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Devenir beau-parent sans être parent

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La grossesse a pour avantage d’offrir quelques mois de répit aux futurs parents afin qu’ils digèrent la nouvelle… ce qui n’est pas donné aux gens qui s’amourachent d’un chef de famille endurci! Si certains peuvent compter sur leur propre expérience de parent, les autres peuvent voir leur vie complètement chamboulée par ces petits extra-terrestres! C’est d’ailleurs à eux que s’adressent les conseils de trois femmes qui « sont passées par là » et d’une psychologue spécialisée dans la vie de famille.

Définir son rôle

On n’est ni un ami ni un parent substitut, on est le nouveau conjoint du parent, point. Élise, ex-belle-mère alors sans enfant, l’a appris à ses dépens. « J’en ai fait plus que moins pour montrer que j’acceptais d’être une maman à temps partiel… ERREUR! On ne remplace pas une mère (ni un père d’ailleurs)! À la limite, on devient une “complice” qui peut user d’autorité… parfois! », a-t-elle constaté.

On a donc tout intérêt à définir son rôle le plus tôt possible. « J’ai voulu que ça soit clair pour mes beaux-fils dès le départ que je ne remplacerais pas leur mère, que je serais une autre personne présente dans leur vie, quelqu’un qui les aimerait, les aiderait et les éduquerait », partage pour sa part Tara, actuelle belle-mère de deux garçons.

Laisser du temps au temps

Rien ne sert de précipiter la première rencontre ou de forcer les sentiments, une relation prend du temps à se bâtir et chacun doit pouvoir s’adapter à la nouvelle situation à son propre rythme. « Il faut laisser le temps à l’enfant de venir vers vous et lui démontrer de l’intérêt, tout en trouvant un équilibre entre tout lui donner et être trop sévère », avance la psychologue Marie-Ève Brabant.

Se libérer de toute pression inutile

Il faut savoir — et surtout accepter sans culpabiliser — qu’on n’est pas obligé d’aimer l’enfant, et vice-versa. « Vous ne choisissez pas les enfants de votre nouveau conjoint et ils ne vous choisissent pas non plus. Même si l’amour n’est pas au rendez-vous, il y a tout de même moyen de développer une relation harmonieuse, basée sur le respect », conseille la psychologue.

Établir des règles

« La chose que nous avons oubliée, mon ex et moi, c’est de nous mettre d’accord (ou non, mais au moins d’être clairs) sur notre vision d’une vie familiale. C’est triste à dire, mais le petit est vite devenu le sujet numéro un de nos disputes », a constaté Élise. Tara vit la situation différemment, mais non sans heurts : « L’éducation de mes beaux-fils est l’une des plus grandes épreuves de notre couple. Après maintes discussions, nous nous sommes quand même entendus sur une ligne directrice et quand les choses s’enveniment ou que la tension monte, nous revenons à notre consensus pour trouver un juste compromis. »

Éprouver de l’empathie pour l’enfant

« Vous devez tenter de comprendre la réalité de l’enfant et ne pas vous sentir visé par les attaques de ce dernier. Par exemple, votre nouveau conjoint était peut-être célibataire depuis longtemps avant de vous rencontrer; l’enfant doit donc apprendre à partager son parent et ce n’est pas évident pour certains. À l’autre extrême, la séparation de ses parents peut être récente et cela lui fait encore vivre de la colère ou de la tristesse, ce qui peut se répercuter dans son attitude envers vous », soutient Marie-Ève Brabant. En gardant en tête cette réalité, tentons d’être conciliants, indulgents et compréhensifs… Après tout, c’est nous, les adultes!

Imposer ses limites

Il ne faut pas tout encaisser parce qu’on est le dernier arrivé dans la « famille ». On a des limites que les autres doivent respecter, y compris les enfants. « De mon expérience, je retiens qu’il ne faut pas trop en faire ou du moins ne pas en faire plus que ce dont nous avons envie. Moi, je n’ai pas su discuter de mes limites avec mon amoureux… ni entendre les siennes », regrette Élise.

Éviter de placer l’enfant entre l’arbre et l’écorce

« On parle du “conflit de loyauté” lorsqu’un enfant a l’impression que, s’il aime sa nouvelle belle-mère, par exemple, ça signifie qu’il n’aime plus sa mère ou qu’il la trahit, explique la psychologue, et cela peut se traduire par un changement radical d’attitude à l’égard de celle-ci. » En conséquence, puisque l’enfant ressentira toujours de la loyauté envers ses parents biologiques, mieux vaut éviter de le mettre dans des situations où il devra prendre position par rapport à ceux-ci.

Faire des compromis

« Le beau-parent qui n’a pas d’enfant lui-même doit savoir que, dans plusieurs cas, la priorité pour son nouveau conjoint, c’est son enfant, une notion à laquelle il n’est peut-être pas habitué. De plus, il doit éviter toute forme de compétition avec l’enfant pour l’amour du parent biologique. Chacun a son rôle, tout le monde a sa place. Mais, c’est évident que ça demande une bonne capacité d’adaptation de la part du beau-parent, tout particulièrement celui qui n’a pas d’enfant », conclut Marie-Ève Brabant.

 

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