façon délibérée.  Si tu trouves ça drôle de te valoriser en rabaissant autrui. Si tes propos et actions se répètent sans cesse. Si tu cherches à profiter du mal que tu fais… 
 
Si tu…
 
Ah et puis, tu le sais!
 
Tu n’es pas stupide; tu le sais ce que c’est, l’intimidation. On t’en parle partout, sur tes réseaux sociaux. Tu assistes à des conférences 5 fois par année sur le sujet, à l’école. 
 
Et ne viens pas me dire que tu ne vois pas la tristesse dans les yeux de celui ou celle que tu harcèles.  Que tu ne comprends pas le mal que cette personne peut ressentir! 
 
D’instinct, tu le sais que c’est cruel, ce que tu fais.  À moins d’être un réel psychopathe dénué de toute empathie ou d’avoir été élevé(e) dans une cage, tu le sais…  Même un animal le ressentirait…
 
Peut-être que tu le sais parce que tu l’as subit? Alors tu te dis que faire souffrir les autres t’apportera un sentiment de justice? Un soulagement? Que tu ne seras plus seul(e) ainsi?
 
Peut-être que tu n’as aucunement subi d’intimidation, mais que tu as un grand besoin d’avoir du pouvoir sur les autres, d’avoir une gang de moutons qui t’admirent ou te craignent?
 
Peut-être que tu es tellement « pogné(e) » que tu penses que faire rire la galerie avec tes blagues (qui n’en sont aucunement) sur autrui t’aidera à prendre confiance?
 
Peut-être que tu ne veux juste pas assumer que c’est con, ce que tu fais, et que tu affirmes que les personnes intimidées courent après leur trouble? En étant différents, en ne s’affirmant pas assez ou en osant trop le faire?
 
Je ne sais pas pourquoi tu fais ça. Je sais juste que ça ne fera aucunement de toi un adulte meilleur.  Je sais juste que ça ne t’apportera aucun gain réel d’ici là non plus.
 
Je sais qu’on est en 2017, et que tu n’as plus aucune excuse pour continuer d’intimider.  
 
Rendu là, c’est ton choix. 
 
Et tu n’as pas l’air plus intelligent(e) si tu décides de continuer.  Ça ne t’embellit pas, ça ne fait pas de toi quelqu’un d’intéressant.
 
Peut-être que tu ne liras pas ce texte.  Mais je l’écris. Au cas. Parce qu’il faut toujours espérer.
 
Et là, j’espère que pour la rentrée 2017, il y aura quelques intimidateurs de moins et quelques intimidés qui pourront réapprendre à sortir sans crainte.  Et quand je dis rentrée, je veux dire toute l’année, vacances incluses.
 
Si vraiment tu intimides pour soulager tes problèmes, stp, va consulter un adulte, un pro, un psy… Parce que ce n’est pas juste aux victimes de s’aider; tu fais partie prenante du problème… donc de la solution aussi.
 
Faut juste que tu le veuilles…
 
 
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