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Petit pot de colle : comment l’aider à se décoller

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Votre enfant préfère rester dans vos jupes au lieu de courir avec les autres petits au parc? Il est gêné? Il manque de confiance en lui? On fait le point sur cette situation.
 
Il ne nous lâche pas d’une semelle. Il a besoin qu’on soit tout près. Il ne desserre pas facilement notre main. Il vous suit pas à pas. Il reste à côté de nous au lieu d’aller jouer avec les autres enfants. Pas de doute, votre enfant a de tendances de petit pot de colle.
 
Manque d’autonomie ou de confiance en soi?
 
Le sentiment de sécurité chez les enfants est important et prend ses racines dans sa petite enfance.  Quand un bébé pleure et que son entourage le réconforte, répond à ses besoins, change sa couche ou le nourrit, il prend confiance à son environnement. «Il se rend compte qu’en exprimant ses besoins, les autres y réagissent. Ses premières interactions font qu’il développe sa confiance en lui.
 
Juste le fait de dire « Oui, oui, maman arrive!» à son enfant aide ce dernier à se sentir rassuré », note Francine Ferland, ergothérapeute, professeur émérite à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et auteure de plusieurs ouvrages sur le développement de l’enfant et la vie familiale.
 
Quel est le lien entre le sentiment d’attachement et l’autonomie des enfants? Le plus grand! «Il faut être bien attaché pour être ensuite capable de se détacher», lance Francine Ferland. En effet, plus un enfant se sent rassuré, plus il est à l’aise d’aller vers les autres… en tout confiance.  
 
Trop couvé ou trop organisé?
 
Certains petits sont toutefois trop couvés par leurs parents qui transposent sur leurs enfants leurs propres peurs et propres angoisses. Si un parent pense que son enfant ne réussira pas à monter sur le module au parc ou s’il craint qu’il tombe, il transmet ses tensions et ses craintes à son enfant.
 
Ce dernier sent bien que son parent ne le pense pas « capable » de réussir alors il ne le fera pas. «Les enfants ont besoin d’être propulsés vers l’avant et surtout sentir que ses parents ont confiance en lui», estime la spécialiste qui a aussi écrit le livre Le développement de l’enfant au quotidienDe 0 à 6 ans aux éditions CHU Sainte-Justine..
 
Aussi, les enfants sont souvent tellement organisés par leurs parents qu’ils n’ont pas d’espace pour agir et pour prendre des initiatives. Si les parents contrôlent et planifient tout, les enfants ne feront rien d’eux-mêmes. Ils sont passifs et attendent qu’on les « organisent ».
 
Devant une heure libre, ils ne sauront pas quoi faire, car ils seront démunis, peu habitués à se trouver des activités de façon autonome.
 
Quoi faire?
 
Ne pas le forcer. On évite de lui dire « Va donc jouer avec les autres! Lâche-moi un peu!». On risque de le brusquer et de miner encore plus sa confiance en soi. Il ne se sentira pas appuyé.
 
Rendre les expériences de « décollage » positives. «Le plaisir est un moteur pour les enfants alors on en profite pour les encourager sans qu’ils sentent qu’on veuille qu’ils se décollent de nous», note Francine Ferland. On peut lui dire des phrases encourageantes qui mettent l’accent sur le plaisir qu’il aurait à participer aux jeux des autres enfants. « Wow! Ils ont l’air à avoir du plaisir!» ou «Oh tu as vu ce qu’ils font? Je n’aurais pas pensé à faire ça!».
 
Donner des choix à notre enfant. «Aujourd’hui, c’est toi qui choisit le t-shirt que tu vas porter!» ou « Tu veux manger une rôtie ou une gaufre?». On lui laisse un peu de place.
 
Valoriser ses initiatives. Chaque fois que notre enfant prend des initiatives, aussi petites soient-elles, on le souligne et le félicite. «Wow! T’es vraiment rendu un grand! » ou « Je t’ai vu! T’es bon! »
 
Avoir confiance en ses choix. Même s’il a choisi un chandail qui ne va pas avec son pantalon, on ne dit rien! Aussi, s’il décide de se brosser les dents seul, on ne repasse pas derrière lui en énumérant tout ce qu’il n’a pas fait correctement. On l’encourage. « Vas-y! Montre-moi comment tu es capable! » et s’il a fait un petit oubli, on lui dit « Oh wow! T’as bien fait ça! Laisse-moi juste rebrosser un peu en arrière. Ce n’est pas facile de se rendre là! »
 
Le laisser décider. Quand on joue avec lui, on ne décide pas pour lui. On lui demande « À quoi on joue?», «Quelle auto tu me donnes?», etc. Chaque fois, il prend confiance en lui. Il y a tant de sphères où il ne peut pas décider (les soins, la nourriture, etc.) qu’en lui laissant l’espace du jeu, il sera heureux et fier de se sentir en contrôle.