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Et si ce n’était pas de la mauvaise volonté, ni un caprice ?

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Votre enfant est gauche ?  Il a de la difficulté à s’orienter dans l’espace sans renverser tout sur son passage ? Le papier de ses cahiers ne semble jamais assez épais ?  Quand il arrive à écrire quelques lettres, celles-ci sont de grosseurs différentes et sembler danser entre les lignes ?  Ouvrir une porte, un sac à dos, un thermos ou un robinet est une tâche difficile ?  Même d’âge scolaire, s’habiller seul et manger sans se salir est presque impossible pour lui ?  Vous n’osez plus espérer le jour où il fera de la bicyclette seul, sans ses petites roues ? Il mélange encore sa droite de sa gauche ?

La dyspraxie, un handicap invisible

Si vous vous avez répondu oui à une seule de ces questions, il se pourrait bien que votre enfant soit atteint d’un trouble neurologique qu’on appelle la dyspraxie (ou trouble de la coordination).  Après des années de lecture et de recherche, c’est encore le titre du livre de Sylvie Breton et France Léger qui résume le mieux la situation : Mon cerveau ne m’écoute pas !

En effet, pour environ 95 % de la population, lorsque nous désirons effectuer un geste, notre cerveau le planifie, il envoie un message clair au corps pour l’effectuer et quelques secondes plus tard, c’est déjà une histoire du passé alors que pour un enfant dyspraxique le chemin  est beaucoup plus complexe, n’importe quel petit geste du quotidien devient un grand défi.  Par exemple, si l’enfant veut manger un morceau de pomme, il devra peut-être se reprendre plus d’une fois pour le prendre dans ses mains et ensuite être capable de la garder sans l’échapper et le porter à sa bouche.  Avant d’avaler sa première bouchée, il sera peut-être déjà découragé.

On dit souvent que la dyspraxie est un handicap invisible.  Effectivement, à première vue, rien ne laisse croire qu’une personne en est atteinte. C’est quand elle commence à bouger ou à parler qu’on se rend compte que quelque chose cloche. Et quand on dit handicap, cela implique que ça ne se guérit pas.  On naît dyspraxique et on le reste toute sa vie. Heureusement, avec de la rééducation, énormément de travail, de courage et de patience, l’enfant dyspraxique pourra s’épanouir et devenir de plus en plus à l’aise pour effectuer des gestes du quotidien.

Dyspraxie verbale, motrice ou les deux ?

Il existe deux types de dyspraxies, soit la dyspraxie verbale et la dyspraxie motrice.  Dans les deux cas, on qualifiera l’atteinte de sévère, modérée ou légère.  Dans les cas les plus graves, le quotidien de l’enfant (et de toute sa famille) sera vraiment handicapé et impliquera une rééducation hebdomadaire sur de nombreuses années, de lourds retards scolaires, un support d’aide technologique et des loisirs adaptés alors que dans les cas les plus légers, l’enfant aura un parcours scolaire plus traditionnel avec de simples difficultés au niveau de la dextérité fine comme une mauvaise calligraphie ou un léger trouble de langage lorsqu’il s’exprimera.

Au niveau verbal 

Pour parler, les muscles de la bouche doivent travailler en équipe avec le cerveau pour bien positionner la langue, l’ouverture des lèvres, la force du souffle et ainsi produire une série de sons. L’enfant dyspraxique, d’une fois à l’autre, oublie comment produire un son comme si sa bouche faisait ces gestes pour la première fois, à chaque fois. Ainsi, un même mot pour se transformer d’une fois à l’autre. Plus il y aura de mots dans une phrases et plus la planification de cette dernière sera difficile, voir impossible.  Des mots disparaissent alors que d’autres se transforment.

Du côté moteur (dyspraxie développementale)

C’est un peu la même chose.  Même après plusieurs année, enchaîner une séquence de gestes simples devient ardu, voire impossible.  Les mouvements sont saccadés et demandent énormément d’effort.   Quand il doit en faire plus d’un en même temps, comme tenir un crayon d’une main tout en stabilisant une feuille de l’autre, l’enfant se désorganise rapidement, le crayon glisse, la feuille tombe quand il ne se retrouve pas lui-même en bas de sa chaise. 

Parfois, les enfants sont atteints des deux types dyspraxie.  La notion de commande influence beaucoup la réalisation du geste ou la production d’une phrase. Ainsi, alors qu’en temps normal, le jeune est capable d’ouvrir un pot de yogourt, si on lui demande lors d’une thérapie, il pourra se retrouver incapable, ne sachant plus comment faire.

Quoi faire en cas de doute?

Si on remarque que notre enfant, comparativement à ceux du même âge, n’arrive pas à faire les gestes simples qui demandent de la coordination et de la planification, s’il a peu de vocabulaire ou que seuls ses parents réussissent le comprendre, il serait bon de consulter un professionnel.

Quand intervenir ?

N’attendez pas ! Les listes d’attente sont déjà tellement longues (au privé comme au public), que si vous écoutez ceux qui vous disent de le faire (et surtout, de ne pas vous en faire !), vous risquez de perdre  de longs mois alors que, suite à un éventuel diagnostic de dyspraxie, des séances d’orthophonie et/ou ergothérapie précoces seront encore plus efficaces et pourront faire une différence dans le parcours scolaire de l’enfant et surtout, pour son estime de soi.

Qui peut poser le diagnostic ?

Présentement, seuls les médecins peuvent poser un diagnostic de dyspraxie suite à une évaluation faite par un ergothérapeute (dyspraxie développementale) et/ou une orthophoniste (dyspraxie verbale).   

Sortir de l’isolement et demander de l’aide

En plus de courir d’un rendez-vous à un autre, réaliser que son enfant aura un parcours différent, est une grande source de stress pour chaque parent. Alors que les enfants de son entourage vivent des succès et des nouveaux apprentissages presque tous les jours, l’écart avec les autres camarades de son âge se creuse et les petits deuils se multiplient.  Il est alors important de ne pas s’isoler. Il existe des ressources sur internet (blogues, pages Facebook, groupe d’entraide) qui permettent de s’informer, de partager et ainsi de se sentir moins seul.  

Les CLSC et les centres de réadaptation peuvent aussi offrir du support tant dans les démarches que pour du soutien psychologique ou financier.  Prendre du recul,  se reposer, vivre au quotidien des petits bonheurs et de ne pas oublier que le parent est l’acteur principal dans le développement de son enfant, qu’il doit se faire confiance sont toutes des attitudes gagnantes.  Naturellement, le parent aura besoin de support  de professionnels avec lesquels il fera équipe sans parler de l’enfant., qui deviendra un vrai champion olympique avec toutes ses heures passées à se pratiquer, à apprendre et à réapprendre un geste, un mot, un mouvement une phrase…  Chaque petit pas, chaque petit mot, seront de belles sources de motivation et surtout, d’espoir.

 


  • Saviez-vous qu’il existe plein d’objets du quotidien
    qu’on peut adapter pour faciliter l’autonomie de
    l’enfant comme les chaises, les crayons,
    les ciseaux, etc. ?

 

Ressources

Mon cerveau ne m’écoute pas, comprendre et aider l’enfant dyspraxique. Sylvie Breton et France LégerCollection du CHU Sainte-Justine pour les parents, 188 pages.

Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

Ordre des ergothérapeutes du Québec

Blogue sur la dyspraxie : www.dyspraxieetcie.com  http://www.dyspraxie.info/

Boutique offrant du matériel adapté et éducatif