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Le redoublement scolaire

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Question:
 
Bonjour,

Je suis une maman qui se pose beaucoup de questions sur les avantages et inconvénients du redoublement scolaire. J'ai 2 filles jumelles en 1ère année. Une de mes filles a une moyenne de 90% et l'autre a de la difficulté scolaire (50% en français et 40 % en mathématique). Elle est déjà suivie par l'orthopédagogue à l'école et elle est en attente pour une évaluation avec la psychologue de l'école mais on m'a mentionné que peut-être ça serait bénéfique de lui faire recommencer sa 1ère année.
 
Ça m'inquiète énormément pour son estime de soi. Elle serait en retard d'un an comparé à sa soeur jumelle. Est-ce que ça va vraiment l'aider qu'elle redouble ou dans 1 à 2 ans, il y a aura un retour aux difficultés scolaires ? Elle s'améliore de jour en jour mais pas au rythme de la classe (en retard environ d'une étape scolaire ex: elle devrait lire 3 phrases et elle est capable d'en lire seulement 1).
 
Devrais-je plus tôt attendre pour lui faire redoubler la 2 ème année (la fin du 1er cycle au lieu de la 1ère année.) Est-ce mieux de recommencer tout de suite au lieu d'attendre?
 
Avez-vous des suggestions pour évaluer les pour ou contre. 
 
Merci !
 
Anne-Marie
 
Réponse:
 
Bonjour Anne-Marie,
 
Il est de ces situations, dans la vie d’un parent, où chaque décision a son lot de conséquences. En voici un bon exemple.
 
Il s’agit d’une situation particulière, si on tient compte que vos filles sont jumelles. On pourrait supposer qu’un même environnement et les mêmes stimulations entraineraient un résultat similaire, alors que vos filles obtiennent des performances différentes.
 
Il ne s’agit donc pas de conditions défavorables ou de sous-stimulation, si une d’entre elles réussit moins bien. De ce fait, il y a lieu de se demander s’il ne s’agit pas plutôt d’un léger problème neurologique. Je pense ici à une légère dyslexie, ou un trouble d’apprentissage quelconque.
 
Or, rien ne nous indique que le redoublement serait utile ou nécessaire dans une telle situation.
 
Voyez-vous, dans le cas d’un trouble d’apprentissage, ni la répétition de la matière, ni les travaux supplémentaires, ni un redoublement ne parviendra à aider cette enfant à le surmonter.  D’ailleurs, la plupart des spécialistes s’accordent à l’heure actuelle pour affirmer que le redoublement n’est pas une solution face aux difficultés scolaires.
 
Aussi, notons que les cycles du primaire sont ainsi divisés pour que l’élève ait deux ans pour acquérir les savoirs et les compétences de son cycle. La deuxième année viendra enrichir et compléter ses acquis.
 
Au besoin, il est donc toujours préférable d’opter pour un redoublement à la fin d’un cycle. Mais dans le cas qui nous occupe, nous n’en sommes pas là.
 
Ce n’est qu’une aide professionnelle en orthopédagogie qui pourra déterminer, entre autres, le type d’erreurs que l’enfant produit (à l’écrit comme à la lecture), et lui proposer des moyens pour y pallier.
 
Vous mentionnez que votre fille reçoit déjà une aide en orthopédagogie, à l’école. Il faudrait aussi savoir quelles en sont les conditions.
 
Quant j’oeuvrais en milieu scolaire public, il n’était pas rare que je reçoive trois, quatre et même cinq élèves à la fois. Souvent, leurs besoins différaient, bien qu’étant tous d’un même niveau scolaire.  Dois-je vous dire que le service que je pouvais leur donner était plus ou moins efficace?
 
Vous a-t-on expliqué ce qui cause les difficultés de votre fille et quelles sont les mesures envisagées pour l’aider? Recevez-vous des compte-rendus des interventions faites auprès d’elle? Avez-vous l’occasion d’assister aux rencontres, ou d’échanger avec l’orthopédagogue? 
 
Je privilégierais plutôt une bonne évaluation orthopédagogique, au privé de préférence, et un suivi (quitte à ce qu’il se fasse en partie durant l’été), assorti des mesures nécessaires pour que votre fille puisse à nouveau vivre des succès.
 
On ne parle pas ici de récupération et de travail supplémentaire!  Il s’agit d’une aide professionnelle qui peut pallier à ses difficultés, et non lui faire faire et refaire encore les mêmes exercices.
 
Aussi, le fait que vos filles soient jumelles peut affecter l’estime de celle qui ne serait pas promue au degré supérieur.
 
J’encourage plutôt, si possible, le classement dans deux groupes différents d’un même degré, une fois la cause des difficultés identifiée, et les moyens engagés pour y remédier.