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Garçons et filles

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Garçons et filles

Si les bénéfices d'une saine relation maître-élève sont appuyés empiriquement, on constate à l'inverse qu'une relation conflictuelle est souvent associée à des résultats scolaires moins bons, à une baisse d'intérêt chez l'élève et à un sentiment de compétence compromis. À cet égard, il est à noter que les enseignantes ont souvent plus de relations négatives avec les garçons qu'avec les filles. Comme ce sont plus souvent des femmes qui enseignent au primaire, on soupçonne que les enseignantes ont plus d'affinités avec le comportement des filles.

«Elles sont plus enclines à donner plus d'encouragements positifs aux filles qu'aux garçons, souligne Michèle Venet. Par contre, quand elles sont confrontées à des enfants opposants, agressifs, hyperactifs – les garçons sont plus extériorisés et plus physiques – les enseignantes sont souvent démunies et se retrouvent parfois dans des situations qui favorisent des conflits.»

Pour la professeure, cela met en relief la nécessité de mieux soutenir les enseignantes. Cela soulève aussi des questions sur la nécessité d'intéresser davantage les hommes au métier d'enseignant. Quant à l'organisation scolaire, le nombre d'élèves par classe fait aussi partie de l'équation.

«Les études montrent qu'au début du primaire – jusqu'à la 4e année – il serait préférable de limiter le nombre d'élèves de 15 à 20 par classe, souligne la chercheuse. De trop gros groupes nuisent à l'établissement d'un lien solide avec l'enseignante, et ils offrent plus d'occasions d'incidents.»

Conditions de travail

La possibilité pour les enseignantes de créer de bonnes relations avec leurs élèves tient beaucoup à leurs conditions de travail. Pour l'enseignante, il n'y a pas de stratégie ou de recette pour créer de bons liens avec l'élève. Cela tient plutôt à une façon d'être et sur la façon dont l'enseignante perçoit son métier.

«L'enseignante doit se voir comme une personne en relation avec de petits êtres humains, explique Michèle Venet. Dans une situation idéale, l'enseignante ou l'enseignant doit faire preuve d'enthousiasme, de chaleur, de joie et d'humour pour créer un climat positif. Il faut aussi structurer les activités en classe en suivant un cadre assez clair, puisque les enfants sont très vulnérables à la désorganisation, et en favorisant l'engagement des élèves dans les tâches scolaires.»

Pour Michèle Venet, il ne faut pas envisager la relation élève-enseignante comme une relation d'amitié, mais plutôt comme un élément clé de la réussite des élèves.

«Au fond, ce que souhaitent les jeunes, c'est d'apprendre. Une étudiante finissante m'a laissé lire des mots que ses élèves lui avaient écrits en fin d'année; rarement les élèves l'ont remerciée d'avoir été «fine»; par contre, nombreux sont ceux qui lui ont dit: "Merci, avec toi j'ai beaucoup appris!"»

 

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