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Les inquiétudes lors des premières menstruations

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Question:
 
Bonjour,
 
J'ai une fille de 11 ans qui vient de commencer ses menstruations. Elle ne veut pas en discuter avec moi et elle le nie.  En faisant son lit ce matin, j'ai découvert qu'il manquait le drap du dessus et que le couvre-matelas était tâché.  Ça fait environ  2 mois que j'ai des doutes et que je tente d’en discuter avec elle.  C'est un sujet que nous avions déjà abordé ensemble.  J'ai même acheté des serviettes sanitaires, afin qu’il y en ait à la maison en cas de besoin. J'ai quatre enfants, dont 2 grands garçons, qui taquinent souvent leur sœur avec ses sautes d'humeur. J'aimerais avoir des techniques pour aborder ce sujet en toute intimité, seule avec elle, mais elle se referme comme si elle n'acceptait pas de devenir une femme.  Est-ce que lui offrir un présent pourrait faciliter la chose?
 
Réponse:
 
Bonjour,
 
Votre fille accepte difficilement l’arrivée de ses menstruations. Bien que vous l’ayez informé sur le sujet, ce nouveau changement, qui s’ajoute à la liste de ceux observés au cours de la puberté (par exemple, le développement des seins), est difficile pour elle.
 
À cet âge, les jeunes filles ne crient pas sur tous les toits qu’elles ont leurs règles. Elles se sentent souvent bien seules, sans amie à qui en parler. Au secondaire, c’est parfois différent, car plusieurs jeunes filles attendent impatiemment leurs menstruations puisqu’elles voient que leurs amies sont arrivées à cette étape et souhaitent être comme les autres.
 
Il n’est pas toujours évident de trouver le bon moment pour discuter de sexualité. Vous pouvez faire une activité agréable avec elle, toutes les deux ou prendre un moment à la maison pour aborder ce sujet, peut-être en faisant référence aux dernières discussions que vous aviez eux ensemble sur les menstruations.
 
Je vous suggère quelques questions qui pourraient peut-être vous aider à lui en parler : trouve-t-elle ça difficile, ces temps-ci, de voir son corps se transformer? Comment aimerait-elle que vous la supportiez? A-t-elle des inquiétudes face à tous ces changements? A-t-elle des amies à l’école qui ont eu leurs règles? Vous pouvez aussi lui partager vos propres expériences, comme par exemple, comment vous vous êtes sentie la première fois que vous avez eu vos règles, à quel âge s’est arrivé, comment votre mère vous a soutenu, etc.? Elle doit sentir que c’est normal et elle a besoin d’être rassurée. Peut-être aussi, lui dire qu’il y a d’autres femmes de votre entourage (si vous en connaissez) qui ont eu leurs menstruations à son âge.
 
Il se peut qu’elle se referme comme une huître et ne veuille pas vous en parler. Mais, lorsqu’elle en ressentira le besoin, elle saura qu’elle peut se confier à vous. Rien ne vous empêche tout de même que vous lui laissez des serviettes sanitaires et que si elle a besoin d’en parler, vous êtes là. Vous comprenez qu’elle soit réticente à le faire mais quand elle le voudra, votre porte est ouverte.
 
Puisque vos fils se font un plaisir de la taquiner sur ses sautes d’humeur (c’est souvent la réalité entre frères et sœurs), je vous invite à intervenir auprès d’eux aussi. Il n’est pas nécessaire de leur dire que leur sœur a ses menstruations mais qu’il arrive, chez les filles, que l’humeur change sans que nous sachions trop pourquoi et que vous n’appréciez pas qu’ils la taquinent là-dessus. Vous pouvez faire référence à des changements physiques qu’ils ont eu pendant les dernières années et demandez-leur s’ils auraient apprécié que les autres rient d’eux (mue de la voix, poils, etc.)
 
Plusieurs mamans offrent effectivement un cadeau à leurs filles lors des premières règles. Si vous choisissez de le faire, demandez-vous si, à son âge, vous auriez aimé que votre mère vous donne un cadeau ou si elle vous en a donné un, comment vous étiez-vous sentie? Je pense que, plutôt que d’acheter un objet ou des fleurs, pourquoi ne pas plutôt prendre les devants lors des journées où vous sentez qu’elle est plus à fleur de peau, pour la dorloter, soit en lui préparant un bon bain ou en lui préparant un bon chocolat chaud. Vous pouvez aussi lui faire réchauffer un sac magique si elle dit qu’elle a des maux de ventre, par exemple. Un objet, c’est du matériel. Le soutien d’une maman, c’est une richesse qui se grave dans nos souvenirs.
 
Sophie Brousseau, sexologue | www.sophiebrousseau.com