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Ritalin: l'inquiétude grandit

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Le nombre d'enfants qui se font prescrire des médicaments de la famille du Ritalin commence à inquiéter sérieusement certaines commissions scolaires, selon un expert qui juge néanmoins la situation «encourageante.»

«On dépasse le stade de dire qu'il y a un problème, on est en train de susciter une véritable réflexion», se réjouit le docteur en neurosciences, Joël Monzée, qui est également professeur associé à l'Université de Sherbrooke.

Cela fait près de dix ans que cet expert s'intéresse à l'utilisation abusive des médicaments de la famille du Ritalin pour traiter des enfants que l'on soupçonne, à tort ou à raison, d'être atteints d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

En mai dernier, le Journal de Montréal révélait que huit millions de comprimés de méthylphénidate avaient été distribués au Québec durant les trois premiers mois de 2010. Il s'agissait d'un nouveau record.

Pour la première fois depuis qu'il s'intéresse au phénomène, Joël Monzée constate que l'accumulation de statistiques de ce genre commence à préoccuper les dirigeants du réseau scolaire.

«Quand ils voient le nombre d'enfants qui sont sous Ritalin, ils commencent à s'inquiéter, dit-il. Les écoles ne voient pas vraiment l'ampleur du problème, car ça se passe à petite échelle, mais les responsables des commissions scolaires, eux, sont embêtés par ce chiffre.»

Groupe de réflexion

Joël Monzée mène actuellement un projet de recherche dans une commission scolaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Selon certaines statistiques, 15% des enfants qui y sont inscrits seraient médicamentés, une proportion bien plus élevée que ce qui est censé être observé.

Pour qu'il y ait «moins de médication», la commission scolaire en question a implanté, dans toutes ses écoles, une approche dite «psychomotrice», bien connue en Belgique.

Cette approche vise à apprendre aux enfants à «mieux gérer leurs émotions, leur espace et à développer des habiletés relationnelles», indique Joël Monzée.

«Quand un enfant gère bien son stress de performance ou les tensions qui peuvent survenir dans la cour de récréation, il est disponible à l'apprentissage», explique-t-il. Cela est censé contribuer à réduire la nécessité de recourir à des médicaments comme le Ritalin pour traiter les enfants jugés turbulents ou inattentifs par leurs profs.

«Dans nos discussions avec les gens de cette commission scolaire, on voyait qu'ils étaient inquiets de la montée du nombre d'enfants sous Ritalin», ajoute M. Monzée.

L'expert a aussi été approché par la présidente d'une commission scolaire des Laurentides, qui «souhaite mettre en place un groupe de réflexion» pour s'attaquer au phénomène. «Elle s'inquiétait aussi du nombre d'enfants sous médication», indique l'expert.

 

 

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