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BESOINS PARTICULIERS : mais où sont les papas? 1re partie

Développement de l'enfant image article
En 2009, j’ai commencé à bloguer dans mon sous-sol alors que j’étais isolée, désespérée et épuisée. Pourquoi? Parce que j’ai simplement suivi les conseils de deux personnes qui ont eu une influence importante sur le cours de ma vie et par ricochet, sur ma famille, mes amis, mais aussi des milliers de personnes, peut-être même vous?
 
Me faire du bien, faire du bien
 
La première, c’est une journaliste, suite à une entrevue, donnée à « titre de parent d’enfants différents ». À la fin de notre appel, elle m’avait demandé si je connaissais les blogues et les forums. À l’époque, je n’étais même pas « branchée », mais elle croyait que de lire les textes de jeunes mamans me ferait du bien. Elle m’a aussi encouragé d’écrire moi-même, parce que ma propre histoire, mon propre quotidien ayant des enfants à besoins particuliers pourrait aussi faire du bien à d’autres ne se reconnaissant pas dans ce qui se faisait à l’époque.
 
Un groupe de soutien
 
La deuxième, c’est un psychiatre qui venait de m’évaluer, à la demande de mon employeur, parce que j’étais en congé de maladie. Il m’avait dit : « Mme Philippon, ce que vous vivez est vraiment difficile, vous auriez besoin d’un groupe de soutien de parents d’enfants handicapés et/ou malades. » Rien de tout ça n’existait dans mon coin.
Avec le recul, je réalise que c’est ce que j’ai fait.
 
La naissance de Mamanbooh
 
J’ai donc commencé à suivre des blogues, à commenter, etc. Il y avait un bouton sur lequel était écrit « Bloguez vous aussi » en haut à droite de chaque billet et un matin, j’ai simplement cliqué dessus : c’est ainsi que j’ai créé mon blogue Mamanbooh.
 
Au début, j’y partageais notre quotidien, nos rendez-vous à Ste-Justine, les nouveaux mots prononcés, les petites victoires, mes grosses peines, nos activités, nos bricolages, etc. Je pensais honnêtement n’être lue que par ma mère et ma belle-mère. C’était un peu comme une infolettre qui donnait de nos nouvelles à la famille!
 
Une nouvelle communauté de mamans blogueuses
 
Je prenais des photos dans la journée et une fois les enfants couchés, vers 20h00, je m’installais devant l’«ordinosaure» familial pour écrire sur notre journée, le recul aidant, ça me permettait aussi de voir les événements du jour autrement, d’analyser un peu, de façon moins émotive.
 
Tranquillement, j’ai commencé à appartenir à une communauté naissante et dynamique, « les mamans blogueuses ». C’est aussi ainsi que je me définissais, j’étais surtout lue par des mamans et c’est avec elle que je communiquais, que je m’identifiais. D’ailleurs, plusieurs copinautes de l’époque sont devenues des amies précieuses que je côtoie au quotidien encore aujourd’hui.
 
Documenter notre quotidien
 
Avec du recul, je vois toujours et encore mon blogue personnel comme une façon de documenter notre quotidien, notre vie. J’y retrouve plusieurs détails que j’aurais oubliés autrement. Même chose pour les photos, c’est comme un gros album familial de ma vie de maman.
 
Mais documenter notre quotidien ne veut pas dire exposer ma famille à 100 % même si plusieurs le croient. Je ne partage pas 5 % de ce que nous vivons, ce n’est vraiment pas plate par chez nous, croyez-moi! Par contre, je dois respecter les désirs de mon conjoint et/ou de mes proches, de ne pas (trop) les exposer. Ils sont présents, mais on ne les voit pas, on lit rarement sur eux, ils semblent absents.
 
Ce n’est pas parce que je n’en parle pas qu’ils n’existent pas!
 
Mais cela a l’effet un peu sournois : certains croient qu’ils ne sont pas là, qu’ils n’existent pas, ce qui est faux. Je suis aussi plus sélective dans les tranches de vie que je partage parce que mes enfants grandissent, que je ne veux pas trop les exposer ni leur créer de torts. J’essaye d’être transparente, de mettre des mots sur nos maux, de parler de belles et moins belles choses, sans tomber dans la victimisation ou vouloir faire pitié.
 
Je suis la maman de deux trésors précieux. Nous vivons avec mon chum, qui est aussi leur papa, alors qu’on dit souvent que 85 % des couples ne survivent pas à la maladie et/ou aux handicaps ou encore au décès d’un enfant. Nous en avons deux. Nous sommes encore ensemble, nous ne trouvons pas ça facile toujours, nous vivons au jour le jour et savons très bien que cet équilibre est fragile.
 
Conciliation travail - famille - maladies - handicaps
 
Avec mon conjoint, nous faisons une équipe et nos tâches sont basées sur nos forces et nos réalités. C’est moi qui a pris les congés de maternité et qui suis plus impliquée dans les suivis et les thérapies des enfants depuis toujours. Gagnant le plus petit salaire des deux et ayant la possibilité de jouer avec mon horaire (en fait, j’ai pris ma retraite de l’enseignement), comme dans plusieurs familles, c’est les choix que nous avons faits à deux. Des fois, je l’envie quand il part travailler à l’extérieur ou qu’il s’enferme dans son bureau. Mais, je sais que lui aussi, il aimerait prendre ma place parfois, que c’est stressant d’être la personne sur qui repose la charge financière de faire vivre une famille qui a beaucoup de besoins (on ne parle pas de désirs ou de loisirs ici), mais moins de revenus.
 
C’est notre façon de concilier travail-famille-maladies-handicaps, d’offrir à nos enfants la chance de revenir directement à la maison après l’école, etc. Comme la plupart des parents, nous avons mis tous les deux des rêves et des désirs de côté, mais contrairement à eux, on devra peut-être le faire plus longtemps. N’ayant pas beaucoup de pouvoir sur cela, on essaye juste de ne pas trop y penser et honnêtement, de faire de notre mieux.
 
Mais, ils sont où les papas?
 
Depuis quelque temps, je repartage des textes écrits plus anciens, ou encore, des extraits de mes livres. Souvent, ils s’adressent aux mamans, un des plus populaires porte le titre de «Mères-Courage» et je reçois des commentaires comme quoi qu’il n’y a pas juste des «mamans » qui sont courageuses, qui s’occupent des enfants, des soins, des thérapies, etc.
 
C’est vrai et je n’ai jamais dit le contraire.
 
Mais sachant qu’au départ, j’écrivais avec mon cœur de maman, pour des mamans, ça explique un peu le contexte. Il y a aussi ma réalité que je viens de vous partager, mais aussi celles de milliers de familles et c’est avec des faits et des chiffres que je vais mieux répondre à cette question dans mon prochain billet.
 
En attendant, d’après vous, votre réalité, ils sont où les papas? En êtes-vous un? Comment ça se passe dans votre famille?