PUBLICITÉ

Les paniers de Noël

Finances et consommation image article
Présenté par
Retour au dossier
Noël et cie

La route d'un pot de confiture...

Le matin de Noël, Natasha déposera sur la table un pot de marmelade. Une gâterie rare pour cette mère de famille monoparentale.

C'est grâce au panier de Noël reçu d'un organisme de charité qu'elle pourra offrir ce plaisir sucré à ses quatre enfants. Avant d'arriver sur leurs tartines, cette confiture aura fait du chemin. Nous vous proposons une visite dans les coulisses de La grande guignolée des médias.

Le pot de confiture de Natasha est d'abord passé par la porte de La grande guignolée des médias. Difficile de la louper, cette fête qui en appelle à la générosité. Chaque année, pendant une journée au début du mois de décembre, elle est partout: radio, télévision, journaux, grands magasins, banques ou pharmacies.

Quoi donner?

Toutes les contributions sont les bienvenues à la guignolée. Or, deux sortes de dons sont particulièrement appréciés.

Les dons en argent
Ces dons permettent aux organismes de se procurer ce qui leur manque pour compléter les paniers de Noël. L'argent est souvent utilisé pour acheter du lait, de la dinde, du jambon, du fromage, du pain et d'autres denrées périssables.

Les produits pour les enfants
Selon Johanne Théroux, de Moisson Montréal, il faut d'abord penser aux enfants. «On aime recevoir du lait maternisé et des aliments pour bébés comme des céréales, et surtout des couches. Tous ces produits sont très coûteux, mais non moins essentiels. On invite les gens à nous en donner. D'autant plus que le nombre de familles qui demandent de l'aide augmente sans cesse. L'an dernier, il est passé de 41% à 51%.»

Une foule de personnalités connues y participent de mille et une façons, dans le but d'attirer des dons. Aussi festive soit-elle, on oublie vite cette journée de grande collecte. On donne son pot de confiture et on s'enlise ensuite dans la course folle du shopping de Noël et des autres préparatifs du temps des fêtes.

L'an dernier, histoire de savoir ce qui arrivait aux denrées amassées dans la région montréalaise, nous avons suivi leur parcours. Nous avons découvert une logistique remarquable, de nombreux bénévoles et, surtout, la joie discrète de donner et de recevoir.

Des lutins qui passent au tri

La première destination des provisions amassées est l'entrepôt de Moisson Montréal, où l'on procède au tri de Noël. Cet organisme fait partie, avec Jeunesse au Soleil et la Société de Saint-Vincent de Paul, de ceux qui bénéficient de La grande guignolée. Surtout, pas de chicane!Chacun de ces organismes reçoit le tiers des dons recueillis, en argent comme en denrées. Mais si l'argent se départage facilement, il en va autrement pour les milliers de victuailles. Elles sont de toutes sortes: pâtes, céréales, beurre d'arachide, jouets, couches pour enfants, produits nettoyants...

Toute une variété! Des montagnes de denrées, l'équivalent de plus de 8000 sacs d'épicerie, sont empilées dans l'énorme entrepôt. Qui s'occupe de les trier? Ça dépend des années. Mais une chose est certaine: ce sont toujours des bénévoles.

En 2008, lors de notre passage, c'était les employés de Bombardier aéronautique. Ils étaient près d'une centaine à avoir troqué, en ce samedi matin gris et glacial, le confort d'une grasse matinée contre le plaisir de donner au suivant.

«C'était très facile de convaincre les gens de venir donner un coup de main, assure Claude Beaudin, vice-président des ressources humaines chez Bombardier aéronautique. Les gens savent que c'est une belle expérience qui va au-delà de la simple charité. Car même si nous travaillons tous pour la même compagnie, nous ne nous connaissons pas beaucoup. Alors, cette activité nous permet également de rencontrer d'autres personnes, de voir leurs valeurs, d'échanger avec eux dans un autre cadre que celui du travail.»

Il fallait les voir, ces bénévoles. De vrais lutins du père Noël, coiffés de bonnets rouge et vert avec des clochettes en guise de pompons. Décidément, l'heure était à la fête à ce grand tri. Mais ça ne veut pas dire que l'efficacité n'était pas elle aussi de la partie. La preuve: en un avant-midi, l'affaire était déjà classée. Pas le temps de badiner car, après le premier tri, le pot de confiture a encore beaucoup de chemin à faire avant d'arriver à destination.

Page 1 | Les paniers de Noël
Page 2 | Paniers ou soupers?