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Casse-moi les oreilles, jeune homme

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Cette semaine, mon garçon est monté sur scène avec d’autres élèves de sa classe pour le spectacle annuel de la commission scolaire. La performance du groupe était tout simplement exceptionnelle. Mais au-delà de l’ensemble, quand j’ai vu mon petit loup manier sa basse du haut de ses 10 ans pour jouer du Woodkid, j’ai eu un frisson de satisfaction. La musique, ça ne peut que faire du bien, dans une vie.
 
On ne choisit pas les passions de ses enfants. Mais si j’avais un mot à dire, j’aimerais beaucoup qu’il développe sa passion musicale en plus de son immense passion pour le sport. Oui oui, même s’il doit un jour avoir un groupe et nous casser les oreilles dans le garage.
 
Je ne découragerai jamais mes enfants de jouer de la musique. Même dans un band de punk métal, même si ça fait du bruit dans la maison, même si ça l’incite un jour à se faire pousser les cheveux longs (ou les colorer, ou les raser, ou les mutiler), même si ça augmente statistiquement les chances de croiser un jour plus d’alcool et de drogues.
 
Malgré tout ça, je lui souhaite de continuer à jouer, parce que la musique, ça pourrait devenir une bouée de sauvetage dans cette période tumultueuse qu’on appelle l’adolescence.
 
On ne sait pas ce que l’avenir réserve. Mais on sait qu’à l’adolescence, ce sont nos attaches qui nous permettent de garder la tête hors de l’eau trouble. La musique peut devenir une bouée. Tout comme le sport. L’art. Les amis. Et même les parents.
 
Chaque domaine emmène des avantages. Le sport valorise le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, le sentiment d’appartenance et permet aussi de faire sortir le méchant. Très utile, quand on est ado.
 
L’art permet de communiquer différemment. De s’exprimer sans filtre, quand les mots sont trop difficiles à sortir. Par le théâtre, l’impro, la peinture, le dessin, la poésie, n’importe quoi. Et dans certains cas, ça permet aussi un grand apprentissage : apprendre à être seul avec soi-même. Une connaissance inestimable, qui prend une importance tout au long de sa vie.
 
Je classe la musique dans les bouées de sauvetage. Ça aussi ça stimule une foule de facultés en nous. La dextérité, bien sur, mais aussi la concentration, l’esprit de groupe, la volonté de s’améliorer, le petit buzz qui vient avant de monter sur scène et le plaisir de créer.
 
Parfois, après une performance sur scène, on peut être aussi zen qu’au terme d’une bonne séance d’entraînement. Donner un spectacle, ça doit aussi stimuler la production d’endorphines.
 
Musique, sports, arts, culture générale, voilà une bonne base dans son coffre à outil. Tout ça en étant bien entouré d’amis positifs. Et de périodes solitude salutaire. On peut affronter bien des tempêtes, quand on sait naviguer dans tout ça.
 
Alors oui, mon garçon, continue à jouer de la musique. Joue à t’en user les doigts, joue à m’en user les oreilles. Ma vieille guitare basse dort dans son étui depuis trop longtemps. Telle l’épée sacrée qui passe de père en fils, je te la lègue avec plaisir.
 
Mais dans ce cas-ci, ça ne peut qu’apporter du bien.