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Pleurer en le laissant à la garderie

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Comme maman pigiste, je n’ai jamais ressenti de grosse urgence à inscrire mes enfants à la garderie. J’avoue que ça demande de parfois se tourner sur un 10¢, mais ça m’allait.
 
Pour ce dernier bébé, débarqué dans ma vie alors que je pensais que c’était fini la garderie chez nous, il en a été de même. Les gens me disaient de nous inscrire sur la liste pendant ma grossesse, mais nous ne l’avons fait qu’il y a quelques semaines. Il fallait bien socialiser ce petit bout d’homme qui s’intéressait de plus en plus à ses pairs, lui qui vit entouré de « grands ».
 
Surprise! Après 10 jours seulement, nous recevions un appel du CPE situé à 5 minutes de marche de notre domicile. Une chance à ne pas manquer!
 
La place serait libre le 21 novembre. Nous nous sommes donc mis à parler avec enthousiasme de l’endroit, des amis, des jouets, des choses fantastiques que notre fiston découvrirait. Nous l’avons amené se choisir un sac à dos, même si nous en avons plein de sacs; je voulais que ce soit spécial pour lui, amusant.
 
Quand nous avons visité l’endroit, il a tout de suite été attiré par sa classe, les jeux, les enfants. Nous l’avons donc laissé 30 minutes avec l’éducatrice, le temps de remplir la paperasse.  Quand nous sommes revenus, il s’était mis à pleurer, réalisant notre absence…
 
Hier, c’était le grand jour. Nous avons amené notre réserve d’enthousiasme, le sac à dos de Pat Patrouille et un petit garçon un peu inquiet lorsqu’il a réalisé notre destination…
 
Et lorsque nous sommes partis, il pleurait à chaudes larmes. La porte de sa classe à peine refermée, mes yeux se remplissaient d’eau aussi… De mémoire, c’était la première fois que je pleurais autant en laissant un enfant à la garderie. Mais comme la mémoire est une faculté qui oublie, il se peut fort bien que je me trompe…
Il était convenu que pour cette première journée, je reviendrais le chercher après le diner. Que faire de mes trois heures sans lui? Ça fait quand même bizarre, après plus de 18 mois, de se retrouver sans sacs à couches, sans poussettes, sans petite bouche à essuyer. Je suis allée déjeuner au resto et j’ai tourné un peu en rond, malgré les dizaines de tâches à faire.
 
Puis, j’ai repris le chemin de la garderie. Quand il m’a vu, il a pleuré, les yeux pleins de reproches. J’ai appris qu’il avait quand même pas mal pleuré. Qu’il avait peu mangé et refusé de boire quoi que ce soit…
 
Quand nous nous sommes retrouvés à son casier, il s’est mis à me jaser. Il ne craignait plus que je reparte sans lui.
 
Au retour, il a dormi trois grosses heures…
 
Ce matin, mon conjoint et moi avons repris notre enthousiasme, le sac à dos et un petit garçon réfractaire à s’habiller (et pas seulement parce qu’il déteste les bottes d’hiver). Au fond de moi aussi, un peu plus de culpabilité. Malgré mes intentions, aujourd’hui je ne pourrai pas aller le chercher tôt. Gros imprévu. Gros chagrin pour moi de ne pas pouvoir faire « pour le mieux »…
 
Alors, une fois dehors, j’ai pleuré encore plus qu’hier. Le 5 minutes qui me séparait de la maison s’est étiré en 10 ou 15. Je faisais deux pas, je me demandais si je devais aller « espionner » la cour du CPE puisque les enfants allaient y jouer.  J’espérais qu’il soit consolé, qu’il s’amuse. Je craignais que s’il me voyait, il pleure encore.
 
C’est quand même fou que tout cela m’ait bouleversée. Mon fils est entre bonnes mains. Il nous montrait son intérêt pour les enfants. Il va beaucoup plus s’amuser qu’avec moi. Et c’est ma cinquième fois!
 
Peut-être que cette première « déchirure » m’atteint à ce point parce que justement, c’est la cinquième fois. Parce que l’expérience me dit que j’en vivrai des plus profondes au fil du temps?

Je cesse ici mon analyse. Je veux juste dire aux parents qui trouvent ça dur en ce moment de couper un peu plus le cordon, même si les amis, les psys et les autres sourient en vous disant que vous vous en faites pour rien, que je vous fais un gros câlin virtuel, à défaut de pouvoir partager un café et du réconfort dans le monde réel!