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L'esprit de compétition

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Mes enfants ont ce qu’on appelle l’esprit de compétition. Oh, rien de trop extrême… mais rien de reposant non plus.
 
L’esprit de compétition, ça veut dire que lorsqu’ils jouent ensemble, ils finissent presque toujours par jouer l’un contre l’autre. Je pense qu’ils ne s’en rendent même pas compte, tellement c’est devenu automatique. Ça ne finit pas toujours en chicane, mais il y aura presque toujours un volet de compétition.
 
S’ils se baignent, ça finira par un concours ou une course. Viendront ensuite les récriminations de la plus petite sur le grand qui ne lui laisse pas assez de chance. Ou alors un qui a triché. Ou bla bla bla. Vous connaissez le topo vous aussi, mes chanceux.
 
S’ils ont un ballon de soccer et que le plus vieux veut simplement donner des trucs à sa petite sœur, ça finira quand même par un match.
 
Même s’ils jouent aux Legos, il y aura inévitablement une bataille de personnages ou de vaisseaux à la fin. Tout devient une compétition. Ils font des concours de danse, de dessins, de cabanes.
 
Des fois je pense qu’on aura la paix en écoutant la télé, mais après s’être battus pour choisir la chaîne, ils peuvent aussi mesurer leur personnage préféré (ou leur équipe, ou leur blague, ou leur joueur…) et finir par être l’un contre l’autre.
 
Vous allez me dire que c’est évident et inévitable, avec des frères et sœurs. Et pourtant, j’en connais pour qui ça semble tellement plus léger.
 
Ce n’est pas de la méchanceté. En fait, ils s’aiment. Parfois, quand l’un est vraiment mal en point, je sens que l’autre a pitié. C’est déjà ça. Mais quand ils vont bien tous les deux, ils s’affrontent.
 
Est-ce une bataille pour le rang dans la famille? Espèrent-ils gagner une médaille? Recherchent-ils inconsciemment notre attention? Pourtant c’est égal : ils nous exaspèrent autant l’un que l’autre.
 
Ça pose un problème quand l’esprit de compétition devient hors de contrôle. Mon garçon prend le sport à cœur. Tous les sports. J’essaie de lui expliquer que dans le sport de compétition, c’est l’endroit où il peut TOUT donner. Mais à la récréation à l’école, non. La subtilité semble lui avoir échappé à quelques reprises.
 
J’imagine qu’un jour, il va l’apprendre. En tout cas je lui souhaite. Parce que les adultes qui sont trop compétitifs, ça nous tape joyeusement sur les nerfs.
 
Le grand apprentissage, c’est de savoir doser sa compétitivité. Quand faire appel à elle et quand la laisser dans l’armoire. Quand mettre la pédale au plancher et quand laisser des chances. Quand tout donner et quand juste s’amuser.
 
En attendant que les enfants finissent par maîtriser tout ça, je ne peux que faire l’arbitre (quand c’est inévitable) et/ou me sauver le plus loin possible de leurs compétitions inutiles.
 
Parce que pour la compétition de patience, je n’ai aucune chance de gagner.