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Des rôles centraux

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«Les premier et deuxième enfants ont donc des rôles importants au sein de la fratrie. Habituellement, si l’aîné est le conformiste, le deuxième est le rebelle. Et vice versa. Or, pour les parents, avoir un aîné conformiste est très rassurant...

«Les premier et deuxième enfants ont donc des rôles importants au sein de la fratrie. Habituellement, si l'aîné est le conformiste, le deuxième est le rebelle. Et vice versa. Or, pour les parents, avoir un aîné conformiste est très rassurant...

«Le premier enfant valide ses parents. Comme ces derniers n'ont pas d'expérience, ils se remettent constamment en question pour déterminer s'ils font bien les choses. Quand l'aîné est conformiste, les parents sont convaincus qu'ils font bien leur travail puisque leur petit répond bien à l'éducation qu'ils lui donnent. Par contre, si leur premier est rebelle, ils se trouvent incompétents dans leur rôle et hésitent même parfois à avoir un second enfant», précise la psychologue.

S'ils sont si différents, les deux plus vieux peuvent-ils bien s'entendre? «Tout à fait. Ils seront très complémentaires ou très en conflit. Cela dépendra surtout de la différence d'âge. S'ils sont proches en âge, ils devraient très bien s'entendre», ajoute Mme Moreau-Frappier.

Le troisième, ou «l'enfant sandwich»

Le troisième enfant apporte souvent l'équilibre dans une famille. C'est l'enfant du compromis. Si les deux plus vieux sont en désaccord, il est appelé à devenir le médiateur. Il a généralement une personnalité moins forte, mais il a le pouvoir du compromis. C'est donc un allié que les aînés vont souvent chercher pour trancher leurs différends.

Par contre, si les aînés s'entendent comme larrons en foire, le troisième peut se sentir interchangeable, sans intérêt, médiocre en tout. Cela peut nuire à ses relations avec autrui. Pour se faire voir et affirmer sa personnalité, il peut avoir recours à des actions pas toujours acceptables. D'où l'importance de le valoriser souvent, de lui accorder du temps juste à lui afin qu'il se sente un membre à part entière de la famille.

Le quatrième enfant

C'est le petit bouffon qui parle beaucoup, gesticule et déplace de l'air. C'est aussi un enfant de compromis qui est capable d'alléger la tension en faisant rire les siens. «Le quatrième est un enfant indépendant. C'est une tête heureuse, un mariolle qui est rarement en conflit avec les autres. Quand il y a de la tension, il fait une pitrerie, et l'atmosphère se détend», mentionne Mme Moreau-Frappier.

Peut-on affirmer qu'il est le chouchou? «Je dirais plutôt que c'est une question de stratégie. Comme il est le cute de la famille, c'est souvent difficile de le punir. D'autre part, il se peut qu'il reçoive plus de cadeaux que ses aînés, qu'il soit plus gâté, mais il ne faut pas oublier qu'entre la naissance du premier et du quatrième quelques années ont passé. Il est très possible que la situation financière des parents se soit améliorée. Mais on ne peut pas dire que le dernier est forcément le chouchou, car plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Est-il né plusieurs années après le troisième? Si c'est le cas, était-il désiré? Si ce n'est pas le cas, il risque peu d'avoir un statut privilégié», nous dit la psychologue.

Toutefois, si le petit dernier est bel et bien le chouchou, il sera peut-être envié et jalousé par ses frères et soeurs, ce qui engendrera des conflits au sein de la fratrie. De plus, il portera souvent ce surplus d'attention comme un fardeau. D'autre part, si tout le monde fait tout pour lui, il ne deviendra pas autonome.

Et les suivants?

Après le quatrième enfant, le cycle reprend. Ainsi, les cinquième et sixième s'approprieront les rôles de rebelle et de conformiste, et ainsi de suite...

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