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Nos ados et les réseaux

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On chiale souvent contre nos ados qui ont « toujours » le nez collé à leur téléphone pour « facebooker », « intagrammer », « snapchatter », « musicaler », suivre des youtubeurs et évidemment, texter les copains. (Sans oublier bien d’autres appli comme Ask, Vine, Tumblr, Whisper et j’en passe!)
 
Pourquoi chiale-t-on au fait?
 
Parce qu’on craint qu’ils ne fassent pas leurs devoirs, leurs tâches. Qu’ils deviennent antisociaux, que la parenté nous juge. 


Parce que ça énerve, de ne pas avoir leur attention immédiate, parce qu’on voudrait qu’ils nous regardent dans les yeux au lieu de faire des selfies.
 
Parce qu’on a peur… Peur de l’intimidation. Des prédateurs sexuels. Des pactes de suicide, des démos d’automutilation. Des échanges de photos sexys qui pourront plus tard servir de «revenge porn » ou à de la « sextorsion », Des deals de drogue et de tous les autres secrets qui vont du pas joli au dangereux.
 
Sans inviter les parents d’ados (dont je fais partie) à porter des oeillères et à minimiser les dangers des réseaux sociaux, j’aimerais juste qu’on prenne le temps de se souvenir de notre adolescence sans « réseaux » et « apps »…
 
Je me souviens d’avoir monopolisé le téléphone (fixe, avec un fil au mur et un « tortillon » pour relier le combiné à l’appareil) pendant des heures, des éternités, quand j’étais ado. Pour pas mal les mêmes raisons que nos jeunes avec leurs « convos » sur Messenger. Les chagrins d’amour de l’un, les problèmes d’estime de l’une, les projets de sorties ou de partys… On parlait à s’en faire mal aux lobes d’oreilles… Parfois, d’un côté ou de l’autre, on entendait un parent crier « Raccroche! J’ai besoin du téléphone! ». On soupirait et on se rappelait plus tard, parfois jusqu’à très très tard…
 
À l’école, on ne se faisait pas surprendre à texter sur des écrans. Mais on se faisait intercepter des petits papiers pliés ou des caricatures de profs échangées dans notre rangée…
 
Quand nos parents nous parlaient, on ne les regardait pas plus dans les yeux. On était rivé sur la télé ou un jeu vidéo (qui ne se mettaient pas sur pause), un magazine ou n’importe quoi d’autre. Ou on avait les oreilles rivées au téléphone ou au walkman…  Bref, les adultes nous trouvaient antisociaux et impolis!
 
Évidemment, on ne se faisait pas intimider sur Internet. Ça nous arrivait sur papier, par des coups de téléphone, des graffitis, des chansons dans le bus,  du « tassage dans un coin » ou des bousculades dans les casiers.
 
Bien sûr, on ne se faisait pas aborder par des maniaques sur Facebook. Ça nous arrivait sur la rue (et on n’avait pas de cellulaire pour appeler à l’aide), ou dans le vestiaire avec un coach, un chalet de patinoire avec un bénévole, une tente avec un chef scout, une balade avec un oncle…

Je ne dis pas que c’était mieux ou pire « avant ». Que c’était plus ou moins dangereux « dans not’ temps ». Je dis encore moins qu’il ne nous faille pas demeurer vigilants avec les réseaux que fréquentent nos ados. Au contraire! Même si c’est du boulot de se mettre à jour constamment, de discuter abondamment. De tester, négocier, sensibiliser, exiger les mots de passe. Parfois, de saisir les appareils, couper le wi-fi.
 
Je trouve juste que nos ados n’inventent encore rien… Comme nous à leur âge, ils vivent pour leurs amis. Comme nous, ils suivent les tendances. Comme nous, ils énervent leurs parents.
 
Et comme nous, ils n’ont pas de mauvaises intentions. Ils font l’apprentissage de la vie, à leur époque, avec les outils et dangers qui existent.
 
Et ils pensent qu’on ne les comprend pas!
 
Et nous, réseaux ou pas… Continuons de respirer le plus possible par le nez, des les outiller, de conserver une relation de confiance et de communiquer… quitte à ce que ce soit par texto. Et souvenons-nous qu’on a quand même bien grandi. Alors eux aussi, y parviendront!
 
Souvenons-nous qu’à certaines époques, la télévision, le rock’n roll, les relations hors mariage et plein de romans ont été démonisés… Un jour, nos enfants riront peut-être de nos craintes face aux réseaux ;)