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Trop jeune pour être sexy

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Tout sur la rentrée

Notre fillette de 11 ans insiste pour s'habiller comme ses idoles de la chanson; elle réclame des camisoles «bédaine» et même de nouveaux sous-vêtement sexy. Comment parler d'hypersexualisation avec elle?

Les idoles de mon enfance s'appelaient Valentina Terechkova, Marie Curie, George Sand et Florence Nightingale. Elles étaient cosmonautes, physiciennes, écrivaines ou... infirmières, Ces modèles de courage, de passion et d'obstination ont suscité des vocations et ouvert la voie à bien des jeunes filles désireuses d'aller au-delà des stéréotypes féminins de la vamp.

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. On pourrait croire que le féminisme a tout changé et que nos filles sont dorénavant libérées des clichés qui nous ont accompagnés alors que nous grandissions. Erreur! Il semble que les stéréotypes ne font que muter pour se renforcer.

«Les fillettes ne se projettent plus dans des fantasmes de mère, pas plus que dans des rêves de femme active et autonome; maintenant, elles se projettent dans un fantasme de femelle bandante», écrit la sexologue Jocelyne Robert dans son ouvrage Le sexe en mal d'amour *.

Des idoles déconcertantes

Les modèles des jeunes filles d'aujourd'hui se prénomment Britney, Christina, Paris et Rihanna. Et les séries de téléréalité ouvrent grand les bras à ceux et celles qui rêvent d'une célébrité instantanée. Les cours des écoles secondaires sont pleines d'aspirantes vedettes hip-hop sanglées dans l'uniforme du genre: débardeur décolleté, pantalon taille basse et string apparent. Et nombreuses sont les ados à rêver d'une augmentation mammaire... En cette ère de surconsommation, les diktats de la beauté n'ont plus de fin.

L'obsession de la perfection

Dans ces conditions, pas étonnant que la boulimie et l'anorexie fassent tant de ravages! «La préoccupation des fillettes prépubères [d'avoir un corps de mannequin] frôle dorénavant l'obsession: [elles se trouvent] trop grosses, trop ventrues, [elles jugent qu'elles ont] trop de cuisses, pas assez de seins, trop de poils, écrit Jocelyne Robert. Elles sont nombreuses à sentir qu'elles existent strictement dans et par le regard de l'autre, l'autre étant la prunelle masculine.»

La sexologue-clinicienne Candy Carrier nuance ces propos: «Rechercher le désir dans le regard de l'autre n'est pas mauvais en soi; cela fait même partie du développement normal de la sexualité. Ce qui est problématique, c'est le fait d'y rechercher ou d'y trouver sa seule source de valorisation. La construction de l'estime personnelle de nos enfants passe par l'exemple que nous donnons en tant que parents», souligne Mme Carrier. Alors, pensons-y à deux fois avant de nous plaindre de nos rides, de nos vergetures ou de notre ventre!

Une question de valeurs

Même si notre fille nous réclame à cor et à cri des strings, de faux piercings et du maquillage, rien ne nous oblige à satisfaire ses demandes. Nous devons d'abord nous poser des questions sur nos valeurs et sur celles que nous souhaitons transmettre. Nous devons donc discuter avec notre ado pour savoir pourquoi elle privilégie un vêtement sexy plutôt qu'un autre plus confortable.

De plus, comment dire à notre fille qu'elle doit respecter son corps? Comment la mettre en garde et lui expliquer que l'image qu'elle projette peut la mettre en danger?

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