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L’intimité : Trop ou pas assez

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La gestion de l’intimité dans une famille, c’est tout un dossier. Un besoin qui fluctue à travers les années.
 
Pendant nos premières années de parents, c'est nous qui cherchons de l'intimité. Être avec soi-même 15 minutes, réfléchir, relaxer, c’est un phénomène rarissime. Juste être seul aux toilettes, c'est un exploit. Et disons que pendant un bout de temps, l’intimité en couple ne vit pas ses plus torrides moments.

Mais un jour tout bascule. Ce sont les enfants qui veulent de l'intimité. Je ne parle pas de la pudeur normale ou de vouloir fermer la porte de la salle de bain. Ça, à un certain âge, c'est de l'intimité de base.

Non, il vient un jour où les enfants veulent leur intimité dans plusieurs sphères de leur vie. Ils veulent la paix. Et ils posent de plus en plus souvent ce geste symbolique : fermer la porte de leur chambre.
 
Fermer la porte, c'est une affirmation de soi. Et pour les parents, c'est lourd. C'est comme si leur enfant leur fermait la porte de sa vie. Mais dans les faits, c'est juste pour ne pas se faire surveiller trop. Ou pour ne pas qu’on leur parle du linge qui traîne par terre.

Quand les petits chums ou les petites blondes entre en ligne de compte, c'est encore plus important (pour eux) d'essayer de garder leur intimité. Et c'est aussi là que ça chatouille le plus les parents.

Parfois les enfants cherchent de l’intimité pour ne pas avoir leurs parents sur le dos. Normal, ça fait des années que leurs parents scrutent tous leurs faits et gestes, surveillent s'ils vont se blesser et leur donnent mille conseils inutiles. Il vient un temps où les enfants souhaitent juste prendre une pause de cette omniprésence un peu lourde.

On comprend ça, n’est-ce pas? On a déjà été des enfants, on sait que pour bâtir une personnalité, on a besoin de pouvoir vivre des expériences par soi-même. On a besoin de ne pas avoir toujours nos parents dans les pattes. Voler de ses propres ailes.

On comprend… Mais c'est quand même difficile de leur laisser autant toute la liberté qu'ils réclament. Surtout que la plupart du temps, ils se réfugient derrière le concept d'intimité juste pour jouer en paix avec leur tablette, les petits chenapans.
 
L'intimité sociale est presque morte, en cette ère de médias, de vidéos et de réseaux sociaux multiples. Parfois, les enfants tentent de garder jalousement leur intimité domestique… mais s'affichent trop ouvertement sur les voies sociales. Deux poids, deux mesures.

Vous rappelez-vous votre "journal intime"? Je ne sais pas si ça existe encore (c'est peut-être remplacé par des chaînes Youtube ou un podcast!). Mais mettons que vous tombez sur celui de votre enfant. Il est là, disponible à vos yeux. Vous le lisez ou non? Oh le grand dilemme!

Le lire, ce serait vraiment manquer de respect aux enfants, qui veulent justement préserver leur jardin secret. De l'autre côté, il y a peut-être des informations importantes, voire essentielles, que les parents devraient peut-être savoir? Vous ferez votre propre choix.

Je me dis que l'idéal est de réussir à développer une relation où l'enfant peut dévoiler lui-même ses « secrets » importants, tout en gardant une intimité inviolable pour ses sentiments profonds. Il y a des choses qui ne nous appartiennent pas. Ni maintenant, ni plus tard.

Le besoin d'intimité évolue et se transforme, dans une famille. Un jour, nos enfants ont droit à la leur. Mais ça vient aussi avec la responsabilité de mériter notre confiance.