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Réveils noctures

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Question:
 
Bonjour,
 
Aléna va avoir 4 mois dans quelques jours, elle fait ses nuits depuis que nous sommes rentrés de la maternité (au début 7h de sommeil et depuis 2-3 mois, 12h de sommeil consécutif) mais voilà, il y a un peu plus d'une semaine elle s'est réveillée (2 nuits d'affilée) vers 1h30 car elle avait besoin de régurgiter.. Puis je l'ai fait téter, depuis elle se réveille toutes les nuits vers cette heure ci... 
 
Nous avons un petit rituel pour le coucher (bisous de papa et maman, un petit mot doux et bonne nuit, cela dure à peine 2 minutes), par contre elle commence à s'endormir au sein, une fois posée dans son lit elle se réveille légèrement le temps de mettre la gigoteuse puis se rendort avant même d'avoir les bisous.
 
Elle fait très rarement des siestes dans son lit (elle s'endort sur moi après chaque tétée) car si j'ose la mettre dans son lit elle se réveille et ne veut plus dormir même si je la laisse dans son lit, elle va être calme, gazouiller, chouinasser un peu mais ne va pas se rendormir même au bout de 30 à 45 minutes... 
 
Je ne sais pas comment faire pour l'aider a retrouver le sommeil seule la nuit, avant je l'entendait se réveiller en pleine nuit ou même de bonne heure le matin mais elle se rendormait toujours toute seule sans que j'ai besoin de me lever.. Son papa se lève vers 4-5 h, j'évite de la laisser pleurer pour ne pas le réveiller mais quand le week end on la laisse pleurer cela ne change rien du tout.. 
 
P.S : c'est un bébé qui regurgite beaucoup toute la journée, je suppose qu'elle a mal la nuit... 
 
Réponse:
 
Bonjour à vous,

D’abord, je tiens d’emblée à vous rassurer : vous n’êtes pas seule à vous questionner sur le sommeil de votre bébé. La majorité des parents sont préoccupés en ce sens et c’est tout à fait normal. Dormir est un besoin de base et lorsque nous en sommes privés les effets se font sentir physiquement et psychologiquement.
 
Dans un premier temps, il faut savoir que les réveils nocturnes chez le bébé sont fréquents et normaux dans la première année de vie. Peu de bébés « font leurs nuits » à leur sortie de l’hôpital. Le fait est que lorsque nous dormons, petits et grands vivons des périodes de sommeil léger, dit paradoxal, et profond, appelé aussi sommeil lent. Le bébé pour sa part a des cycles de sommeil plus courts, soit d’environ 50 à 60 minutes, et un plus grand besoin de sommeil paradoxal que l’adulte jusqu’à l’âge de 2-3 ans. Lorsqu’il est en phase de sommeil léger, vous pouvez observer certains signes : paupières parfois entrouvertes, yeux qui bougent sous les paupières, sourires, respiration irrégulière, etc. Son corps ne semble pas mou et détendu comme il l’est en sommeil profond.
 
Si vous tentez de déposer votre fille dans son lit lorsqu’elle est dans cette phase, elle se réveillera certainement et recherchera probablement les mêmes conditions mises en place lors de son endormissement. C’est donc dire que si votre fille s’endort au sein, c’est ce dernier qu’elle réclamera à son réveil, tant la nuit que lors des siestes. La condition d’endormissement demeure en ce sens très importante à considérer dans le rituel de dodo, soit de quelle façon le bébé trouve le sommeil (tétée, suce, bercement, mouvement, proximité physique, etc). Lorsqu’on souhaite éviter de devoir offrir le sein à l’enfant à chaque réveil la nuit, il est donc préférable de l’accompagner vers le sommeil dans son lit, en lui caressant le dos, en lui tenant la main ou en lui tapotant doucement les fesses par exemple. Il est normal pour un jeune bébé comme le vôtre de rechercher la proximité physique de son parent pour s’endormir.
 
Par ailleurs, j’en profite pour vous encourager à poursuivre un rituel comme vous le faites. D’un point de vue physiologique, cela favorise la sécrétion de l’ocytocine, une hormone aux propriétés apaisante. Répéter chaque soir un court rituel d’environ 20 minutes permet au bébé de s’apaiser et de trouver plus facilement le sommeil. Puisque l’obscurité facilite la libération de la mélatonine, l’hormone responsable du sommeil, il est conseillé de tamiser les lumières, le jour comme la nuit, et d’habiller la fenêtre d’une toile opaque afin de favoriser un sommeil plus long et récupérateur.
 
J’ai également envie de vous inviter à observer ce que votre enfant vit de nouveau actuellement : poussée dentaire, nouvelles acquisitions sur le plan moteur, début des gazouillis, vaccin, rhume récent, etc. Les changements développementaux et liés à la santé de votre enfant sont tous des éléments susceptibles de perturber le sommeil de votre enfant. Son cerveau étant en plein développement, les circuits neuronaux de celui-ci se développe durant le sommeil. Les régurgitations de votre enfant ne sont pas à négliger non plus. Il est possible que le sommeil soit associé à des inconforts physiques pour lui. Si tel est le cas, votre fille aura davantage besoin de votre présence sécurisante lors de ses réveils.
 
Finalement, comme nouveau parent désireux de récupérer quelques heures de sommeil, nous pouvons être tentés de laisser pleurer notre bébé. Toutefois, comme vous le mentionniez, les pleurs de l’enfant peuvent se prolonger, parfois même au-delà d’une heure, et se répéter chaque jour sans lui permettre de trouver le sommeil pour autant.
 
Il importe de savoir qu’un bébé en pleurs est incapable de se calmer par lui-même. S’il cesse de pleurer, c’est souvent parce qu’il s’endort épuisé, au terme d’une longue période de pleurs. Il a plutôt besoin de la proximité physique et de l’attitude calme et rassurante de son parent pour se sécuriser et apaiser ses émotions.
 
Je termine en vous rappelant que les bébés se réveillent plus souvent que les adultes, ce qui est tout à fait normal. Plus votre fille grandira, plus elle gagnera en autonomie et moins elle recherchera à être accompagnée pour trouver le sommeil.
 
Après tout, l’homme est le seul primate à ne pas dormir avec son bébé. Il est donc normal que le sommeil soit un apprentissage pour l’enfant, mais aussi pour son parent.
 
Bon courage à vous,
 
Mélanie Bilodeau, M.Sc.
Psychoéducatrice en périnatalité
Cofondatrice de Cigogne et baluchon, services périnatals