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Le Terrible two: Un passage souhaitable?

Développement de l'enfant 2-3 ANS image article
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Le Terrible two a mauvaise presse et donne des sueurs froides aux pères et aux mères. Et si cette «phase du non» était plutôt signe que votre enfant se développe normalement? Regard lucide sur cette terrible période.

Entre 18 et 36 mois, votre angelot pourrait bien voir pousser des cornes sur sa tête. Votre bébé, habituellement si docile, se transforme en véritable petit monstre. Il teste votre patience, pleurniche, s’oppose à vos directives et fait des crises magistrales? C’est le Terrible two.

Votre enfant explore les règles, teste les limites et franchit les interdits pour connaître vos réactions. «Voilà pourquoi il faut réagir et non subir. Comme parent, on a un travail important à faire pendant cette période», explique Nancy Doyon, coach familial et propriétaire de SOS Nancy. (www.sosnancy.com) 

Le Terrible two est une phase incontournable du développement de l’enfant. «Certains sont épargnés, mais c’est très rare», confirme Mme Doyon. Que cette étape soit sautée n’est pas nécessairement une bonne chose. Si l’enfant n’apprend pas à exprimer correctement ses frustrations, le problème ressurgira plus tard.

Isabelle Tremblay, psychologue en neurodéveloppement, trouve rassurant qu’un enfant vive son Terrible two: «C’est une période importante pendant laquelle il développe son autonomie et sa confiance en soi.»

Le Terrible two est une phase du développement pendant laquelle l’enfant n’a pas le vocabulaire nécessaire pour exprimer ce qu’il ressent. Les émotions n’ont pas d’autres exutoires que le corps, puisque l’apprentissage de la parole n’est pas encore terminé.

«C’est comme si on voulait se choquer en espagnol,  on aurait de la difficulté et on finirait par faire une crise parce qu’on ne trouverait pas les mots pour exprimer notre insatisfaction», explique Nancy Doyon.

À cet âge, le bébé réalise qu’il peut décider certaines choses, mais il ne sait pas encore quoi ni comment. Le rôle du parent consiste donc à définir clairement des limites et à les rendre constantes pour faciliter le travail de l’enfant. C’est le tempérament de l’enfant qui dicte les moyens qu’il utilisera pour attirer votre attention.

«Votre bébé va essayer différentes actions pour obtenir ce qu’il veut. Les garçons sont plus explosifs (coups de pied, morsures, cris...), alors que les filles ont tendance à pleurnicher. Lorsque l’enfant obtient la réaction souhaitée, il comprend que c’est l’action à poser pour obtenir ce qu’il veut», explique Nancy Doyon. Les parents peuvent être dépassés par le nouveau tempérament de leur enfant. Mme Doyon tient cependant à les rassurer: «Ce n’est pas un trait de leur personnalité qui ressort. C’est temporaire.»

Beaucoup de parents se sentent menacés par l’opposition de leur enfant et craignent que leur autorité en soit affectée. Suzanne Vallières, auteure de la série Les Psy-trucs (Les Éditions de l’Homme), nous rappelle que la petite enfance se termine à trois ans: «Ces enfants sont encore des bébés; ils ne planifient pas leurs crises. Il ne faut pas en faire une affaire personnelle! Ça ne veut pas dire que vous êtes un mauvais parent.»

Comment gérer les crises

Obéir et céder aux caprices de l’enfant pour éviter la crise est la pire chose à faire, mais le parent doit aussi éviter de se fâcher et de crier. «Si on ajoute notre colère à celle de l’enfant, ça le rendra anxieux. Il ne faut jamais oublier qu’on est son modèle. L’enfant nous imitera», précise Nancy Doyon. Donner trop d’attention à l’enfant pendant la crise peut renforcer le comportement, mais l’ignorer peut créer un climat anxiogène. «Un enfant de cet âge est incapable de s’“autoconsoler”. S’il arrête sa crise, c’est juste par épuisement», précise Suzanne Vallières.

Voici donc la marche à suivre pour désamorcer votre petite bombe humaine: nommez l’émotion de l’enfant et offrez-lui une façon de se calmer. Vous pourriez dire: «Maman comprend que tu sois fâché. Va t’asseoir dans l’escalier avec ta doudou pour te calmer.» Isabelle Tremblay confirme que nommer les émotions permet au petit de les identifier lui-même et réduit instantanément la tension ’qu’il ressent. «Si on propose le retrait, précise Mme Tremblay, ce n’est pas pour punir l’enfant, mais pour qu’’il se calme.»

Justement, il est important d’offrir à l’enfant plusieurs stratégies qui lui permettront de retrouver son calme’’. «Pour la majorité des petits, c’est une action qui sera efficace», souligne Nancy Doyon. Apprendre à l’enfant à respirer calmement, détourner son ’attention vers un jouet qu’il aime’ ou lui offrir d’écouter sa chanson préférée vaut mieux qu’immobiliser l’enfant dans le coin d’une pièce.

Les parents doivent aussi éviter les conséquences éloignées dans le temps, du genre: «Si tu ne t’habilles pas, tu n’auras pas de gâteau au souper.» Les conséquences doivent suivre la crise pour que l’enfant établisse correctement le lien de cause à effet. Et si l’enfant refuse de se calmer? «On s’éloigne en lui disant qu’il nous fera plaisir de lui parler quand il se sera calmé.»

Le parent peut même agir de manière préventive pour éviter des crises. En offrant des choix à l’enfant, le parent laisse croire au petit qu’il a du pouvoir. On peut même ruser un peu et offrir de faux choix: «Si votre enfant refuse de se laver dans le bain, demandez-lui s’il préfère prendre un bain avec son canard ou avec du bain moussant. Souvent, les petits tombent dans le panneau.» On avise aussi l’enfant de ce qui s’en vient: «On lit encore une histoire, et ensuite, tu vas te brosser les dents.»