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L’enfance à deux vitesses

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Quand j’étais jeune, un des grands buts des enfants était souvent d’obtenir un premier vélo à 10 vitesses. On ne savait pas trop à quoi elles servaient toutes exactement, mais Wow! On avait le choix et on faisait cliqueter ça sur nos guidons allégrement.
 
De nos jours, à part pour la bicyclette, c’est seulement deux vitesses qu’on offre à la nouvelle génération. Et pour plusieurs, l’unique choix demeure la plus lente…
 
Junior doit voir un docteur? Même s’il a la « chance » d’avoir un médecin de famille, il se peut fort bien que le sans rendez-vous soit pratiquement impossible à obtenir avec lui.
 
Première vitesse : Courir n’importe qu’elle clinique où il reste un numéro ou tenter de le soigner comme on peut à la maison.
Deuxième vitesse : Une clinique privée se fera une joie de le voir dans la journée ou le lendemain dans le pire des cas.
 
Junior a des besoins particuliers? Orthophonie, ergothérapie,  pédopsychiatrie, etc.
 
Première vitesse : On met son nom sur une liste d’attente. Vous aurez des nouvelles dans six mois, un an, deux…
Deuxième vitesse : Même si dans certaines sphères, il demeure des listes d’attentes au privé, elles seront beaucoup moins longues si les parents peuvent débourser une centaine de dollars la séance.
 
Junior doit fréquenter un service de garde à l’école lors des pédagogiques?
 
Même si le scénario varie d’une école à l’autre  il y a de fortes chances que :
Première vitesse : Il reste dans un local à jouer ou bricoler avec des éducatrices qui font ce qu’elles peuvent, on s’entend.
Deuxième vitesse : Il participe à des activités spéciales dans la cour (pendant que ceux de la première vitesse le regardent par la fenêtre) ou  prenne le bus vers un centre de jeux  parce que ses parents ont payé 25$, 35$ de plus pour sa journée.
 
Sans oublier plein d’autres « petits détails » qui prennent place selon les écoles.
 
Au nom des coupures, certaines écoles retirent même les micro-ondes de leurs cafétérias. Pour manger chaud, à part le Thermos, il restera le service de cantine, quand il y en a un de disponible. Familles au budget serré, plus question d’envoyer des restes du souper pour le dîner des enfants sans tracas.
 
Il y a aussi les histoires de frais de surveillance des dîners, au sujet desquels je vous avouais ma surprise l’an passé. Si vous êtes chanceux à la loterie des écoles, la vôtre vous demandera 75$ annuellement. Mais vous pourriez tomber sur une facture de 400$, 600$... par enfant. Encore là, deux vitesses peuvent s’installer, au moins pour ceux qui habitent à distance de marche de leur établissement scolaire. Une pour ceux dont les parents peuvent payer et une pour ceux pour qui s’est impossible et qui devront aller manger seuls à la maison.
 
Je sais bien que depuis toujours, tout n’est pas égal pour toutes les familles. Mais je m’ennuie un peu du temps où, enfants de riches ou de pauvres, on recevait un berlingot de lait le matin en classe. Dans ce temps-là, même conscients que tous les amis du groupe n’avaient pas le même niveau de vie, il y avait plus de moments où on était tous et toutes, sur un pied d’égalité.
 
Et après les classes, on prenait nos 10 vitesses (ou nos BMX) flambants neufs ou de seconde main (ou plus) et on pédalait plus vite que le vent, sans nous demander comment écrire « austérité »…