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Que faire quand un enfant s’ennuie?

Développement de l'enfant 6-7 ANS image article

Question : 

Bonjour! 

Ma question concerne mon grand garçon de 7 ans.  Depuis deux ans, c'est devenu de plus en plus difficile de le faire garder.  Il va à l'école ou à des activités sportives (auxquelles il est habitué d'aller) sans aucun problème et il ne dit jamais s'ennuyer de nous dans ces occasions.  Le problème arrive quand nous voulons sortir ou quand il doit aller dans une activité nouvelle (camp de jour, avec des amis, aller quelques jours au chalet avec mes parents, etc.). Il s'ennuie et ça lui gâche son activité.  Il pleure pour ne pas qu'on le laisse.  Il s'empêche de faire des activités parce qu'il a peur de s'ennuyer de nous...  On s'est empêché d'aller en voyage une semaine en amoureux parce qu'on ne voulait pas imposer ça à mes parents qui devaient le garder. L’automne dernier je suis partie en congrès 3 jours et à l'école il était tout déboussolé et s'ennuyait beaucoup beaucoup... pourtant il était avec son père...

L'hiver prochain, on voudrait vraiment partir en amoureux. Qu'est-ce qu'on peut faire pour le préparer ?  Pour l'aider à vivre ça sereinement ?  Est-ce normal à son âge d'être si dépendant de nous ? Alors que dans d'autres occasions il est super indépendant?

Merci,

Marie-Chantale, Rimouski

 

Réponse :

Bonjour Marie-Chantale, 

Désolée pour le délai de ma réponse mais je tenais à m’assurer de vous donner les bons outils. Aussi, j’ai demandé à Nancy Doyon, coach familiale dans la région de Québec, ce qu’elle pensait de la situation. Et voici ce qu’elle en dit :


En fait, le jeune homme semble faire de l'anxiété de séparation. Comme pour toutes les formes d'anxiété, il est courant que l'on retrouve, dans la famille proche, d'autres cas de personnes anxieuses. Ce qui est intéressant avec cette forme d'anxiété, c'est que généralement ce que l'enfant craint est qu'il arrive quelque chose à son parent pendant son absence et qu'il ne revienne pas. Cette propension naturelle à s'inquiéter est souvent alimentée soit par des événements traumatisants (accident automobile, ami qui perd son parent, choc émotif quelconque) ou encore par la réaction de l'entourage.
 
Comme pour toutes les autres formes d'anxiété, que ce soit la peur des araignées, la peur du noir ou la claustrophobie, les parents tombent régulièrement dans l'un des deux pièges suivants:
 
a) Faire abstraction de la peur ou encore n'y voir que de la manipulation chez l'enfant. Le parent aura alors le réflexe de sermonner : «Arrête de faire le bébé là...», parfois même punir, de ridiculiser la peur «Voyons donc! Les petites bibittes ne mangent pas les grosses!», d'ignorer la crainte ou encore de confronter un peu trop drastiquement l'enfant à l'objet de son anxiété (par exemple, jeter dans la piscine l'enfant qui a peur de l'eau «afin qu'il apprenne à surmonter ses peurs!».
 
b) Surprotéger l'enfant ou être un peu trop empathique face à ses phobies. Par exemple, certains parents tenterons le plus possible d'éviter à l'enfant d'être confronté aux situations anxiogènes (par exemple, on éloignera les chiens de l'enfant chez qui ils suscitent de la crainte) ou encore ils en feront tellement pour le rassurer et deviendront eux-mêmes tellement émotifs que leur non verbal vient alors confirmer à l'enfant qu'il a raison d'avoir peur. C'est souvent l'émotivité du parent qui sert de modèle à l'enfant : «Si maman semble si bouleversée de me laisser seule, il doit y avoir un réel danger!».
 
Il est aussi possible que l'écoute et l'accueil chaleureux du parent lorsque l'enfant vit du malaise soit si «confortables» qu'il représente des gains substantiels pour un enfant en quête d'attention et d'amour. Bien qu'à la base l'anxiété soit réelle, il est fort possible que par la suite l'enfant exagère volontairement ses réactions afin de garder le pouvoir sur son parent.

Ce qu'il faut faire?

  • Confronter progressivement l'enfant à ses peurs. Dans le cas présent, cela reviendrait à le faire garder régulièrement pour de courtes périodes et, au fur et à mesure que l'enfant semble tolérer davantage les absences parentales, vous pourrez prolonger vos absences.
  • Adopter une attitude chaleureuse mais rassurante, donc une position forte, empreinte de leadership et d'assurance : « Je sais que tu as de la peine mais ça passera dans quelques minutes...Bye, bye mon coco. Je t'aime! à tantôt!» NE PAS S'ÉTERNISER AU MOMENT DE LA SÉPARATION! Votre non verbal doit dire : «Tout va bien, il n'y en a pas de problème.»
  • Ne pas craindre les pleurs ni tenter d'éviter ce qui fait peur à l'enfant. Les gens paient pour aller à La Ronde justement pour avoir peur. Donc, au moment du départ, ne tentez pas d'empêcher l'enfant de pleurer et ne tentez pas de le rassurer à tout prix. Il a le droit de pleurer et s'ennuyer ne le tueras pas.
  • Une fois partis, dites à sa gardienne de l'inviter à se changer les idées en jouant  à un jeu qu'il aime bien. Mais s'il choisit de se morfondre, c'est son choix. Il ne doit toutefois pas avoir de gains secondaires tels que trop d'attention ou de câlinage ou encore une récompense : «Viens Mamie va te donner du chocolat...»
  • À la maison,  l'entraîner à composer avec l'absence de disponibilité des ses parents en alternant entre les moments où on joue avec lui et où on se montre disponible et d'autres moments où il doit jouer seul et différer ses demandes d'attention. Par exemple, aller prendre un bain et barrer la porte. Ne pas l'ouvrir même s'il pleure.
  • Confrontez-le régulièrement à de la nouveauté et inscrivez-le à des activités avec d'autres enfants et où vous n'êtes pas là. Il est possible qu'il passe les 3 premiers cours à bouder avant d'enfin se décider à participer.
  • Enfin, à la maison, évitez de le surprotéger dans toutes les sphères de sa vie. Plus le nid familial sera douillet, moins il se sentira à l'aise en dehors du nid...Sans le brusquer toutefois, entraînez-le à consoler lui-même ses petits chagrins, à jouer seul, à être autonome, à soigner lui-même ses petits bobos, écouter le film sans être collé à ses parents, etc.

Bon entraînement!

Nancy Doyon
Coach familiale


Je n’ai rien à ajouter, sa réponse est très complète ! Je suis convaincue que ces quelques trucs vous aideront.

Hélène Fagnan
coach familiale
Fondatrice Nanny secours
514-233-6589
www.nannysecours.com

 

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