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Je te souhaite de l’amour

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Cher enfant,
 
Tu n’es pas mon enfant, tu es tous les enfants. Aujourd’hui, je pense en effet à eux tous, à vous tous.
 
À toi, petit poupon qui est né là où on ne te voulait pas vraiment, là où on ne sait pas trop quoi faire de toi.
 
À toi, qui dois vivre avec une maladie complexe, nécessitant des soins particuliers, onéreux et parfois non couverts.
 
Et à toi, qui te sens bien désemparé dans le monde scolaire, où tu vis peut-être de l’intimidation, ou qui n’arrive pas à t’accompagner dans tes défis d’apprentissage.
 
À toi, que des étrangers… ou des proches agressent, violentent, exploitent. Toi qui est trop petit pour crier assez fort à l’aide. Toi dont personne ne prend le temps de décoder les regards et les silences, parfois même les bleus…
 
Je pense à toi, qui doit rentrer seul à la maison, la clef dans le cou parce que tes parents ne peuvent pas payer le service de garde.
 
Toi, qui n’a pas accès à des services qui pourraient t’aider à te sentir mieux, à évoluer plus facilement dans la vie. Parce que c’est encore trop cher, parce que les listes d’attente s’étirent jusqu’à ta majorité. Parce que trop près de la majorité, il y a pénurie de services.
 
Toi qui connais tellement trop ce qu’est l’anxiété, la pression, la peur, le jugement…
 
Je pense à toi, qui se retrouve démuni et étourdi au sein de notre système de « justice » et qui n’obtiendra peut-être pas, justice…
 
Et qui te demande probablement pourquoi, on en demande de plus en plus aux enfants en leur offrant moins de support qu’avant.
 
Qui vois tes parents de plus en plus stressés, déconcentrés, « ailleurs »…
 
On te demande souvent de réfléchir en adulte, de t’exprimer mieux qu’une adulte. De nommer tes émotions, de les exprimer de façon socialement acceptable.

On te dit que tout va bien aller, mais tu peux douter de la parole des adultes. Après tout, ils semblent eux-même dépassés…
 
La Saint-Valentin approche. Peut-être recevras-tu une peluche, un coeur en chocolat, une carte… Peut-être pas.
 
Moi, ce que je voudrais te souhaiter, enfant de partout, c’est de l’amour.
 
Je voudrais que tu en reçoives un gros chargement, que tu pourras savourer toute l’année.
 
Je voudrais qu’il provienne de partout, de tout le monde.

D’un professeur qui prend la peine de te nommer tes qualités. D’un médecin qui prend le temps d’analyser tous tes symptômes. D’un voisin qui te vient en aide quand tu sembles en difficulté. D’un intervenant social, qui n’a pas peur de trop s’investir émottement avec toi. D’un avocat de la défense qui ne tentera pas de discréditer ta parole au tribunal.
 
Je voudrais que tes parents qui ne s’entendent plus, te mettent réellement au centre de leurs préoccupations, au lieu de te vouloir « 50-50 » comme un bien meuble lors de séances de médiation.
 
Je voudrais que le gouvernement, qui radote tellement qu’il a ton bien-être à coeur, agisse dans ton intérêt, pour vrai. 
 
Je voudrais, qu’en signant des contrats, des chèques, etc, on pense à TOI.
 
Je voudrais que, quelle que soit ta condition actuelle, tu reçoives de l’affection sincère, saine. Et ce, que tu aies 1 mois, 6 ans ou 14 ans. Car des marques d’affection, on en a besoin à tout âge.
 
Certains me traiteront d’idéaliste, d’émettre ces souhaits pour toi, cher enfant qui résume tous les autres dans ma tête et dans mon coeur. Libre à eux.
 
Moi je me dis que si une ou deux personnes qui lisent ceci choisissent de t’envoyer un peu plus d’amour, ce sera ça de gagné; un enfant aura peut-être droit à un sourire ou à un geste altruiste inattendu…
 
 
Juste en t’écrivant, je sens mon coeur s’agrandir… Si on est plusieurs comme ça, on arrivera peut-être à mieux prendre soin de « toi »?