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Jouer au docteur?

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Julie, 5 ans, s’amuse dans sa chambre avec Frédéric, un petit camarade du même âge. Soudain, sa mère ouvre la porte sans prévenir. Surprise! Les deux enfants sont en train de «jouer au docteur» et d’examiner attentivement leurs organes sexuels respectifs…

Ce type de situation est extrêmement fréquent, et rares sont les parents d’enfants de six ans et plus qui ne l’ont pas déjà vécue. Faut-il s’inquiéter et s’alarmer devant l’intérêt de ses petits bouts de chou pour les choses de la sexualité?

Absolument pas, car tout cela fait partie du processus normal du développement sexuel, aussi bien sur les plans physiologique que psychologique. Voici un bref tour d’horizon de cette grande aventure, qui commence dès que l’enfant vient au monde.

À la découverte de son corps

Dès sa naissance, le nourrisson est prêt à téter et entre de plain-pied dans le «stade oral». C’est par la bouche qu’il va éprouver ses premières satisfactions et sensations, entrer en communication avec le monde qui l’entoure. Il suce tout ce qui passe à sa portée : doigts, orteils, objets, le sein de sa mère, etc., et cette activité lui procure un grand bien-être.

Progressivement, l’enfant va investir d’autres parties de son corps, se concentrant désormais sur sa région anale, vers l’âge de 15 mois. Avec l’apprentissage de la propreté, il prend conscience des sensations agréables liées à l’évacuation de ses selles. La rétention ou l’expulsion de celles-ci lui permet également de découvrir le pouvoir qu’il a sur sa mère. Pouvoir de lui faire plaisir en laissant un «cadeau» dans le pot, ou de la contrarier en n’y laissant rien du tout!

Finalement, de deux ans et demi à six ans environ, c’est le moment où l’intérêt de l’enfant se déplace de ses fonctions anales vers ses organes génitaux. Il explore cette partie de son corps, intrigué par tout ce qui concerne la génitalité. C’est le stade phallique.

«Si on jouait au docteur?»

Comme le souligne Jocelyne Robert, sexologue, pédagogue et auteure de nombreux ouvrages sur la question: «Le développement psychosexuel à cet âge se caractérise par une multitude de manifestations. Fasciné de grandir, de connaître, d’expérimenter, l’enfant se préoccupe de sa naissance, est heureux d’enrichir son vocabulaire, se renforce dans son identité sexuelle en adoptant des rôles et des jeux qui l’épanouissent.»

C’est donc la période privilégiée pour aller à la découverte du corps de l’autre, car pour se conforter dans son identité sexuelle, l’enfant a besoin de voir, d’observer et de toucher. Ces jeux se pratiquent indifféremment entre frères et sœurs, cousins, cousines, copains, copines.

S’ils sont témoins d’une séance de «docteur», les parents n’ont aucune raison de s’inquiéter ou de projeter leurs angoisses d’adultes en imaginant les pires choses… En fait, il faut surtout éviter  de laisser une impression d’interdit aux acteurs de ces petits jeux, qui pourraient alors développer le sentiment d’avoir fait quelque chose de mal et de «sale».

En outre c’est également l’âge où, fille ou garçon, les enfants prennent plaisir à toucher leurs propres organes génitaux. Ces caresses éveillent chez eux trouble et curiosité, et peuvent servir à évacuer tensions et angoisses. Là encore, pas de panique, car c’est un processus normal qui dure plus ou moins longtemps.

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