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Honni soit le legging qui dérange les petits garçons!

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Vous avez probablement entendu parler de ça. Le papa d’une fillette de 11 ans de Beaconsfield a été consterné d’apprendre que cette dernière et d’autres fillettes de son école se sont fait dire par des enseignants de ne pas porter de leggings parce que cela pourrait inciter des garçons à toucher leur mignon petit derrière…
 
Je comprends ce papa. J’aurais été découragée également… Déjà que j’avoue avoir du mal avec tous les « scandales » entourant le port de la robe ou de la camisole à bretelles « spaghettis » lorsqu’on y associe ce fichu concept « d’incitation à la distraction ou à l’excitation masculine »…
 
Combien d’années ça prendra encore pour que les gens comprennent que les agressions ne sont pas liées à des pièces de vêtements? Combien de temps encore pour qu’on cesse de vouloir faire porter la responsabilité des attouchements sur les fillettes, les adolescentes et les femmes adultes?
 
Parmi les fillettes du primaire, qui ont reçu ce message récemment, il y en aura statistiquement malheureusement qui vivront un ou des épisode(s) d’agression dans le futur (si ce n’est déjà fait). En plus d’être victimes, elles vivront avec le poids de la responsabilité!
 
Ça suffit!
 
Ma fille porte des leggings ou des jeggings. Le plus souvent, avec un chandail long ou une jupe, en effet. Pas parce que je crois que le contraire lui attirera des regards concupiscents! C’est une simple question de goût. C’est plus joli selon elle et selon moi.
Malheur à celui ou celle qui viendra lui dire qu’elle déconcentre les petits (ou plus grands) garçons avec ça!
 
Je veux bien croire que la démarche de l’école était remplie de bonnes intentions. Sensibiliser les enfants au respect et au consentement, c’est remarquable. Encore faut-il s’assurer de bien le faire au lieu d’empirer les choses…
 
Qu’a-t-on dit aux garçons de cette école? Leur a-t-on mis dans le crâne que peu importe l’habillement, on respecte filles et garçons (car on oublie toujours que des garçons se font agresser sexuellement par leurs pairs aussi!)?
 
Et tant qu’à faire de la sensibilisation au respect de soi et des autres, pourquoi ne pas se pencher sur le cybersexe, qui commence oui parfois au primaire? J’ai été informée de quelques cas récemment de filles  et de garçons qui s’échangeaient propos et parfois photos à caractère sexuel via messagerie privée… Pourrait-on jaser de ça avec eux à la place?
 
Pourrait-on surtout embaucher des sexologues qualifiés pour aborder ces sujets avec nos enfants et ados?
 
Notez que l’école n’a rien inventé ici. Il y a deux ans, un collège américain a interdit le port du legging pour « éviter de distraire les garçons ». D’autres établissements scolaires ont ce même genre de règles, qui s’appuient sur cette même ânerie de provocation féminine- distraction masculine. Certains refusent aussi le pantalon de yoga.
 
Et lorsque l’école se terminera, si l’été peut finir par arriver chez nous, plusieurs reprendront le même discours hors des murs scolaires… On dira aux fillettes de ne pas se montrer en maillot de bain, pour ne pas provoquer la gent masculine…
 
On n’est pas sortis du bois…